24 mars 2006

Au bar, citoyens !

On a beau dire, on a beau faire le café, le zinc, le troquet que dis-je la gargote, le rade a de tous temps eu un rôle social. Même si la télé omniprésente dans chaque foyer et la tabagie passive ont fait fuir les estaminets, les bars pourraient bien redevenir des lieux plein de sens et de liens. Après les cafés philo, les cafés politiques, voici venu le temps des écolo-cafés et autres cafés citoyens.

Il s’agit bien plus que de rebaptiser pour un soir un bar et le transformer en un lieu de conférences à la thématique dédiée ; c’est l’émergence d’un nouveau concept de "débit de boissons" éco-citoyen basé de façon pérenne sur un patchwork de bonnes pratiques (produits et boissons bio ou équitables, accès internet gratuit, espace non fumeur, gestion du lieu en bon acteur du Développement Durable) et surtout sur l'idée d’un lieu permanent d’information, d’animation, de débat mais aussi de fête. Les enfants ne sont pas oubliés et sont même les bienvenus …

Finie les "brèves de comptoir" à 2 €uros : on peut maintenant lever le coude tout en réfléchissant aux enjeux de la société comme au Café citoyen à Lille. Le label Ecolo-café pourrait lui aussi séduire quelques entrepreneurs en quête de valeurs et … de consom’acteurs.

L’homme (la femme aussi, c’est vrai) a soif de ces rencontres impromptues et informelles et le succès de la démocratie participative (conseils ou comités de quartiers) en est une autre expression.

Allez, DD, une dernière pour la route !

23 mars 2006

Bio et Quitable sont dans un bateau

Le commerce équitable est constitué de nombreux projets de par le monde qui sont autant de belles histoires de cette économie parallèle. Partons au Bénin où longtemps le coton y a été cultivé comme partout ailleurs malheureusement, c'est-à-dire avec force engrais et insecticides dont les conséquences sanitaires sont désastreuses pour les terres et ses cultivateurs (les cultures conventionnelles du coton utilisent 24% des pesticides vendus dans le monde pour 2,4% de la surface agricole mondiale!).

Aujourd’hui les 700 paysans du programme "Benin Organic Cotton", cultivent du coton Bio Equitable (cahier des chages privé audité par Ecocert) sous l'égide de l'Opebab (Organisation béninoise pour la promotion de l'agriculture biologique).

Une culture bio tout d’abord : un coton sans OGM bien sûr, il n’est pas utilisé de pesticides chimiques mais un répulsif naturel (une décoction de feuilles de "neem", un arbre local), pas d’irrigation mais la seule pluviométrie naturelle, pas d’exfoliant pour la récolte mais un travail manuel. Une fois la récolte effectuée en décembre les bœufs sont envoyés dans les champs et vont le nourrir de leur fumure. La culture des haricots prendra la suite dans la rotation des cultures. Les graines autrefois achetées chaquen année sont ici "recyclées" et replantées la saison d’après en avril. Bien sûr, les rendements (500 kg/ha) sont nettement inférieurs à ceux de pays comme l’Egypte qui pratiquent la culture intensive et "chimique" (2 500 kg / ha) mais ceci permet déjà néanmoins à ces coton-culteurs d’en vivre.

Ce commerce est équitable car la production est achetée à un prix, déconnecté de la fluctuation des cours, permettant aux paysans de vivre de leur travail ; dernièrement cela représentait 20 % de plus que le prix du coton traditionnel, sans compter les économies réalisées par le fait de ne plus acheter ni graines ni pesticides. La récolte est de plus achetée 1 an à l’avance, ce qui sécurise la trésorerie du cultivateur.

Bonne pratique équitable supplémentaire, une partie du coton est filé au Bénin (ndlr : trop souvent la transformation des produits bruts, qui crée la forte valeur ajoutée, est réalisée dans les pays importateurs du Nord). Dernière anecdote équitable : le salaire est versé pour moitié à l’homme et pour moitié à la femme du foyer, c’est le projet "Genre" …. Une révolution aussi paraît il …

14 mars 2006

L’ELU du peuple

Qui n’a pas ragé de voir un camion de livraison bloquer la circulation au son du sempiternel «Je bosse moi, monsieur ! » du livreur ?

