20 mai 2012

Ma bohème californienne à Fairfax la soutenable


Il y a deux ans, pour les vacances d’été, au hasard d'un échange d'appartement je découvre et vis quelques semaines à Fairfax, bourgade de 7 500 habitants située dans la baie de San Fransisco, dans le Marin County : un modèle d’écologie au quotidien.
Article écrit en Aout 2010 - réactualisé en 2012
Ma maire est verte 
En 2003, Fairfax fut la quatrième municipalité dans l’histoire des Etats-unis à basculer dans le « vert » avec une majorité  de représentant du Green Party au conseil municipal dont une femme, Pam Hartwell-Herrero, qui est depuis 2011 le(a) maire de la ville.
Développement à taille humain et respect de l’environnement sont dans les gènes de cette commune paisible rejointe massivement dans les années 60/70 par de nombreux hippies venus de San Fransisco, même si ceux qu’on y croise aujourd’hui sont peu nombreux et ont pris un sacré coup de vieux !  Mais l’esprit est toujours là. La ville interdit par exemple l’implantation de magasins de chaines. Une citoyenne m’a un jour demandé si c’était vrai que Mc Donald’s était maintenant présent en France et à ma réponse positive elle me (nous) conseilla de faire la révolution ! 
La municipalité de Fairfax s’est également battue pour interdire les sacs en plastique dans les commerces locaux, une lutte longue et acharnée car cette décision fut attaquée par le lobby de ses fabricants et fut enfin acquise suite à un référendum en 2009. La Ville s’est également opposée à l’utilisation d’herbicides dans son bassin versant comme à la pulvérisation aérienne de pesticides contre la pyrale de la pomme (LBAM). Pro-active elle a réalisé son bilan carbone dés 2005 et s’est engagée à une réduction de 20 % de ses Gaz à Effet de Serre pour 2050. Elle a aussi fait partie des communes militant pour l’éviction de PG&E (l’EDF local) pour lui préférer sur son territoire Marin Clean Energy un fournisseur local d’énergie renouvelable. Fairfax est également l’une des premières villes du réseau Slowcitta, une déclinaison du Slow Food à l’échelle d’une cité. Enfin à l'été 2011 Fairfax a lancé sa monnaie locale, le Fairbuck (valeur de 3 dollars), acceptée par une trentaine de commerces. La vie démocratique et la concertation y sont fortement développées et la notion de communauté de vie y est importante.
Sustainability Center 
En 1999 deux militantes écologistes locales, Rebekah Collins et Odessa Wolfe, ont créé Sustainable Fairfax, une association d’éducation à l’environnement qui a, depuis 2007, pignon sur rue en face de la Mairie dans la rue principale du village. Ce type de centre pédagogique est encore rare aux Etats-Unis et en tous les cas exceptionnel pour une bourgade de 7 000 âmes ; nos point Info Enérgie font pâle figure en comparaison …
Le Sustainability Center est tout d’abord un lieu de ressources : une bibliothèque (à la mémoire de Rachel Carson – ndlr auteur du Printemps Silencieux récemment réédité en poche) permet d’emprunter différents ouvrages sur l’écologie quand de nombreux prospectus et brochures sur l’éco-responsabilité (eau, agriculture, déchets, énergie, …) sont proposés gratuitement. Dans la cour, à l’arrière du centre, on trouve un jardin pédagogique qui présente différentes techniques de jardinage écologique : compost , récupération d’eau, permaculture, association de plantes, Victory Garden (petits potagers domestiques préconisés par le gouvernement pendant la deuxième guerre mondiale pour être auto-suffisant), …
Mais le Sustainability Center propose également, hors les murs, une multitude d’autres animations pédagogiques : projection de films et documentaires, ateliers (« entretenir sa maison de façon écolo et pas chère » par exemple), conférences et séance de dédicaces, visites de fermes biologiques ou de jardins exemplaire,... L’apothéose annuelle de ce programme a lieu mi juin avec l’Ecofest qui, depuis 2004, propose une projection de film en plein air, des dégustations de vins et bières bio, des stands de nombreuses associations et acteurs de l’économie verte, des concerts et bien évidemment une « parade » haute en couleurs dont sont tant friands les américains.

Bio à tous les étages Fairfax compte un florilège de commerces biologiques. Ah, quel bonheur de ne pas avoir à chercher ou à faire des kilomètres pour trouver un supermarché, un restaurant, un commerce bio ou végétarien : le supermarché alimentaire Good Earth Natural Foods, les glaces Scoop, la bière Iron Springs , l’indien Café Lotus, le végétarien Lydia’s Organics, la boulangerie Fat Angel, même le hamburger ou le hot dog sont bio chez M&G comme les pizzas Mauro, sans oublier l'été le petit marché de petits producteurs. 
Un Scoop glacé et biologique
Le soir et le week-end la file d’attente devant chez Scoop est célèbre à Fairfax. On fait la queue dans la bonne humeur pour déguster une glace artisanale biologique dont le cornet, fait lui aussi maison sous vos yeux, est la cerise sur le gâteau de ce dessert glacé. Lait, fruits et autres ingrédients sont issus de producteurs locaux sont à la base de différents parfums dont les best sellers ont pour nom « Fraise de la baie de Tomales », « Vanille-miel-lavande » ou encore « Canelle-caramel ». On est loin de la multinationale : la boutique fait un mètre de large sur cinq de long et on nous explique que prendre plus de personnel accélérerait peut-être un peu le service mais que la production étant limitée par la taille de la cuisine et le nombre de bacs de présentation (8 : les parfums tournent régulièrement) l’échoppe serait amenée à fermer dans la journée faute de produits à vendre (ce qui arrive néanmoins ponctuellement). 
Marché et supermarchés pour une Bonne Terre 

L’appétance du supermaché Good Earth Natural Foods renvoie l’image de nos supermarchés Biocoop (qui sont pourtant en France les supermarchés bios les plus avancés) à celle des échoppes de l’ére soviétique ! J’ai passé des heures dans ce supermarché à me régaler les yeux et me lécher les babines : il faut reconnaître aux américains un sens certain de la présentation des fruits et légumes. Et le « fait maison » est tout aussi appétissant : bar à salades (les ingrédients changent tous les jours), pains variés, pizzas, jus de fruits et de légumes préparés sous vos yeux, le tout à déguster sous une tonnelle installée devant le magasin. Les fromages sont nombreux et goûteux, le vrac important (la farine n’y est par exemple vendu que dans ce conditionnement), l’étal du boucher (majoritairement du poulet) donnerait des remords à un végétarien fraîchement converti… Ces produits biologiques sont relativement chers mais pas plus qu’en France. Le magasin n’est pas un perdreau de l’année puisqu’il fut le pionnier des magasins bio du Marin County en 1969 ! Même s’il vient de déménager pour s’agrandir, il n’a aucune velléité de devenir une chaîne. Sur le mur extérieur de l’enseigne, une fresque militante, affiche dans un style hippie-kitch-naïf, les valeurs militante de Good Earth (bio, local, sans OGM, …).
Les Farmers Market sont assez répandus en Californie mais celui de Fairfax a la caractéristique de présenter majoritairement des producteurs biologiques du comté. L’étiquette « ground locally » est omniprésente dans la région qui, ne l’oublions pas, est le berceau des locavore. Tout l’été, à l’ombre des pins du Bolinas Park, le mercredi soir, les citoyens de Fairfax viennent bien sûr faire leurs emplettes mais aussi se retrouver. Chacun amène son plaid et va, le temps de quelques heures, dîner sur l’herbe avec le piquenique qu’il a apporté ou un plat acheté aux nombreux traiteurs bio du marché. La communauté partage ainsi un moment de convivialité égayé par des musiciens quand les enfants gambadent dans le parc.
Pinpon, une bière 
Il fait chaud en Californie en ce début d’été. On boirait bien une petite mousse … vous ne mourrez pas de soif car une ambulance vient vous livrer une bière bio, son slogan « Saving lives, one beer at a time ! » (SPB - Société de Protection par la Bière) ! L’Iron Springs est effectivement brassée à Fairfax et le fondateur Mike Altman a transformé une ancienne ambulance en véhicule de livraison en la rebaptisant Am-BREW-lance (jeu de mot : brew = brasser pour ceux qui ne speak pas english) ! Mais ce véhicule est aussi remarquable par son carburant qui n’est autre que l’huile de friture usagée et filtrée du pub du même nom. Les drêches, résidus du brassage, sont par ailleurs utilisées par des fermiers locaux pour nourrir leur bétail.


