23 novembre 2013

JJ anime une conférence sur l'ESS

Dans le cadre du mois de l’Economie Sociale et Solidaire, j'ai animé le 21 novembre dernier à Lannion une table-ronde intitulée "L’ESS pour les Nuls". Une présentation très pragmatique de cette autre façon d'entreprendre illustrée par les témoignages de 5 acteurs de la région : Ker-Uhel Contacts, Handi-Capables, Bretagne Durable, la CAE Avant-Premières et Emeraude i.d. chez qui se tenait la conférence.

09 novembre 2013

Scions du jambon

Jadis - en fait  il y a encore 50 ans dans certaines régions de France - on ne pouvait vivre sans entraide à la campagne car de nombreux travaux des champs tels que la moisson ou la fenaison auraient été irréalisables. On allait ainsi tout l'été en fonction de la maturité des blés et de la pousse de l'herbe des prés donner le coup de main à celui qui moissonnait ou fanait, à charge de revanche, bien évidemment. Pétrole et mécanisation ont transformé les paysans en conducteurs de machines et les ont de facto exempté de cette solidarité imposée.
J'ai repensé à cela ce matin quand, dans les premiers frimas de l'automne nous n'étions pas moins de 5 personnes, 2 familles et 3 générations confondues de 7 à 77 ans, pour faire leur affaire aux quelques stères de bois que j'avais achetés pour l'hiver. Chacun à son poste : l'un pour décharger le bois en vrac de la remorque, le deuxième pour le scier, un suivant pour remplir la brouette emmenée par un équipier qui déposait telle une offrande aux pieds du dernier larron  les bûches pour les empiler.
Ce qui aurait pu être considéré par d'aucuns comme une corvée est devenu une tâche vite expédiée et un moment de convivialité célébré plus tard par un verre de l'amitié. A charge de revanche, bien évidemment.

06 novembre 2013

Deux JJ pour le prix d'un dans le mag Botanic

Retrouvez l'article que j'ai écrit sur mon expérience de wwoofing en Bretagne mais également mon portrait de Maître-Composteur dans la rubrique "les audacieux" du n°3 du magazine Botanic (page 106/107).

19 septembre 2013

JJ & les 1000 Pionniers


J'ai été sélectionné pour faire partie du Prix 1000 Pionniers qui changent le monde en ayant lancé le premier site de compostage collectif en pied d'immeuble à Paris.

VOTEZ pour cette initiative.

31 août 2013

De retour de l'Atelier ... du Nous

Enclavé : se dit d’un village, tel que celui d’Eygalayes dans la Drôme, qui demande pour s’y rendre une détermination certaine… De puis Paris prendre un TGV jusqu’à Avignon, puis un bus jusqu’à Carpentras et enfin un taxi collectif, le taxi Drôme (belle initiative subventionnée par le Conseil Général). Bref, 8 heures plus tard me voici arrivé pour la soirée d’introduction d’un ADN1+ (Atelier Du Nous), stage-séminaire de 5 jours organisé par l’UDN (Université Du Nous). Nous sommes 24 à avoir convergé des « 4 coins de l’hexagone » vers ce gite perdu dans les champs de lavande pour ce séjour expérientiel autour du « vivre et faire ensemble ». Raconter ce moment est une gageure car il s’agit d’une expérience de vie …
Samedi

Mais il faut d’abord s’installer, parmi les différents hébergements il m’est proposé une petite chambre individuelle en mezzanine ; chouette, mon « JE » pourra parfois rentrer dans sa caverne pour se ressourcer quand il sera fatigué du « NOUS ».
C’est déjà l’heure du premier repas, l’occasion de rencontrer Josette, la propriétaire du gite, également agricultrice bio et maire de sa commune. Elle nous fera donc à manger midi et soir, bio et végétarien. Et quoi de mieux qu’une soupe au pistou pour planter le décor ?
Dimanche

Le réveil « sensoriel » se fait au champ. Quelle plaisir de se doucher aux rayons de soleil, de caresser « les poils de la Terre », d’ouvrir grands ses oreilles et son esprit pour redécouvrir les bruits de la nature, de la vie alentour, de son corps.
Ce sera ensuite une journée TAO : un jeu de plateau qui génère empathie et écoute et permet de se rencontrer de façon authentique. Plus de 3 heures de mise à nu progressive où chacun va avancer dans sa quête grâce à l’aide bienveillante des autres joueurs sous la houlette d’un TAO animateur qui évitera qu’on ne joue à « touche psy psy ». Attention ça remue la pulpe, les émotions sont fortes pour peu qu’on arrive à lâcher prise. 
Après dîner c’est en file indienne, les yeux fermés et au son du tambour que nous retournons au champ. La nuit tombe, des lampions solaires balisent l’espace dans lequel nous allons évoluer. D’autres spots et guirlandes lumineuses illuminent notre dancing pastoral à ciel ouvert. Au loin la montagne s’endort … nous allons nous réveiller ! Guidés par Samuel et au son de sa playlist nous allons reprendre progressivement possession de notre corps, lui faire exprimer sentiments et animalité, seul ou en groupe jusqu’à une quasi transe avec les étoiles pour enfin redescendre vers une félicité apaisée. Oui, les mots sont dérisoires pour retranscrire ce moment.
Lundi