Quadrature du cercle s’il en est, le TMV (entendez le Transport de Marchandises en Ville) est un enjeu majeur du développement durable ubain et doit concilier l’activité économique nécessaire à la vitalité d’une ville et les attentes des citoyens (décongestion de la circulation, réduction des pollutions atmosphériques et sonores).

Chronopost International semble avoir trouvé une solution en ouvrant à Paris depuis juillet 2005, dans un parking souterrain de la Place de la Concorde, un ELU (Espace de Livraison Urbain). Les colis et plis, après un tri au centre de Bercy, sont acheminés à l’ELU de la Concorde depuis lequel 10 véhicules électriques et 2 Chrono City (trolleys électriques) assurent collecte et livraison au départ et à destination du 8ème arrondissement.

Non seulement ce système répond aux impératifs de réduction de pollution et de congestion mais il apporte aussi une amélioration du confort et de la sécurité des chauffeurs tout comme des gains de temps et d’économies (d’énergies) pour l’entreprise.

Ce système, dont l’expérimentation a débuté fin 2002 à Strasbourg, essaime depuis dans de nombreuses villes de France et d’Europe.

Prochaine étape pleine de sens, l’utilisation de la Seine pou acheminer les colis notamment depuis le centre de Bercy jusqu’à l’ELU de son cœur ... de Paris à la Concorde : le "Paris Seine Express". A suivre …

13 mars 2006

Un Gaspi dans mon lit !

Le choc pétrolier de 1973 avait au moins eu un effet bénéfique : nous faire réaliser le caractère fini des ressources en énergies fossiles et nous rappeler que ce qui est rare est cher. Une prise de conscience nationale avait été obtenue grâce à de nombreuses opérations de communication et de pédagogie dont le célèbre «on n'a pas de pétrole, mais on a des idées !».

La chasse aux Gaspis fut ouverte, un temps …et puis après le choc, le chic est revenu : consommation, insouciance, et un matin du 21ème siècle on s’est réveillé surpris … avec un Gaspi dans son lit.

Depuis 30 ans on a eu des idées pour produire de l’énergie nucléaire plus que de besoin (puisqu’on en exporte) mais on n’a ni eu les idées pour en éliminer les déchets ni pour développer avec la même … énergie et les mêmes budgets des énergies renouvelable.

Aujourd’hui on a des idées pour rouler à l’huile de tournesol mais l’Etat et le lobby pétrolier a aussi des idées pour l’interdire.

Il va pourtant bien falloir faire feu de tous bois (la biomasse, une autre ENR !) à l’instar de la Suède, qui se lance dans un programme pour se passer de l'or noir d’ici 2020 sans construire de nouvelles centrales nucléaires.

En France, l’Association Négawatt, composée d’une centaine d’experts et praticiens de l’énergie, a défini un «scénario pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable». Sobriété et efficacité énergétique combinées aux énergies renouvelables permettent de répondre au double défi de limiter les rejets de CO2 et la consommation d’énergies.

12 mars 2006

Y a du DD dans Mickey 3D

Si une image vaut mille mots, les mots d’une chanson peuvent être une belle parabole. C’est le cas de «Respire», opus du groupe pop rock stéphanois Mickey 3D. Jugez sur pièce …



Approche-toi petit, écoute-moi gamin
Je vais te raconter l'histoire de l'être humain
Au début y avait rien au début c'était bien
La nature avançait y avait pas de chemin
Puis l'homme a débarqué avec ses gros souliers
Des coups d'pieds dans la gueule pour se faire respecter
Des routes à sens unique il s'est mis à tracer
Les flèches dans la plaine se sont multipliées
Et tous les éléments se sont vus maîtrisés
En 2 temps 3 mouvements l'histoire était pliée
C'est pas demain la veille qu'on fera marche arrière
On a même commencé à polluer le désert

Il faut que tu respires, et ça c'est rien de le dire
Tu vas pas mourir de rire, et c'est pas rien de le dire