Oui Fairfax, « The little town that could », petit laboratoire progressiste de la Californie, a un petit goût de paradis pour qui aime vivre bio et écolo au quotidien. Mais néanmoins pas d’angélisme, Fairfax peut encore aller plus loin dans de nombreux domaines à commencer par exemple par celui de la voiture qui reste, même ici, omniprésente et imposante. 

27 avril 2012

Un Tryo d'anti-greenwashing



Les paroles : Lyrics Greenwashing Tryo
Premier extrait de l'album "Ladilafé" du groupe Tryo, sortie le 27 août prochain 2012.

08 février 2012

Amour Vaches

Quand j’étais gamin, j’ai passé certains de mes étés à mener au pré deux fois par jour les vaches de Raoul, fermier de la Bastide, petit hameau du haut Cantal. Ce n’est donc sûrement pas par hasard si Bovines* m’a séduit.

Même si les Charolaises n’ont pas la même couleur que mes Salers, elles en ont la poésie que ce long métrage met en lumière, Et quelles lumières ! Celle de l’orage qui gronde, du soleil du printemps qui frémit, de la brume du matin qui s’évapore.
Macrocosmos
Bovines, c’est tout d’abord le Macrocosmos du ruminant qui les dévisage lentement en gros plans : paître, mastiquer, ruminer. Contrairement aux idées reçues, quelle humanité dans le regard d’une vache ! Et que dire de cette langue - de bœuf sauce gribiche ;-) - qui inlassablement arrache touffe sur touffe. Elle sera tantôt agile au point d’aller secouer un pommier, tantôt douce pour lécher son petit ou goulue pour têter sa maman.
Slow Cow 
Ce film saura t il trouver un public capable de regarder une heure durant des vaches au pâturage, sans intrigue que celle de la nonchalence du quotidien ou du stakhanovisme du broutage ? …Quotidien tout de même ponctué de la mise à bas dans l’herbe du pré d’un veau qu’on a envie de réchauffer tellement il grelotte dans les frimas du matin. Quotidien également troublé des meuglements pour ne pas dire des pleurs des vaches qui voient partir à jamais leurs petits dans la bétaillère... 
Moi aussi je suis vache, j’adore me prélasser dans l’herbe, et comme elles je suis (devenu) végétarien.
*Sortie le 22/2/2012

31 janvier 2012

Et si on écrivait Ordure en deux mots : or dur ? ...

Retrouvez-moi en couverture ;-) et en interview dans le premier tome d'une nouvelle collection intitulée Itinéraire Bis chez Elka Editions. L'une des quatre enquêtes éco-citoyennes de cet opus traite des "Ressources cachées de nos poubelles" et le compostage y est donc évidemment mis à l'honneur. 
Extrait de l'interview du Maître... Composteur.

Itinéraire Bis. On vous présente souvent comme le pionnier du compost collectif en pied d’immeuble à Paris ?
Jean-Jacques Fasquel. C’est effectivement mon fait d’armes (rires). En fait il y a quelques années j’ai changé de paradigme et j’ai revu ma façon de vivre au travers du filtre de la soutenabilité. En commençant par me poser des questions sur mes déchets. Quand certains pensaient à la présidentielle en se rasant moi je pensais au compost en épluchant. Voilà comment j’en suis venu à envisager un projet de compostage collectif dans mon immeuble parisien en 2007. À cette époque les expériences de ce type de projet urbain n’étaient pas légion même si j’ai pu me nourrir notamment du retour d’expérience de Rennes Métropole. 
Et c’est ainsi qu’après une année d’explications et de pédagogie auprès des différentes parties prenantes (bailleur, municipalité, association des locataires, locataires, …) nous nous sommes retrouvés en juin 2008 à une vingtaine de volontaires pour inaugurer notre site de compostage. 

I.B. Vous parlez d’un moment magique ?
J.J.F. Oui la magie a commencé à opérer. J’ai toujours de l’émotion à me remémorer ce moment où des personnes qui ne se connaissaient pas, de tous âges (du minot de 5 ans à Renée notre doyenne de 80 ans), de tous horizons sociaux, se sont réunies pour cette aventure collective partagée pleine de sens.
Cela allait bien au-delà de l’intérêt commun de ces habitants de traiter de façon citoyenne en proximité une partie de leurs déchets. Très vite un bouche à oreille positif s’est développé dans la résidence et 3 ans après nous sommes plus de 70 foyers à composter plus de 7 tonnes de déchets. Et l’histoire a montré que les « Composteurs du 107 » n’allaient pas en rester à ce projet de compostage. 

I.B. Vous dites souvent que le compost rend intelligent et fier. 
J.J.F. Effectivement, intelligent car cela vous amène à une réflexion sur l’écosystème parfait de la nature, sur le traitement actuel des déchets, sur la prévention et les modes de traitement alternatifs, mais aussi sur ce que vous mangez. Si votre bio- seau reste désespérément vide, il y a fort à parier que vous vous nourrissez majoritairement de surgelés, boites de conserves et autres plats préparés… Alors que voir se remplir son bio-seau d’épluchures rend fier, il est synonyme du temps et de l’attention que vous passez à faire vos achats et à la préparation de vos repas et on note que de nombreuses personnes qui compostent achètent plus de produits frais, refont de la cuisine ou passent petit à petit au bio en se disant que non seulement ceci sera meilleur pour leur santé, leur environnement et que le compost produit sera lui aussi de meilleure qualité.
.... la suite de l'entretien à lire dans le premier tome d'Itinéraire Bis

13 janvier 2012

2012... Et si la bonne idée c'était nous ?

Photo non libre de droits © Anne-Lore Mesnage

28 décembre 2011

WWOOF 2, le retour : aux Jardins de Toucanne

C’est Place des Lices, sur le marché de Rennes, que Louis m’avait donné rendez-vous pour ma deuxième expérience de WWOOFing* de l’été. En ce samedi de début d’août je n’ai pas de mal à trouver son étal, « mon stand est en face des poissonniers » m’avait-il précisé et son enseigne légumière peinte à la main finit de m’orienter. 
Il pleut, il pleut, bergère … 
C’est sous la pluie que se déroule notre rencontre, les clients sont du coup moins nombreux, ce qui nous laisse le temps de faire connaissance plus avant. Pas facile de débouler dans la vie professionnelle de quelqu’un comme cela en pleine activité commerciale. Le challenge : s’adapter vite. Regarder la façon de faire (il fait ses comptes à la main), mémoriser les prix (un peu effacés par la pluie) et les produits (pas moins de 10 sortes de tomate presque autant de courges et courgettes), les us et coutumes (le petit légume offert, on laisse se servir les clients), puis petit à petit se lancer en servant un premier client quand les acheteurs sont plus nombreux. Louis me laisse faire tout en jetant un œil bienveillant. Il est 13h30, on remballe. Avant de partir Louis fait cadeau de légumes à quelques glaneurs étudiants ou roms qui font le tour des échoppes. 
Le trajet du retour vers les Jardins de Toucanne me permet d’en apprendre un peu plus sur le parcours de mon hôte. Après un BTS agricole en élevage c’est au Cameroun qu’il part comme volontaire d’une ONG pour épauler des Peuls dans l’élevage de zébus. Après quelques années il doit revenir, les crédits du programme de développement en question sont coupés alors qu’il se lançait dans un projet d’apiculture. Chaque année il ne peut résister à l’appel de l’Afrique et y retourne quelques semaines en hiver. Il passera ensuite deux années aux Etats-Unis, à étudier l’apiculture à Minneapolis puis à faire des stages dans différentes exploitations américaines. A son retour en France, plusieurs projets d’installation (apiculture, élevage, ferme-auberge) avortent et c’est dans une formation à l’agriculture bio qu’il va se révéler et trouver sa vocation.
L’arche de … Louis 

Il s’est installé en maraîchage bio à Boisgervilly à 35 km de Rennes, il y a une dizaine d’années, dans une vielle longère de schiste centenaire qui appartenait à ses parents, agriculteurs. Il exploite 1,5 hectares pour produire fruits (raisin, fraises, pommes, poires, mûres, prunes, rhubarbe, figues, …) et légumes (tomates, cucurbitacées diverses, poivrons, poireaux, pommes de terre, oignons, herbes aromatiques, betteraves, …). Sur 5 hectares de prairies paissent quelques vaches allaitantes (Bretonne Pie Noire) et s’ébrouent 2 chevaux qu’il monte à l’occasion en balade. Sans oublier une basse-cour de poules et canards sous l’autorité de quelques paons. Et quatre chats et deux chiens, Max et Tao, qui vivent en douce harmonie. 
Même si c’est la pleine saison de production, Louis sait prendre le temps. Et en donner aux autres. Il a à cœur d’emmener ses WWOOFers visiter la région ou assister aux événements culturels alentours, il est d’ailleurs le président de l’association A Ressort. J’irai ainsi assister le dimanche de mon arrivée à une lecture à Bécherel, joli petit village dédié aux livres, et écouter un concert de la « fanfare à la conque » Les Chevals à l’Apéro’Zique à St Pern.
Les œufs de Pâques 
Mais c’est lundi et il faut quand même s’y mettre ! Sans pleurer je ramasse divers oignons qui avaient été mis à sécher et que nous monterons ensuite au grenier. Suit une journée de chasse aux chénopodes qui ont envahi le champ de courges. Quelques confitures plus tard et après un repas auquel Louis à invité Sarah, une maraîchère bio qui vient de s’installer à quelques kilomètres, je m’endors sereinement dans la petite caravane qui est mon « chez moi » pendant cette semaine. 
Mardi commence par une cueillette de prunes : comme un enfant à Pâques je suis tout excité de découvrir dans l’herbe toujours plus de prunes que nous avons fait tomber en secouant l’arbre. Je le suis moins dans ma prochaine tâche : exterminer les chardons qui ont envahi la prairie. Armé d’une faucille, je coupe ces piquants en fleurs avant qu’ils ne sèment à tout vent leurs graines. L’après-midi, pendant que Louis va livrer en ville quelques commandes, j’en profite pour rendre visite à Sarah rencontrée quelques jours plus tôt. Elle me fait visiter sa jeune exploitation qui sert une AMAP rennaise.
On est dans  la merde ! 
Le mercredi, une fois par an, chez Louis c’est pas raviolis mais … fumier. Néanmoins, pas de surprise de ma part car lors de nos échanges épistolaires préparatoires à ma venue, Louis m’avait écrit qu’il « pensait prévoir un chantier de nettoyage du fumier de la baraque des vaches (c’est un peu ta partie le compostage) » ;-). Aidés de son ami Olivier aux commandes du tracteur, nous sortons à la fourche plus de 5 remorques de fumier qui, après compostage, viendront amender les Jardins de Toucanne.
Le jeudi soir, Louis fait le marché d’Iffendic, petit bourg situé à quelques kilomètres de la ferme. Il nous faut donc récolter les produits. L’affluence est faible mais Louis a quelques habitués qui passent autant pour acheter des légumes que pour discuter un peu. Nous passerons la soirée chez Séverine qui vend des galettes bio sur ce même marché et qui, ce soir, organise une fête. Une auberge espagnole qui accueille artistes et amis avec en animation un concert du groupe Aspirateur de Langue. Dure, la vie de WWOOFer ! 
Le réveil du vendredi est … plus difficile eu égard aux agapes de la veille. Mais pas de temps à perdre car les quantités à récolter pour le grand marché hebdomadaire de Rennes du lendemain sont conséquentes et il ne faut pas chômer. Mais là encore Louis sait prendre et donner du temps car il ne veut pas que je reparte sans avoir bu le café chez la célèbre Marie Berthier (87 ans) qui tient un bar dans son château du XVIIème siécle à Lou-du-Lac, sa commune d’enfance. Dernier et toujours succulent repas végétarien pris en commun et il est temps de préparer mon sac car demain les trompettes sonneront bien tôt.
Tous en Lice
Il est 5h, Boisgervilly s’éveille et nous voici dans la nuit en route vers la même place des Lices où j’avais rencontré Louis il y a une semaine. Chouette, la météo s’est trompée, il ne pleut pas. Il est tout juste 6 h, déjà nombreux sont les commerçants à s’être installés, quelques fêtards passent, la ville se réveille doucement comme les clients qui arrivent progressivement. Il est agréable d’en reconnaître certains, de se souvenir de leur achat de la semaine passée. Presque plus d’hésitation pour vendre, ré-achalander, renseigner, … et une certaine fierté de vendre des produits que j’ai participé à récolter mais aussi mangés pour ne pas dire dégustés. Le train de 13h m’attend et je quitte Louis à regrets car au-delà du partage du quotidien d’un maraîcher bio, j’ai également fait une belle rencontre humaine. 

* Le WWOOFing consiste à travailler bénévolement (une trentaine d'heures par semaine) dans une exploitation agricole en échange du gîte et du couvert.

23 décembre 2011

L'homme qui plantait des arbres

 
Il y a quelques temps nous avons planté dans le jardin partagé de ma résidence deux arbres fruitiers. J’avais pris du plaisir à ce moment convivial mais ce n’est que quelques jours … et nuits plus tard que j’ai réellement pris conscience de l'importance et du sens de ce geste qui m'avait paru de prime abord assez anodin. 
En fait cette plantation a fait écho à deux souvenirs. Tout d’abord aux images du film Cultures en transition montrant des habitants de Totnes plantant des dizaines de noyers dans leur ville … en transition. Le deuxième souvenir, ce sont les mots de Giono dit par la douce voix de Philippe Noiret en harmonie avec les pastels des illustrations du film «L'homme qui plantait des arbres» du livre éponyme. 
On ne plante pas pour tout de suite, on ne plante pas juste pour soi mais pour plus tard et pour les autres. Tel Colbert qui plantait des milliers de chênes pour construire les bateaux que la Marine utiliserait deux cent ans après ! Mais que les gourmands se rassurent, nous devrions nous régaler de nos premières cerises et pommes dans deux ans, putain deux ans … 

28 octobre 2011

En 2012, je me présente !

Citoyens, réveillons-nous 
et reprenons en main notre destin !
Photo  © Anne-Lore Mesnage

30 août 2011

Plus de bruit !