D'ici quelques années on aura bouffé la feuille
Et tes petits-enfants ils n'auront plus qu'un oeil
En plein milieu du front ils te demanderont
Pourquoi toi t'en as 2 tu passeras pour un con
Ils te diront comment t'as pu laisser faire ça
T'auras beau te défendre leur expliquer tout bas
C'est pas ma faute à moi, c'est la faute aux anciens
Mais y aura plus personne pour te laver les mains
Tu leur raconteras l'époque où tu pouvais
Manger des fruits dans l'herbe allongé dans les prés
Y avait des animaux partout dans la forêt
Au début du printemps, les oiseaux revenaient

Il faut que tu respires, et ça c'est rien de le dire
Tu vas pas mourir de rire, et c'est pas rien de le dire
Il faut que tu respires, c'est demain que tout empire
Tu vas pas mourir de rire, et c'est pas rien de le dire

Le pire dans cette histoire c'est qu'on est des esclaves
Quelque part assassin, ici bien incapable
De regarder les arbres sans se sentir coupable
A moitié défroqués, 100 pour cent misérables
Alors voilà petit, l'histoire de l'être humain
C'est pas joli joli, et j'connais pas la fin
T'es pas né dans un chou mais plutôt dans un trou

Qu'on remplit tous les jours comme une fosse à purin

06 mars 2006

Economie SS !

On peut considérer qu’une entreprise peut avoir d’autres objectifs que de créer du dividende. Elle peut tout simplement avoir pour fondement de rendre un service ; le client devient ainsi un adhérent, un coopérateur, un sociétaire, …. Ceci n’interdit pas à cette entreprise de dégager des bénéfices qui sont souvent nécessaires et à la pérennisation et au développement de l’activité pour en améliorer le service rendu. Paradigme inversé : après « l’homme au service de l’économie », voici le temps de « l’économie au service de l’homme ».

C’est en quelque sorte la définition de la fameuse ESS (Economie Solidaire et Sociale). Les structures de cette économie parallèle, marchande ou non, (mais néanmoins souvent complètement dans le marché) sont parfois des associations, des coopératives, des mutuelles, des fondations mais aussi des structures d’entreprises plus habituelles avec un but…moins conventionnel.

C’est dans ce 3ème secteur (après le privé et le public) que l’on trouvera par exemple le
commerce équitable , l’épargne solidaire , le micro-crédit (qui peut se pratiquer en France ou dans une dimension Nord-Sud) ou encore les SEL (Systèmes d’Echange Local : groupes de personnes qui pratiquent l’échange multilatéral de biens, de services, et de savoirs), mais aussi les mutuelles d’assurances et de santé comme celle de l’Assureur Militant - la Maïf , les coopératives de production comme celle du groupe de presse Alternatives Economiques , ou les banques mutualistes comme le Crédit Coopératif.

Bonne nouvelle : cette économie représente tout de même déjà aujourd’hui 10 % des salariés français !

28 février 2006

Ma maison est en carton

La notion de bâtiment écologique est importante quand on se rappelle que le secteur de la construction est responsable de 25 % des émissions de CO2 et plus de 40 % de l'énergie consommée.

Alors quels sont ces principes de base (qui sont d’ailleurs pour la plupart issus du bon sens et que nos anciens appliquaient déjà il y fort longtemps …) ?

Une construction bien orientée et protégée du vent, peu ou pas d’ouvertures au nord et à l’est, une isolation forte et renforcée au nord, la façade orientée sud largement ouverte et vitrée pour faire rentrer la lumière et capter le rayonnement solaire en hiver, une avancée pour se protéger du rayonnement d’été et… le tour est joué ! Le matériau pourra lui aussi être plus ou moins écologique : le bois certifié est une valeur sûre, la botte de paille est bien plus efficace que dans la fable des 3 petits cochons et le pisé revient à la mode. La récupération d’eau pluviale, le chauffeau solaire et pourquoi pas l’éolienne compléteront la panoplie énergétique de la maison écolo.

En général plus élevé de 5 à 15 %, ce surcoût global sera amorti assez rapidement grâce aux économies générées notamment sur les énergies. On peut bien sûr regretter que ces éco-constructions soient encore trop peu nombreuses pour bénéficier de la courbe d’expérience et des économies d’échelles qui pourraient très vite faire tomber les coûts .. et accessoirement créer de l’emploi.