J'étais invité début juillet à suivre les délibérations du jury du premier "Raffut" pour élire l'événement grand public de l'année. Comme le rappelait justement le dossier de presse, la définition du raffut c'est "un grand bruit fait par des personnes qui parlent fort, s'amusent, crient ou se disputent". Il est assez surprenant qu'une partie de la profession de l'événementiel puisse se donner comme simple critère de succès d'une production, fut-elle grand public, d'avoir "bénéficier d'une large amplification". Un seul objectif quantitatif sans évaluation du message transmis ou des résultats produits (ventes, notoriété, communion, ...) alors que c'est bien sa spécificité qualitative qui fait qu'aujourd'hui l’évènementiel est probablement "une alternative globale à la publicité traditionnelle".
La soirée qui accompagnait la remise des prix était totalement (in)cohérente puisqu'avait été privatisée la rue Princesse encore appelée "la rue de la soif" :  les estaminets étaient rebaptisés aux noms des agences organisatrices et l'alcool coulait à flot ... quand il était possible d'accéder jusqu'au bar.  Là encore les professionnels concernés ont fait du raffut pour ne pas dire du tapage diurne puis nocturne - autre sens rappelé dans le dossier de presse ;-). Le voisinage a du apprécié la Responsabilité Sociétale de la profession et aurait légitimement pu faire lui aussi un raffut (autre sens de raffut : esclandre) auprès des autorités.
Si les organisateurs avaient comme objectif de fêter entre eux le début des vacances, pourquoi pas, mais malheureusement on nous précisait que l'un des buts du Raffut était bien de "structurer le métier", "instaurer une ligne de conduite, des règles sur ce qui fonctionne ou pas". Eh bien il faudra en tirer les leçons, ce qui ne fonctionne pas c'est de faire du bruit pour du bruit. C'est tout sauf de la communication. Seul mérite de l'initiative : avoir posé la question de ce qu'est l’évènement en 2011.

18 août 2011

Mes biens chers frères

L'autre soir (il y a déjà longtemps, j’en conviens) j'entendais sur France Inter Iegor Gran, auteur de "l’Ecologie en bas de chez moi", développer deux thèses : l’écologie est devenue une église intégriste et chacun doit pouvoir être libre de ne pas suivre les diktats de ses curés verts. 
Même si l'auteur a fait de la provocation son fonds de commerce pour vendre du papier, comment peut-on avoir aussi peu de recul pour sortir de telles réflexions primaires ? 
Que diable, la seule église qui aujourd’hui impose ses vues à l'humanité n’est pas celle de l’écologie mais bien celle de la Trés Sainte Consommation dont les prédicateurs-publicitaires nous appellent à fréquenter ses temples-hypermarchés. La Croisade des temps modernes est celle de l’OMC, ses templiers se nomment Coca-Cola, Monsanto ou Nestlé. Et c'est sur l'autel du profit à tout prix qu'on brûle la pucelle de la culture vivrière, locale et biologique.
Croire qu’être libre c’est pouvoir acheter un 4X4 parce qu’on en a juste très envie c’est faire peu de cas de l’intelligence humaine. Ce qu’on prend pour de la liberté n’est que le résultat d’une grossière et machiavélique manipulation qui crée non seulement le besoin mais, plus grave, la frustration, terreau de la violence et des extrémismes que connaissent nos sociétés.
Croire qu’être libre c’est d’avoir le libre arbitre de ne pas trier ses déchets, c’est tout simplement l'expression de l’égoïsme primaire qui sommeille en chacun de nous. Raisonnons par l’absurde, si trier est une atteinte à ma liberté, avoir à mettre des déchets dans une poubelle en est aussi une, alors jetons nos ordures par la fenêtre comme autrefois et on verra qui revient à l’âge de la bougie, le curé écologiste ou le libéral moderne !
On pourra me reprocher mon manque d'humour mais j'ai peur d'avoir compris qu'il n'y avait point de réel second degré dans ce pamphlet.

04 août 2011

Chantal, la globe-trotter du Trégor

Sous ma casquette de rédacteur, j'écris régu-lièrement le portrait de certains  salariés d'Emeraude Créationentreprise adaptée (80 % de salariés handicapés) de LannionVoici celui de Chantal, un sacré petit bout de bonne femme !
Quand j’ai expliqué à Chantal que je voulais écrire son histoire, elle m’a répondu que « des histoires, elles n’en voulait pas » ! Passé ce moment d’appréhension (ou ce mot d’humour ?...), Chantal a commencé à me raconter tout d’abord son enfance « à la dure » dans une famille de 15 enfants. Mais très vite, elle est passée aux beaux souvenirs de ses 20 ans. Une dizaine d’années à suivre ou à rejoindre son conjoint dans ses pérégrinations professionnelles sur différents chantiers à l’étranger. Une vie de voyages de l’Afrique (l’Egypte en Concorde !) à l’Australie, partout en Europe à l’exception de … la Corse. Une vie de nomade, parfois en caravane, qu’elle a adorée. Mais la belle histoire finit par une séparation qui plonge Chantal dans le désarroi d’autant qu’elle est jeune maman, sans véritable métier et qu’elle ne sait ni lire ni écrire. 
Des yaourts, des peluches, ...
Mais Chantal n’est pas du genre à se laisser abattre. Après de petits boulots dans la restauration et les travaux saisonniers des champs (« patates », haricots), elle intégrera dans les années 80 l’équipe d’Emeraude ID qui s’appelait alors l’ARPTH (Association pour le Reclassement Professionnel des Travailleurs Handicapés) et dont l’activité était la production de produits laitiers. « On fabriquait du fromage et du crottin », se rappelle-t-elle, « et des yaourts avec de jolis couvercles dorés ». Quand cette activité périclite, elle rebondit dans une autre entreprise d’insertion et y fera des peluches. Elle en a encore chez elle : des lapins, des nounours et même des girafes !
Maman, les ptits bateaux
Elle réintègre quelque temps plus tard les rangs d’Emeraude ID. Parce qu’elle est méticuleuse, elle brillera dans la peinture et la finition des produits de décoration, nouvelle activité de l’association : demi-coques de bateau et phares bretons. Depuis qu’Emeraude est passé à la production de composteurs, Chantal, après avoir été en charge du vissage des panneaux de bois, s’occupent désormais du montage des couvercles : pointage, agrafage et pose des charnières sont de sa responsabilité.
Les cours d’orthophonie et les Ateliers de Savoirs Fondamentaux proposés par Emeraude ID lui ont fait le plus grand bien et l’aide à surmonter quelque peu son handicap d’analphabétisme qu’elle explique avec simplicité comme conséquence d’une méningite contractée en bas âge.
Au boulot, elle est discrète et ne fait pas de vagues mais « quand j’ai quelque chose à dire, je le dis - faut pas m’em…der », et nombreux sont d’ailleurs ceux qui viennent se confier à elle, « presque trop » rajoute-telle, car elle a déjà ses soucis.
Faites vos jeux ...
Mais il y a une vie en dehors du travail ! Son grand plaisir, c’est d’aller jouer quelques euros dans un des casinos de la côte d’Emeraude. Elle se transforme alors et se sent « l’égale des autres », parfois même un peu « bêcheuse ». Si elle qualifie de « vice » cette passion, elle exagère. Chantal sait compter et non seulement elle limite sa sortie à une fois par mois mais elle met de côté un petit billet de temps en temps (son « argent de poche ») en vue de cette sortie. Ses autres simples petits plaisirs ? Un Mc Do ou un kebab de temps en temps, une sortie en boite n’est pas pour lui déplaire comme un ciné où elle préférera les films d’horreur, de science-fiction ou d’aventure. Elle a arrêté récemment l’équitation en raison de problème de dos mais compense avec le vélo ou encore avec une partie de tennis avec sa fille dont elle est si fière de la situation.
C’est sûrement dans les yeux bleus de Chantal que pourriez voir la tranche de vie de ce sacré petit bout de bonne femme si attachante qu’on croise chez Emeraude Création. Mais ses yeux vous ne les verrez pas car Chantal n’aime pas être photographiée et nous respectons son souhait. Mais, faites-moi confiance …

23 juillet 2011

Des vacances de WWOOF !

Cet été, plutôt que de bronzer idiot ou de faire péter mon compteur CO2 comme l’année dernière (voir Green Fairfax), j’ai choisi de partager le quotidien d’une ferme conduite en agriculture biologique en devenant WWOOFer. Le WWOOFing consiste à travailler bénévolement (une trentaine d'heures par semaine) dans une exploitation agricole en échange du gîte et du couvert. Après avoir surfé sur le site du WWOOF France j’ai jeté mon dévolu sur la ferme de François Le Tron qui exploite, depuis une vingtaine d’années, 1,5 hectares en maraîchage bio à Bréhat.
L’île aux tracteurs
C'est ainsi qu'en ce vendredi de début juillet, après quelques minutes de traversée, je débarque sur l’île de Bréhat, encore appelée l’île aux fleurs … ou l’île aux tracteurs, seuls véhicules motorisés à y être autorisés. Une bonne demi-heure de marche vers le Nord plus tard, me voici devant la ferme de Kervilon et son « mini-marché » dont François m’avait parlé dans son mail.  Des touristes prennent d’ailleurs en photo l’étal de fruits et légumes et surtout son panonceau «servez-vous et mettez l’argent dans la boîte » dont ils ne reviennent toujours pas. Effectivement point de vendeur, pas plus que de maraîcher d’ailleurs … Je frappe à la porte de la petite maison dans la prairie dans le jardin et François et Marion, mes hôtes, m’ouvrent. Mais l’heure n’est pas aux longues civilités car je tombe … mal … c’est l’heure de la sieste, sacrée chez nos deux Bréhatins.
La main à la pâte
Je les laisse donc aux bras de Morphée pour tomber dans ceux de Philippe et Marie-Laure. Ces derniers sont agriculteurs dans la Mayenne et ont eu l’idée un peu folle de venir passer leur été chez leurs amis François et Marion pour y produire du pain bio au feu de bois comme ils le font à l’année chez eux ! J’aurai ainsi l’occasion de mettre la main à la pâte au propre comme au figuré !
Mais toute bonne sieste a une fin, les véritables présentations se font alors autour d’un goûter dans la grande pièce à vivre. Après un coup d'oeil aux toilettes sèches qui trônent comme un totem dans le jardin, on m'attribue une chambrette quand d'autres WWOOFers sont installés sous la tente, dans la maison ou encore dans une maison construite ... en palettes (excellent moyen de réutiliser ce déchets non recyclable sur l'île).  Mais c'est déjà la fin d’après-midi et place aux choses sérieuses, nous partons aux champs dans la remorque du tracteur qui n’est pas sans me rappeler les fenaisons d’été de mon adolescence en Auvergne. Trêve de rêverie, il faut penser aux récoltes du lendemain et me voici sous l’aile du sieur François à déterrer quelques kilos de pommes de terre avec un croc,  couper les derniers artichauts de la saison ou cueillir quelques fraises ou des Borloto (c’est comme des cocos de Paimpol mais les faisans de l’île ne mangeant pas cette variété italienne, elle leur a été préférée). Il est tard quand nous rentrons, je suis déjà fourbu et fier d’arborer ma première blessure de guerre ; sont bien affûtés les Opinel du père François !
Le repas pris en commun sera ponctué par l’enfournement du pain du soir et par les présentations plus formelles des uns et des autres : Gregory et Ali, un couple de WWOOFer de Los Angeles, la petite famille du boulanger et Théo leur WWOOFer. Nous sommes 11 à table, mais on fera mieux dans la semaine ! Je trouve sans peine le sommeil du juste. Ces repas comme les travaux aux champs seront l'occasion de questionner mes hôtes et d"échanger sur leurs pratiques, leur contexte économique comme sur leur envrionnement atypique d'une île où tout ou presque (même l'eau !) est importé du continent.
Good Morning Bréhat
Chouette, pas de réveil aux aurores ! Petit-déjeuner vers 8h. Je mange une tonne du pain sorti du four la veille sous mes yeux. Ah, le pain aux pépites de chocolat … mais celui aux fruits secs est aussi super bon… comme celui au sésame .. dans le doute je les goûte tous plusieurs fois … sans pouvoir les départager. Les excellentes confitures maison, autre production de la ferme, ne poussent pas à la frugalité.
La production de la ferme de Kervilon est exclusivement vendue sur l’île et pratiquement uniquement pendant les quelques mois d’été et aux vacances de Pâques. François part vendre ses fruits et légumes au marché et je pars aux champs, cette fois-ci  sous la houeltte de sa compagne Marion.  Ce sera une matinée « tomate » qui est largement cultivée, sous tunnel. Cerise, cocktail, ronde, longue, variétés anciennes, … elles sont nombreuses mais demandent de l’attention. Nous partons à la chasse au gourmand, coupons les feuilles malades, retendons les supports. Puis vient l’heure de la récolte, ce qui me donne l'occasion de les goûter ;-) La tomate c’est le légume (fruit ?) de l’été par excellence et il en faut des kilos et des kilos chaque jour.
Il est plus de 13h, les muscles non habitués à cette gymnastique sont endoloris et l’estomac crie famine, il est temps de rentrer à vélo à la ferme pour un repas et ... une sieste (dont je comprends mieux maintenant l’utilité …). Le repas pratiquement toujours végétarien (et ça m’arrange !) est et sera toujours succulent, varié et copieux, préparé par les uns ou les autres, en improvisant à partir des « restes » du marché.
Après une mini sieste et avant de retourner aux champs en fin d'après-midi je profite de ce temps libre pour découvrir la beauté de l'île ou donner un coup de main à la fabrication du pain en participant à la mise en forme des pâtons.
La première partie de la semaine s’organisera ainsi, rythmée par l’arrivée ou le départ de WWOOFers, éco-volontaires, salariés, famille et amis (on sera jusqu’à 17 à table !) . Les travaux aux champs seront variés : après les indispensables récoltes on procédera au désherbage (le bio utilise des bras quand le conventionnel pulvérise de la chimie de synthèse), binage, traitement biologique (incorporation d'auxiliaires), bricolage, …
Ils sont beaux mes légumes !
Ayant exprimé à François mon intérêt de l’accompagner au marché, ce dernier m’y emmène dés le mercredi d’autant plus volontiers que l’été est là et que la clientèle commence à être nombreuse et un renfort nécessaire. Il est presque déjà 9h et nous voici sur la place du Bourg garant notre attelage à côté de la poissonnière et face aux terrasses des cafés. La remorque du marché de François a un charme certain qui n’a pas échappé au regard d’Haidee, peintre anglaise, qui chaque matin peint sur la place un morceau choisi (à l'instar du tracteur illustration de ce billet). Mais avant de jouer à la marchande, il faut monter l’étal puis mettre en place la «marchandise". Je passe la première matinée concentré à maîtriser le fonctionnement de la caisse et à mémoriser les différents produits proposés à la vente (pas de souci majeur sauf sur les nombreuses aromatiques que cultive François). Le tandem fonctionnant bien, j’y retournerai les deux jours suivants en prenant ces fois-là un plaisir certain à l’échange avec les clients.
Samedi, ma semaine s’achève déjà, je dois prendre le bac en début d’après-midi. Je passe la matinée à épauler Kirstin, l’éco-volontaire allemande de la ferme, dans la confection de confitures puis à aider Marie-Laure à préparer le feu du four à bois pour la fournée de 11h que j’aménerai fier comme un … boulanger au marché du Bourg en tricycle à assistance électrique, la classe ! C’est l’heure des adieux,  dans mon ciré jaune et sous un crachin typiquement breton je retraverse l’île qui est si vite devenue un peu la mienne en me remémorant les rencontres et expériences si riches de cette semaine de vacances hors du commun.
Kénavo!
Photo non libre de droits © Anne-Lore Mesnage
Tableau "le marché de François" réalisé le 13/7/2011par Haidee Jo Summers 

20 juillet 2011

Les Experts : un nouvel épisode des Trophées du Tourisme Responsable

A nouveau cette année, je fais partie des experts du Comité de sélection des Trophées du Tourisme Responsable qui a eu la longue mais noble tâche de sélectionner 3 nominés dans les catégories Bons plans, Urbain, Bol d’air, Luxe & Zen et Solidaire.
Nouveauté 2011, le public est appelé à voter en ligne jusqu’au 5 septembre pour ses candidats préférés, ce vote comptant pour 50% du choix final, à égalité avec celui du jury professionnel. Les Trophées 2011 seront décernés le 21 septembre prochain.