23 février 2006

Maurice, Dodo et Dédé

Le Dodo, symbole de l’Ile Maurice, était un canard pataud (Raphus cucullatus). Etait, car les colons portugais puis hollandais l’ont chassé pour sa chair et les animaux qu’ils ont introduits (chiens et cochons sauvages) en mangeaient les œufs jusquà … l’extinction de cet oiseau endémique à la fin du 17ème siècle.

D’autres invasions biologiques (plantes et animaux importés volontairement ou non) ont aussi eu raison d'autres espèces indigènes ou endémiques. Devant le risque de menaces de disparition de nombreux végétaux et animaux, l’Ile Maurice s’est lancé dans différents programmes pour faire reprendre ses droits à la bio-diversité originelle : Réserves Naturelles, Parc National, Mauritian Wildlife Foundation, pépinières ou élevages en captivité d’espèces menacées en vue de réintroduction, arrachage de plantes exotiques envahissantes, …

Les colons ont aussi largement contribué à la déforestation et il ne reste aujourd’hui qu’1 % de la forêt primaire …

Gageons maintenant que le tourisme, l’une des premières ressources du pays, ne soit pas une arme à double tranchant…

Au fait saviez-vous que l’Ile Maurice fut l’un des premiers signataires des accords de Rio ?

19 février 2006

La position du missionnaire

58,5% des Français ont déjà entendu parler de Développement Durable …mais seuls 16% d'entre eux savent réellement ce qu'il signifie (Sondage Louis Harris, juin 2005).

C’est pour répondre aux 84 % que j’ai créé ce blog. Je me positionne donc en quelque sorte comme un missionnaire ;-) agnostique. Ma «mission» (à prononcer à la Stallone) : expliquer simplement les enjeux du développement durable et démontrer de façon concrète qu'il est possible d'agir au quotidien. Le parti pris est d'être grand public, pédagogique sans être trop pointu, tout en restant critique ...

"Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l'a engendré." Albert Einstein.

« La position du Missionnaire » me fait aussi penser à un article de la revue La Décroissance qui m’a fait beaucoup rire (l’article pas la revue) : on y expliquait une méthode contraceptive masculine consistant à faire baisser la température des spermatozoïdes en maintenant ses bourses bien au chaud grâce à une petite ficelle !! Ca, c’est de la décroissance à coup sûr !

10 février 2006

Un Indien dans la ville

Il était venu sans sa coiffure de plumes mais le chef de la tribu amazonienne Satere Mawe ne m’en avait pas moins imposé le respect ! Il y a quelques mois, il était en France et racontait ce qu’était pour lui le «commerco justo» (ndlr commerce équitable en portugais). Cette tribu brésilienne produit le Guarana, une poudre dynamisante que l’on trouve notamment dans certaines boissons gazeuses et autres boissons énergétiques.

Face à la demande croissante de ce produit les grandes compagnies en avaient favorisé la culture extensive, faisant baisser les cours à des niveaux non viables pour les petits producteurs … à l’instar du café. Aujourd’hui les Satere Mawe font partie d’un programme qui a fait le choix de cultiver cette plante qualitativement : cueillette du fruit, extraction du noyau et torréfaction lente. Il ne reste plus qu’à le râper pour qu’il devienne la divine poudre re-compactée enfin en petit barreau. Cette plante mythologique, les indiens la boivent eux aussi notamment avant de prendre toute décision importante pour la tribu.

Cette expérience du commerce équitable est exemplaire a plus d’un titre. Tout d’abord cette «nouvelle économie» leur a redonné une autonomie financière (leur guarana est vendu 20 fois plus cher) car ils ne vivaient plus que des subsides de l’Etat qui les préférait asservis ... ; la coopérative permet aussi de doter la tribu de quelques infrastructures (école) et services (ramassage des déchets) mais aussi d’envoyer certains de ses enfants faire des études supérieures. Les Satere Mawe complètent leurs revenus avec de l’artisanat comme la fabrication de bijoux.

Elle a en outre des implications en terme de bio-diversité : cette culture est un frein à la déforestation, les indiens entretiennent leur forêt, replantent le guarana et vont même jusqu’à installer des ruches pour favoriser la pollinisation des fleurs.