18 juillet 2011

Un manque de C(H)ulot


Une fois n'est pas coutume un petit billet de politique (politicienne ?).

Quelques jours avant l’annonce de la candidature de Nicolas Hulot en avril dernier, le Monde Magazine estimait que ce corps étranger atypique serait vite expulsé par le système mais j’étais loin de me douter que le petit meurtre aurait lieu entre amis. 
En l’éliminant de la Primaire, Europe Ecologie Les Verts, ses adhérents et ses caciques ont montré qu’ils étaient encore loin d’avoir fait la mutation d’un parti traditionnel pyramidal vers un laboratoire coopératif de l’intelligence collective. 
Parce qu’il n’est pas né écologiste, les vieux de la vieille de l’écologie lui ont cherché des OGM dans les champs comme on cherche des poux dans la tête ; pas joly, joly, tout cela. Bien sûr l’homme n’était pas parfait mais avait l’humilité de le reconnaître. Parce qu’il n’est pas un politicien, il n’avait pas la dialectique adhoc, pour ne pas dire sa langue de bois. On lui a reproché son passé alors que c’est avant tout ce cheminement qui donnait à sa candidature force et exemplarité et pouvait susciter l'adhésion du plus grand nombre... 
Je n'ai jamais été un spectateur transi de ses émissions ou un afficonados de sa fondation mais ceux qui comme moi ont réellement lu le Pacte Ecologique (le livre, pas le reader digest du site éponyme) et vu le Syndrôme du Titanic ne pouvaient qu’être convaincus de l’exigence pour ne pas dire de la radicalité de sa déclaration de candidature. 
Peut-être avons-nous tout simplement manqué de culot ou de courage ? ...

16 juin 2011

C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe

Combien de fois ne nous demande-t-on pas quelle est notre définition du développement durable ? C’en est devenue une tarte à la crème. Oxymore pour les uns dont je fais partie, pléonasme pour les autres … quand certains militent pour la traduction littérale plus exigeante de développement soutenable.
Même si elle a été galvaudée, je ne renie pas la définition académique et officielle de la Commission Brundtland, qui porte en elle, bien sûr une solidarité temporelle inter-générationelle mais également, si on la lisait in extenso, une solidarité de l’instant envers tant de personnes aux besoins primaires non assouvis. C’est bien de préserver l’avenir des générations à venir mais on oublie trop souvent que des millions d’individus meurent de faim sous nos yeux. Aussi, plutôt que donner une énième définition, j’ai pensé intéressant de raisonner en quelque sorte par l’absurde en définissant notre développement aujourd’hui qui est, d’une vérité criante, tout sauf durable.

Les deux mamelles de notre développement
La modération n’est pas le propre de l’Homo Sapiens. Il est passionné en amour, fanatique en politique et compulsif en consommation. A la différence de la nature l’homme ne sait pas se réguler. Pour répondre à cette frénésie consumériste, Prédation et Exploitation sont les deux mamelles de notre développement : un développement en creux pour certains qui permettra un développement en plein pour d’autres. 
Nous exploitons la nature (plutôt celle des autres) et ses ressources. Nous préemptons des matières premières sans limite à un rythme qui ne leur permet pas de se régénérer. On a longtemps vécu des intérêts du capital Terre, on a maintenant plongé dans son bas de laine et attaqué le capital diront les financiers.  Nous utilisons la biosphère comme une poubelle qu’on ne vide jamais et on se désespère en constatant que la biosphère des pauvres n’est pas étanche … 
Nous exploitons l’homme. Exploitation de l’homme par l’homme,  plus souvent d’ailleurs exploitation de l’homme par le capital, exploitation de l’homme du Sud (et des richesses de son territoire) par l’homme du Nord. «C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe» disait perfidement Candide pour justifier l’esclavage… Théoriquement aboli,  comment nommer autrement l’asservissement économique de millions d’ouvriers et de paysans qui produisent, pas toujours au bout du monde,  parfois au bout de la rue, … «notre confort» ? 
Tout bien réfléchi ce système n’est pas loin de la barbarie. Pourtant, puisqu’il s’agit simplement d’une histoire de plein et de creux, Candide se dit que le plein des uns pourraient remplir le creux des autres et alors la roue du monde tournerait vraiment rond...  

07 mars 2011

5h du mat, je claque des dents ... sur France Inter

J'étais l'invité de Brigitte Patient et de son émission "Un jour tout neuf " sur France Inter ce jeudi 10 mars de 5h à 6h du mat ... il n'y a pas d'heure pour les braves ! 

On a parlé développement durable, communication et compost mais aussi de l'air du temps ... 

A écouter en podcast en cliquant ici.

02 février 2011

JJ fait le mur ... à la ferme


Anne-Lore Mesnage expose "Le Monde de  DD"  ... et donc de JJ jusqu'à la fin Avril à la Ferme Culturelle du Bessin à Esquay sur Seulles (Calvados).

01 janvier 2011

2011, encore une histoire de fesses ...

Photo non libre de droits © Anne-Lore Mesnage

30 décembre 2010

Aujourd’hui je l’ai fait …ou presque

Que de mépris de l’intelligentsia comme de l'aristocratie politique et économique dénigrant Cantona et son appel à vider les caisses des banques pour faire «péter le système». Même si Canto ne fait pas partie des petites gens et n’est pas exempt de contradictions, son idée triviale était simplement révolutionnaire car elle redonnait à la populace ;-) , fut-ce pour un jour, le pouvoir (de l’argent notamment) que la ploutocratie lui confisque depuis trop longtemps.

Alors en solidarité, j'ai fait le beau le 7 décembre dernier en allant vider … mon livret d’épargne. A défaut de faire péter le système, j’ai profité de l’occasion pour changer de crèmerie et choisir une banque plus conforme à mes valeurs en allant mettre mettre mes noisettes ailleurs ... au Crédit Coopératif.

D'ailleurs en passant, ladite banque ne semble pas pressée de s'occuper de mes éconocrocs ... une demande d’ouverture de compte sur internet restée sans réponse à ce jour, une visite dans une agence sans pouvoir rencontrer quelqu'un  "pas avant janvier monsieur" ... Ca se mérite une banque solidaire !

Rajout du 31/12/2010 : reçu depuis au courrier les documents d'ouverture de compte.

23 décembre 2010

Le Père Noël est une ordure

J’ai longtemps cru au Père Noël. Mais à l’aube de mes quarante ans j’ai compris la supercherie : réveillé une nuit de Noël, j’ai vu le livreur de la World Company quitter mon domicile et repartir dans son train rouge Coca-Cola.

J’ai depuis entrepris une cure de désintoxication qui prend du temps, imaginez : 40 ans de piquouses à l’Inutil et au Parêtre (non remboursé par la sécurité sociale)…

Il semblerait que mes séances de thérapie de groupe aux Acheteurs Compulsifs Anonymes aient porté leur fruit. Le gong (gang ?) de l’Avent a déjà retentit depuis plusieurs jours et j’ai beau tenter le diable et feuilleter frénétiquement la tonne de catalogue de cadeaux de Noël, rien n’y fait, pas de pulsion consumériste.

Oui mais dans ta liste de Noël, tu vas mettre quoi, alors ? Des patates ? Et pourquoi pas … Oui, je crois que j’apprécierais une pomme de terre que mon donateur aurait cultivée avec labeur et attention, une parmentière en robe des champs, un tubercule rescapé des doryphores, une patate biscornue qui sent l’humus et pas l’anti-germinatif … Joyeux Noël.

Photo non libre de droits © Anne-Lore Mesnage

Message personnel pour mes enfants : si vous n'avez pas planté de pommes de terre, un dessin ou un calin feront tout aussi bien l'affaire.

22 décembre 2010

Daniel et la quadrature du camembert


Dans le cadre de mon "autre métier" de Maître-Composteur, j'ai été amené à visiter l'entreprise adaptée* Emeraude Création, menuiserie de Lannion, qui fabrique notamment des bacs à compost mais aussi des récupérateurs d’eau. J'y ai fait une belle rencontre, celle de Daniel dont voici le portrait.

Prothésiste dentaire, Daniel a été victime à 26 ans d’un accident. Il aime utiliser la dérision et vous explique sérieusement qu’il ne lui reste plus que 30 % de neurones pour dire qu’il a parfois tout simplement besoin d’un peu de temps pour se concentrer . Mais Daniel a bien toute sa tête, c’est même parfois un peu un Géo Trouvetout.
Si Newton a trouvé la théorie de la gravitation en regardant tomber une pomme, Daniel a trouvé la solution de la quadrature du cercle en mangeant du camembert ! Emeraude n’avait pas trouvé de solutions pour la fabrication du couvercle de son récupérateur d’eau ; c’est en découpant des parts de camembert que Daniel a trouvé l’idée et pensé la méthode de production. Le principe : une rosace de triangles de bois issus de chutes coupées en deux, une idée aussi triviale que géniale doublée d’un principe de recyclage,  Daniel a également créé le gabarit type pour la découpe. Cette idée a été rapidement validée et mise en œuvre.
Emeraude, une entreprise de reconstruction
Après son accident Daniel a repris des études, s’est un temps cherché mais ce qui ne l’a jamais lâché c’est la pugnacité. Il a pratiquement « fait le siège» d’Emeraude pour y être embauché après y avoir fait un stage d’observation (EMT), « j’ai du montrer que j’étais motivé ». Cette motivation est toujours présente, « je fais mon maximum » même si les impératifs de rendement sont plus souples dans une entreprise adaptée, «et comme on a plus de temps, je soigne encore plus mon travail».  Et que dire de sa conscience professionnelle qui lui viendrait, dit-il, de ses antécédents familiaux :  il est issu d’une famille de maraichers qui avait  à cœur de proposer les meilleurs produits aux clients sur le marché  « Pour chaque commande que je fais, j’ai toujours à l’esprit le client qui va l’utiliser ».  Il est d’ailleurs conscient que sa forte exigence puisse agacer certains de ses collègues. Il est définitivement fier de son travail « Je vis pour l’entreprise, c’est super quand ça marche comme cela ».
Le soir Daniel rentre chez lui satisfait de la tâche accomplie et va faire ses 5 kilomètres de ballade quotidienne sur le GR34 avec ses chiens pour garder la forme et réfléchir …  à de nouvelles inventions ?... Il réfléchit à de nouvelles améliorations : des pointes plus longues pour une solidité accrue, il paraitrait qu’il en emmène à la maison pour en tester leurs points de faiblesse …
PS : si le renard pensait au Petit Prince  en voyant onduler les blés, vous penserez sûrement comme moi à Daniel en admirant les jolis reflets de la rosace du couvercle de son récupérateur d’eau…
* L’Entreprise Adaptée (ex. atelier protégé) est une entreprise à but social qui emploie durablement au minimum 80 % de salariés handicapés dans l’effectif de production, dans des conditions de travail adaptées à leur handicap.

02 novembre 2010

Blogueur citoyen ou influenceur rémunéré ?

«J'ai des clients qui seraient susceptibles d'être intéressés par de la diffusion d'articles promotionnels sur votre site » … Ce serait donc vrai que des annonceurs paient des blogueurs pour dire du bien d’eux moyennement rémunération ?

Allez,  je ne suis pas né de la dernière pluie et je ne découvre bien évidemment pas cette pratique aujourd’hui, mais je suis d’autant plus choqué que la pratique est désormais organisée, industrialisée mais surtout pro-active dans son recrutement de …  concepteur-rédacteurs ? … et complètement décomplexée !

Les Conditions Générales de Prestation de Service que propose l’une de ces officines, Buzzea, sont sans équivoques. Tout en précisant que ces conditions préservent l’indépendance des parties, elles précisent le principe de monétisation de la rédaction d’article sponsorisé qui répond à un brief de l’annonceur qui pourra d’ailleurs le refuser ou demander des modifications. Le bloggeur s’interdit de le publier avant sa validation par l’annonceur et par ailleurs cède tous les droits patrimoniaux en contrepartie de sa rémunération.

Jusqu’ici l’approche des annonceurs était plus subtile, on cherchait à obtenir la bonne grâce du bloggeur en lui envoyant des cadeaux ou des produits à tester, en l’invitant à des soirées privées, en flattant son égo en lui faisant miroiter de devenir l'élu de la blogosphère du concours Trucmuche (lire Pour partir avec JJ en Inde tappez 1) mais tout cela c’était du gagne petit, sûrement beaucoup trop d’énergie pour un résultat aléatoire. Aujourd’hui on fait dans l’efficace : « tu écris ce que je te demande, tu publie, allez fais pas ta chochotte, je paye, bordel ! ». 

Seul point positif dans le contrat en question le billet doit clairement indiquer la mention «billet sponsorisé».  Même si elle est peu connue cette indication est une obligation légale en France reprise depuis 2009 dans la Charte du Syntec RP et aux Etats-Unis par celle du Federal Trade Commission.

On dit les blogs en perte de vitesse ? …  Cette marchandisation du billet ne peut qu’affaiblir ce qui reste un des derniers rares espaces de liberté d’expression ; on peut publier sans frais son opinion, sa réflexion, son analyse et pourquoi pas ses états d’âme... une vraie bouffée d’oxygène (pour moi en tous cas). J’aurais ainsi peine à ternir ma tribune de journaliste citoyen en vendant mon indépendance et ma liberté de ton pour quelques dizaines d’euros.

09 octobre 2010

Le Compost de Teddy, c'est de la merde !













Quand je ne disserte pas sur le développement durable, quand je ne forme pas à la communication responsable, je suis Maître-Composteur
Alors vous comprendrez que quand j'ai entendu parler de la Point Reyes Compost Cy pendant mes vacances en Californie cet été  mon sang n'a fait qu'un tour .... 
Teddy Stray, son fondateur, m'a fait visiter sa ferme où il produit compost et méthane. Mon récit à découvrir en cliquant ICI sur le site d'Ecolo Info qui m'a ouvert ses colonnes en tant que rédacteur invité.

06 octobre 2010

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Monsieur l’attaché de presse,

Dans un communiqué de presse vous m’informez de cette nouvelle sensationnelle : KONE, premier ascensoriste à passer commande de deux voitures électriques citadines, CITROËN C Zéro, au Mondial de l'automobile 2010.

J’ai d’abord cru à une blague de potache mais après vérification du calendrier nous sommes encore loin du 1er avril. Même si mes facultés de calcul mathématique commencent parfois à s’altérer avec l’âge, je maîtrise encore assez bien la division et la décimale. J’ai donc refait l’équation : en divisant 2 (nombre de véhicules électriques commandés) par 3 000 (nombre de véhicules de votre flotte)  je trouve le chiffre de 0,00066  soit  …. peanuts, nada, queutchi, rien quoi !

 Je n’ose imaginer que vous m’ayez pensé assez crétin pour apprécier positivement une réduction de 0,066 % du bilan environnemental de votre flotte (en considérant qu’une voiture électrique ne produise pas de CO2 ce qui n’est d’ailleurs pas le cas).

Néanmoins je vous remercie pour votre courriel car, animant une formation sur la communication responsable le jour de réception de celui-ci, j’ai pu montrer un très bon exemple d'utilisation abusive de l'argument écologique et, même si votre communiqué n’était pas du Audiard, vous nous avez quand même bien fait rigoler.

08 septembre 2010

Un temps à escargots*

Je participe les 9 et 10 septembre à la 8ème Université d'Ete de la Communication pour le Développement Durable organisé par ACIDD. Cette année le thème proposé à la réflexion est le temps. Chaque participant de l'Université propose une contribution sur ce sujet, voici la mienne :

Un temps à escargots*
Le temps fait partie des «valeurs» à ré-inventer dans notre inéluctable révolution … sociétale. J’ai fait mienne depuis longtemps la maxime de Michel Serres : «Tout le monde a une montre, plus personne n’a le temps. Echangez l’une contre l’autre. Donnez votre montre et prenons notre temps».