Les Satere Mawe semblent avoir ainsi trouvé un compromis : vivre sur et de leur terre en respectant leur culture tout en s’ouvrant au monde.

31 janvier 2006

Ah si j’étais riche !

Tagadagadagadagadagada (prendre "grosse voix russe" pour la chanson) … Mais riche de quoi ?
Jusqu’ici la richesse des hommes est mesurée par le fameux PIB (Produit Intérieur Brut : ensemble des valeurs ajoutées dégagées par les entreprises d'un pays), bref par la fameuse «croissance». Mais peut-on estimer vivre dans un pays riche quand des SDF meurent de froid dans la rue ?

Aujourd’hui certains s’aventurent à penser que ce seul indicateur est bien trop réducteur car il analyse le quantitatif et non le qualitatif, l’avoir plutôt que l’être ; il est strictement économique et fait abstraction des dimensions sociales et environnementales. Par exemple, le travail bénévole ou domestique en est exclu. Avez-vous remarqué que le quotidien Libération publie en bas de sa rubrique "Economie" d’autres chiffres clés en regard du PIB ? Le taux de chômage, bien sûr, mais aussi le nombre de français au RMI ou encore le moral des français et même le nombre d’habitants vivant avec moins de 2$ par jour (2,5 milliards de personnes quand même), de quoi relativiser le raccourci croissance = bien vivre !!

C’est dans cet esprit que le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a mis en place différents indices composites dont l’IDH (Indicateur de Développement Humain) qui est une moyenne de trois critères : le niveau de revenu (PIB/habitant), le niveau d’instruction et l’espérance de vie. Plus militant et mesurant avant tout la «santé sociale», le BIP 40 est le Baromètre des Inégalités et de la Pauvreté.

Enfin, une synthèse semble intéressante : issu de l'institut américain Redifining Progress le GPI (Genuine Progress Indicator) est en quelque sorte le résultat de l’équation suivante : PIB + économie bénévole – coûts sociaux – coûts environnementaux.

Comme on pouvait l’imaginer ces indicateurs alternatifs ont souvent tendance à avoir une progression inverse, ou pour le moins différente, de celui du PIB.

A quand un indicateur comptabilisant le nombre de sourires ? L’Afrique serait n° 1 de ce classement à l'heure où les pays émergents ne comptent que pour 3% du PIB mondial.

29 janvier 2006

« Jette Society »

Tout devient jetable ! Rasoir, lingette, appareil photo, vaisselle, briquet, sac de caisse, DVD , téléphone portable et même dorénavant camescope !!! On peut légitimement s’interroger sur la pertinence de cette dynamique à l’heure où chaque français produit de plus en plus de déchets chaque année (360 Kgs en 2005) et que … "Ca déborde !" . Les "Jetteurs" ont même maintenant leurs "socio-styles" (Etude du CCA - Centre de Communication Avancé).

On ne le répétera jamais assez : le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Ainsi dès la genèse, l’eco-design et l’éco-conception des produits ont pour but de minimiser l’impact et le gaspillage des matériaux, énergies et emballages dans la production, d’optimiser le produit dans son utilisation y compris jusqu’à sa mort et son recyclage (biodégradabilité par exemple). Le bio-mimétisme et la bio-conception, qui s’inspirent de la nature, souvent parfaite, peuvent aussi être source de progrès, "la nature est un professeur pas un fournisseur".

On peut même aller plus loin dans la réflexion en transformant l’achat en usage, le produit en service. Le bien peut alors être partagé ou loué (par exemple la location de voitures).

Plutôt que d’atterrir dans une de nos poubelles, fut-elle jaune, un produit qui ne sert plus ou qui ne plaît plus peut aspirer … à une deuxième vie ! Au grand damne de ma femme, je garde beaucoup de ces choses ("cochonneries" dit-elle) dans l’espoir d’une ré-utilisation future. Mais on peut aussi les vendre d’occasion ou les échanger sur internet même si je préfère la convivialité de mon désormais bi-annuel vide grenier de quartier. On peut aussi les réparer … (là, j’entends ma femme ricaner …. ) ou tout simplement les donner : le concept anglo-saxon "Freecycle" prend pied en France à côté d’initiatives franco-françaises comme "RECUPE" ou du trivial don à une association caritative notamment quand ce sont des vêtements.