Redonner du temps au temps, du temps aux autres, du temps pour soi.
Le temps d'écouter, de partager.
Le temps de ne rien faire, de s’ennuyer.
Le temps de bien faire, de penser. 
Le temps de prendre l’air … du temps.
Le temps de manger et de digérer, la nourriture du corps comme celle de l’âme.

*Nous avons beaucoup à apprendre des escargots : bien avant la sortie du rapport du Club de Rome, le gastéropode avait compris les limites de la croissance infinie (de sa coquille) et depuis la fable, la lenteur a largement acquis ses lettres de noblesse. 

Visuel escargot du site http://laboutiqueajacques.com 

14 août 2010

Casse toi, pauvre réparation !

Dans le grand défi de l’économie des ressources et des matières premières, la ré-utilisation est un élément clé. J’ai poussé cet été les portes d’une "casse" auto … et j’ai été ébloui.

Qui va à la casse trouve sa pièce
Ebloui par l’évidence de ce temple de la pièce détachée d’occasion, ébloui par son potentiel. Ebloui aussi par son organisation simple et efficace comme celle des nouvelles déchetteries.
Certes, la directive européenne VHU impose le recyclage des Véhicules Hors d’Usage qui se traduit en général par la dépollution, le broyage et la valorisation des différentes matières composant les véhicules mis au rebut et notamment sa carcasse.
Mais je veux parler ici de la réutilisation directe de composants manufacturés encore en état, et ils sont nombreux, ce qui peut économiser de la matière bien évidemment mais aussi l’énergie de la fabrication comme du transport du produit fini. Ce gisement permet aussi la réparation de modèles dont les pièces détachées ne sont plus produites, sans parler de l’intérêt financier qui peut renverser l'arbitrage du choix de la réparation.

J’entends déjà les esprits chagrins et protectionnistes des constructeurs me rappeler que ces derniers sont garants de la sécurité des pièces détachées ; je réponds que le «casseur» ne doit pas être qu’un «ferrailleur» et qu’il doit être à même, selon des conditions peut-être à définir et sûrement à l’exclusion de pièces sensibles, de faire ce commerce de ré-emploi. Certaines pièces de réemploi sont de toutes façons désormais autorisées officiellement en réparation-collision dans la nouvelle procédure VE (Véhicules Endommagées) de Juin 2009. L'assureur militant la Maïf va participer en septembre et pour un an à un test sur l'utilisation de pièces de réemploi dans son réseau de réparateurs agréés en Poitou-Charentes. Les constructeurs pourraient d’ailleurs aussi eux-mêmes organiser cette nouvelle économie à l’instar de Volkswagen qui a lancé il y a plus de 60 ans dans son usine de Kassel le programme «Genuine Exchange Parts» qui consiste à réparer/restaurer des pièces moteur revendue 50 % moins cher que les neuves.
Le casse du siècle ? ...
nb : article complété le 21/8/2010

09 août 2010

Moi non plus je ne sais pas bien ce qu’est un Rom










Je vis depuis mon enfance avec ces mots qu’on brandit comme des épouvantails : Roms, manouche, gitans, ... Néanmoins, j’ai eu la chance de rencontrer des Roms plusieurs fois cet hiver à l’occasion des nettoyages de berges de rivières qu’organise l’Association Organe de Sauvetage Ecologique.

Ce que je sais, c’est que dans cette opération environnementale où on n'a rien à gagner si ce n’est un tour de rein, les Roms sont toujours là : nombreux, volontaires et les premiers au petit matin pour donner de leur temps.
Ce que je sais, c’est que j’ai rarement vu une énergie, une joie de vivre et des sourires aussi beaux que ceux-là.
Ce que je sais, ou du moins ce que j’entrevois (car je n’ai pas encore eu le courage ou j'ai eu trop de pudeur de les rencontrer chez eux), c’est que leur vie est dure mais que jamais ils ne se plaignent.
Ce que je sais, c’est que leur soit disant grosse Mercédes est dans ma réalité un vieux camion rouge qui toussotte.

Tout le reste n’est que gesticulation.

27 juillet 2010

Where's JJ the froggy ?

En attendant le récit des aventures écolo de JJ en Californie, jouez à le retrouver dans ce mur peint. A gagner : an organic chocolate chip cookie.

10 juillet 2010

Oh JJ, c’est toi dans le noir ?










Autre temps, autre époque,
La pluie de Buhot est devenue synthétique.
Mais cette eau, sans équivoque ,
Pourtant en plastique, est aussi romantique.
Entre chien et loup,
En noir et blanc,
Le sujet se dissout
Effervescent
Anne-Lore n’est pas aquafortiste,
Mais de la pellicule impressionniste.

Portrait d'Anne-Lore Mesnage à découvrir à la Chapelle de la Tapisserie de Bayeux ainsi que sur un mur de Crépon (voir photo) du 10 juillet au 16 août 2010 dans le cadre du Festival de la Pluie. D'autres portraits de la série le monde de dd sont exposés à Asnelles.

16 juin 2010

I believe I can fly … to the Green Fairfax

Cette année, pour les vacances d’été, direction la côte Ouest. Pas celle de l’Ile de Ré (déjà fait l’année dernière) mais celle de Yes We Can. Autant dire que JJ va s’envoyer en l’air à grands coups de CO2 …lui qui tente régulièrement de convaincre son entourage personnel comme professionnel que la France a des charmes nombreux et inconnus et que l’exotisme est parfois au bout de sa rue ! …
Bien que je l’assume, ce choix me met face à une contradiction … aussi ai-je quand même voulu faire la liste des raisons (bonnes excuses ? …) qui m’ont conduit à persister dans ce choix de pérégrination estivale :
- Cécile Duflot s’est fait les Seychelles, je peux bien me faire la Californie.
- A Pâques j’ai réussi, sur le fil, à négocier Venise en train en lieu et place d’un Marrakech en avion qui avait obtenu la majorité familiale.
- Je n’ai pas pris d’avion depuis 3 ans.
- Je m’engage à ne plus péter pendant un an (argument entendu récemment … je ne sais si c’était du lard ou du cochon, plutôt de la vache d’ailleurs)
- Le cargo que je voulais emprunter a coulé (j’ai sérieusement pensé à ce mode de traversée dont j’ai lu un récit de voyage qui donnait envie à celui , comme moi, qui veut re-donner du temps au temps … mais 10 jours de traversée + le train trans-amérique : un peu compliqué à imposer à la famille).
En fait, je rejoins avec femme et enfants des amis franco-américains dont la famille réside dans la région de San Fransisco pour une immersion linguistique et culturelle qui sera d’autant plus intéressante que nous échangeons notre appartement avec un autre couple américain.

Bonne Pioche !
Mais quand j’ai commencé à me renseigner sur les charmes de la bourgade dans laquelle nous allions vivre notre American way of life pendant quelques semaines, j’ai bien cru un instant que Dieu existait.
En effet, Fairfax – Ca, car il s’agit d’elle, a tout pour (me) plaire : ancien haut lieu du « hippisme » (pas celui de Chantilly) cette petite ville de 7 500 habitants située dans la baie de San Fransisco a quelques particularités qui me font penser que je vais m’y com-plaire comme un ver dans un bac à compost.
C’est par exemple l’une des seules villes américaines à être gérée par une municipalité à majorité Verte (Green Party). C’est aussi un florilège de commerces biologiques qui m’y attend : les glaces Scoop, la bière Iron Springs , le hamburger de chez M&G, le supermarché alimentaire Good Earth Natural Foods sans oublier le petit marché bio de producteurs du mercredi soir.
Vous retrouverez donc prochainement dans ces colonnes non pas les aventures de tintin au Tibet mais celle de JJ à Fairfax la verte.