26 janvier 2006

... eh bien, densité maintenant !

Urbanistes et acteurs de la cité s’accordent aujourd’hui à penser que les villes se sont trop étalées et qu’il faut re-densifier le tissu urbain. Même si le rêve de tout un chacun reste la maison individuelle il faudra bien se faire une raison afin de limiter les déplacements individuels en voiture pour ipso facto réduire pollution et consommation d’énergies.

Mais cette analyse me parait erronée pour Paris. Comment peut-on vouloir densifier Paris alors que c’est la ville européenne qui a déjà la densité la plus élevée (244 habitants / hectare), soit 3 fois celle de Londres, ou encore l’équivalent de celle du seul quartier de Manhattan à New York ? Paris est très petit (100 km2) comparé à Londres (321 km2) ou à Madrid (607 km2). Les parisiens ont d’ailleurs rejeté lors de la consultation sur le PLU (Plan Local d'Urbanisme) les propositions des tours gigantesques dont rêvait Bertrand Delanoë. Même si la hauteur des immeubles n'est pas l'unique caractéristique de la densité, le R+7 des immeubles Haussmanien semble être la hauteur maximale d’une densité "psychologiquement" ressentie comme agréable à vivre selon l'APUR (Atelier Parisien d'URbanisme ).

La solution pour Paris pourrait passer par un réaménagement de certains espaces mais surtout par l’agrandissement de la capitale en cooptant certaines des communes limitrophes qui, elles, peuvent encore être densifiées ; c’est d’ailleurs une piste proposée par les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans leur excellent petit traité "SOCIOLOGIE DE PARIS". Ce ne serait pas une première puisque l’histoire de Paris est ponctuée de ces « annexions » (il faudra trouver un mot plus « politiquement correct »). Mais aujourd’hui est-il logique que Paris enterre ses morts à Thiais, brûle ses déchets à Evry et fasse son marché à Rungis ? … Cette première couronne ne doit pas être une seconde zone (cf RATP) ; l’intégrer serait aussi la considérer en lui donnant des moyens et des ambitions (couverture du périphérique, densification des transports en commun, décentralisation d’équipements ou de services « nobles », …). Mais cette idée semble déranger élus de toutes tendances...

24 janvier 2006

Tu me fais tourner la tête

La première éolienne horizontale (entendez à axe horizontal) de toit en France vient d’être installée au faîte d’un immeuble HLM du Pas de Calais. Petite goutte dans l’océan puisqu’elle ne produira que 7 000 KiloWatts/heure par an, soit juste assez pour alimenter en électricité les parties communes de deux immeubles d’une quarantaine de logements, mais expérience symbolique car l’éolien urbain est encore bien rare.

Enérgie renouvelable pratiquement inexistante en France il n'y a pas cinq ans, l’éolien semble vouloir se donner des ailes dans l’hexagone avec des prévisions de 2000 MégaWatts pour le début de 2007 (contre 700 MégaWatts seulement fin 2005 pour 119 parcs).

En 2007, la plus grande ferme éolienne terrestre française ouvrira à Salles-Curan (Aveyron) et sera composé de 29 éoliennes d'une puissance totale de 87 MégaWatts , l’équivalent de la consommation électrique d'une ville de 134.000 habitants.

Le retard est néanmoins grand par rapport aux autres pays européens : 150 MégaWatts installés en France fin 2002 contre 12000 en Allemagne, 4150 en Espagne, 2900 au Danemark.

De façon surprenante, même si l’éolien maritime coûte plus cher, les parcs éoliens en mer ne semblent pas avoir retenu les faveurs du Ministère de l’Industrie qui, après un large appel d’offres, n’a retenu qu’un seul projet de 105 MégaWatts.

On est encore loin de l’objectif (directive européenne du 27 septembre 2001) qui nous a été assigné pour 2010 de produire 21 % de notre électricité par des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydraulique,...) contre 12 % aujourd’hui…

Repos, vous pouvez souffler.

20 janvier 2006

Ma grand-mère en avait

Fille de la Laïque, ma grand-mère avait certaines valeurs qui me semblent en accord avec celles du développement durable : égalité, fraternité, solidarité, humanisme. C’est aujourd’hui mon anniversaire ! Et bien qu’elle s’appelait Yvonne et pas Madeleine ;-) , je me souviens que pour mes 18 ans elle m’avait recopié, de sa belle écriture d’ancienne institutrice, le fameux poème de Kipling « Tu seras un homme, mon fils ». Etre un homme, être un citoyen.

A mon sens, cette Ecole de la République, qu’elle aimait tant servir, doit aussi former nos enfants à la citoyenneté au sens large : instruction civique bien sûr mais aussi secourisme, sécurité incendie et bien évidemment éco-gestes, tri sélectif, respect de l’environnement (la nature, l’autre), solidarité, …

Le paradoxe aujourd’hui c’est que nos enfants ne demandent qu’à « apprendre » le développement durable - il leur semble d’ailleurs tellement « naturel » - alors que nos décideurs (politiques et économiques) sont souvent persuadés que ce n’est encore qu’une fantaisie de pays riche. Réveillez-vous, Messieurs ! Nous ne vivons plus dans l’euphorie et l’insouciance des trente glorieuses. L’équation de notre tableau noir est celle-ci : raréfaction des ressources et des énergies (pétrole et eau) + pollution + dérèglement climatique = ?. Il va définitivement falloir être un homme ... ou une femme ;-) pour la résoudre !

18 janvier 2006

Bois en mieux !

On avait presque réussi à convaincre l’opinion publique du désastre écologique et économique de la déforestation massive et anarchique des forêts tropicales notamment amazoniennes et africaines …. quand à l’automne dernier une campagne TV de promotion du bois est venue semer la confusion. En effet, le slogan « consommer du bois fait du bien à la forêt » pouvait sembler un peu contradictoire avec les appels à protéger les forêts tropicales. En fait, la campagne initiée par les industriels de la filière du bois concernait les forêts européennes qui ont une toute autre problématique.

Une autre campagne « Le papier c’est la vie » , diffusée hier dans de nombreux quotidiens, émane cette fois-ci de l’industrie papetière (grosse consommatrice de bois pour sa pâte à papier). Elle explique que couper du bois, ce n’est pas tuer la forêt, ce peut même être un bien pour elle (coupes d’entretien) d’autant qu’en France nos forêts s’accroissent de 25 000 hectares chaque année.

Alors qu’en penser ? Le bois est bien une énergie renouvelable et un matériau (construction et mobilier) écologique pour peu qu’il soit issu de forêts certifiées et gérées de façon durable (notamment en maintenant leur bio-diversité et en reconstituant le patrimoine au fur et à mesure de l'exploitation). A côté de nombreux labels de complaisance, l’éco- label FSC (Forest Stewardship Council = Conseil de Bonne Gestion Forestière) garantit cette bonne gestion et peut-être dans une moindre mesure le label PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes = Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières). De fait cela revient en général à privilègier l'achat de bois local . Mais que ceci ne nous empêche pas de travailler aussi à limiter notre consommation exponentielle du papier ….

15 janvier 2006

Mon voisin est daltonien

Comme tous les week-ends je peste contre les affreux daltoniens de ma résidence qui confondent encore le jaune du vert ou du blanc et qui viennent remplir les poubelles jaunes, réservées aux déchets recyclables, de bouteilles en verre, de pots de yaourts ou de sapin de noël !

Pour bien recycler, il faut bien trier. La logistique doit tout d’abord être adéquate : combien d’immeubles (c’est le cas chez moi) n’ont pas adapté les locaux à ce tri sélectif, souvent par manque de place mais aussi par absence de réflexion ou tout simplement d’intérêt.

Le cœur du problème réside ensuite dans le changement de comportement. Il faut donc informer, former puis convaincre du bien fondé de cette nouvelle attitude. On peut être optimiste quand on voit, dans un tout autre domaine, les bons résultats de la campagne « Les antibiotiques c’est pas automatique ».

Pour ne pas être taxé de « yaka fokon », j’ai proposé bénévolement mes services à mon bailleur, l’Opac de Paris (qui se dit concerné par le développement durable et s’est doté d’une charte ad hoc) afin de réfléchir ensemble à l’optimisation de la gestion des déchets dans notre ensemble (600 logements tout de même !). Wait & See ...

11 janvier 2006

J’y pense le matin en me rasant

Il y a quelques années, en voyage aux confins de la Turquie je suis allé chez le barbier. Cet homme m’a rasé en n’utilisant que l’équivalent d’un verre d’eau qu’il avait chauffé quelques instants sur un camping gaz de fortune. Je pense à cet homme tous les matins en me rasant … mais pourtant je l’avoue bien humblement, il n’y a en fait pas si longtemps que je coupe mon robinet en me lavant les dents.

Ces éco-gestes, il me faut, il nous faut les apprendre, les ré-apprendre car souvent nos anciens les avaient fait leur par innocence, bon sens, économie, solidarité, savoir-vivre, savoir survivre ….

Dans le même temps 1,5 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. La fondation France Libertés, dont l’un des combats est de faire de l’accès à l’eau potable un droit universel, nous le rappelle dans sa campagne choc de ce début d’année.

Le réchauffement climatique aidant, l’eau n’est plus une problématique exclusive des pays du Sud, la France n'est pas épargnée. L’eau sera malheureusement aussi, comme le pétrole, une source (comme la langue française est riche !) de conflits.

09 janvier 2006

Il est pas frais mon poisson ?

L’autre jour chez le poissonnier je souhaitais acheter un filet … de poisson. Le commerçant me propose de la Perche du Nil. Bien évidemment, ayant vu le film « Le Cauchemar de Darwin », je me refuse à acheter de ce poisson prédateur qui, introduit dans le lac Victoria dans les années 60, l’a vidé de toutes les autres espèces indigènes (rien que de repenser au film j’en ai des nausées). Alors, très fier de mon refus citoyen, j’ai pris à la place du grenadier, un poisson blanc, préparés en jolis filets … mais sûrement pour la dernière fois. En effet, le lendemain, j’ai appris que ce poisson des grands fonds, coqueluche de la pêche intensive depuis quinze ans est déjà en voie d’extinction comme ses compères l’empereur et le sabre noir . Poisson à maturité lente, il n’a plus le temps de se reproduire … et va disparaître.

On en reparlera dans ce blog mais l’urgence de la situation ne peut plus se suffire de déclarations de bonnes intentions, il faut réguler la production par des quotas et des moratoires et arrêter de subventionner tout et n'importe quoi. En attendant que le législateur prenne le taureau par les cornes ou le grenadier par ses arêtes, le consom’acteur que je suis, que vous êtes, a aussi le pouvoir d’orienter ses achats. Consommer est, et sera de plus en plus, politique.

08 janvier 2006

Aqua bon ?

L’eau du robinet de Paris est bonne ! D’excellente qualité, elle est minéralement équilibrée. Alors « aqua bon » continuer à acheter de l’eau en bouteilles ? Sans parler de la fin de la corvée de porter ces kilos d’eau et de l’économie financière qui, sur une année, n’est pas négligeable, l’intérêt est aussi et surtout écologique. Boire l’eau du robinet c’est économiser l’énergie nécessaire à la production et au transport des bouteilles, c’est réduire la pollution des camions qui les emmènent sur les lieux de vente et bien évidemment c’est réduire les déchets que constituent les bouteilles vides car même si elles se recyclent un bon déchet est un déchet qui n’a pas été créé.

Paris a fait une très belle campagne de communication en rebaptisant "Eau de Paris" son eau du robinet. Cette campagne est d’autant plus intéressante qu’elle a utilisé les leviers marketing de la grande consommation jusqu’à créer la carafe Eau de Paris, designée par Piere Charnin.

On se rappellera avec un petit sourire le scandale de l’année dernière quand Coca voulait nous vendre sous la marque Dasani de l’eau du robinet …. en bouteilles !

Allez un petit effort, 51% des Parisiens déclarent encore boire uniquement ou principalement de l’eau embouteillée !