C’est à reculons (au sens propre) que nous partons ce matin pour notre séance « corpo-senso ». L’accessoire du jour : un morceau de bambou. Symbole du lien qui peut nous unir, nous opposer, nous séparer, nous magnifier, … Incroyable comme un exercice avec un simple morceau de bois peut illustrer la façon de faire les choses POUR, CONTRE, SANS … et surtout AVEC les autres. Nous repartirons « comme une volée d’étourneaux ».
Nous nous réunissons alors en cercle qui est une « technique » de concertation. Chacun ira accrocher à l’anneau central un lien, symbole de ce NOUS qui se crée, et exprimera sa « météo » intérieure (joie, envie, peur, …). A nouveau une belle démonstration … si le groupe n’est pas prêt à vous entendre vous aurez beau tirer sur votre corde … tout vient à point qui sait attendre. 
C’est maintenant l’heure des élections … sans candidat. En voilà une idée originale et démocratique. Chacun va tout d’abord proposer son candidat idéal … en justifiant son choix. Les vieux réflexes de contrôle et du jeu de pouvoir se font encore sentir (et je ne fus pas le dernier à en jouer) mais petit à petit tout le monde se rend à l’évidence que ce « système » va nous amener à choisir non pas la meilleure personne … qui n’existe pas mais la bonne personne. 
Mardi-Jeudi

Et s'enchaîneront ainsi pendant 5 journées une alternance justement dosée de théorie expérientielle, temps sensoriels et moments de convivialité.
Je me souviens de la Gestion Par Consentement, outil de prise de décision basé non pas sur la majorité mais sur l’absence d’objection. L’objection est alors considérée comme un cadeau faite au groupe pour magnifier son projet.
Je me souviens de cette soirée cabaret où, sans répétition et avec souvent moins d’une heure de création, nous avons produit un spectacle de qualité grâce à l’énergie du « Nous symbiotique » et de notre confiance mutuelle.
Je me souviens des Sou-rire(s) et Mwazatwa(s), petits papiers offerts ou reçus, pour signifier le bon moment partagé ou une qualité reconnue chez l’autre.
Je me souviens de l’extravagance courageuse et révolutionnaire des organisateurs de proposer la « participation consciente » où chacun va en conscience, rémunérer sa participation à la formation.
Je me souviens du Yoga du rire qui clôture le séminaire où nous étions des ours se grattant le dos et enfin des stagiaires allongés en étoile qui se souviennent de cette semaine inoubliable et du chemin parcouru…
Déconnecté de son expérience ce récit et ses anecdotes pourront faire sourire … ce n’est pourtant pas le doigt qu’il faut regarder mais la direction de cette utopie. Au-delà de cet Atelier, l’Université du Nous porte une vision politique et philosophique qui m’emballe : retournons la pyramide Top Down, développons une gouvernance bienveillante, croyons en l’intelligence collective de nos riches individualités et ceci aussi bien dans notre sphère personnelle, citoyenne que professionnelle.

25 juillet 2013

High School Woofing in California

Après avoir traversé la baie de San Francisco sur l’eau (Golden Gate Ferry) puis sous l’eau (Bart - RER local) me voici arrivé à Oakland. En venant de San Francisco, arriver à Oakland (notamment le bas de la ville) c’est un peu comme passer des Champs-Elysees à Barbés. Trente minutes de marche me permettent de sentir un peu la ville. It’s a high way to the top, comme disait ACDC, la maison de Patrick jouxte le réservoir de la ville sur ses lointaines hauteurs.
Pat conclut une semaine de vacances avec son père et nous partons célébrer son départ le lendemain dans un pub irlandais de Berkeley. C’est scène ouverte ce soir, plus de 25 musiciens enchainent les solos ou les morceaux collectifs de vieilles chansons irlandaises tandis que je me délecte d’un Garden Burger et d’une bière locale.
Après une nuit réparatrice et un petit déj pantagruelique (omelette, melon, cassis, toast, ..) nous partons en voiture à Concord (30 minutes avec Grateful Dead à fond dans les HP ça passe vite !) où se trouve le lycée professionnel (Mt Diablo High School) dans lequel Patrick enseigne les sciences de l’environnement et gère le jardin pédagogique dans lequel nous allons travailler. 
Le jardin d’une dizaine de planches de 10 mètres de long accueille ces temps-ci des cultures de tomates variées, courgettes, poivrons, haricots, pommes, poires, oranges et citrons et des fleurs notamment des rosiers. Ce jardin va bientôt doubler de surface mais les travaux sont encore en cours.
Ce lycée est fréquenté par 1500 élèves de classe populaire et de forte diversité. Il est à 95 % autonome en énergie solaire. 

Nous passerons ainsi deux jours à remettre le jardin en état avec Patrick, stakhanoviste de la binette ;) : nettoyage des tomates, amendement des sols (avec le compost des déchets de la cuisine de l’établissement mais aussi avec du compost de fientes de poules ), désherbage, pose de nouveaux tuyaux d’irrigation (bien sur ici les cultures sont irriguées, bizarrement il ne veut pas pailler ...alors que ceci permettrait de limiter l’évaporation vu les chaleurs locales ...).
Bref, une courte immersion dans un processus pédagogique intéressant (environnement, cuisine et santé sont au centre d'un programme HEAL : Healthy Eating Active Living) sans parler de la richesse du temps de partage et de rencontres avec un californien de coeur et ses proches. 

23 juillet 2013

On the road ... again

Cela faisait bien 20 ans que je n'avais plus fait d'auto-stop. Un peu contraint par la situation je me suis remis en selle cet été à Pescadero (Californie). Il semblerait que ce soit comme le vélo car il est 7 heures du mat et je monte déjà dans la voiture d’une jeune hippie. Sa voiture est sa maison semble-t-il . Un joyeux bordel y régne mais on ceci n’empêche pas la belle de s’être joliment apprêtée ni qu’elle ait du savoir vivre. Elle me sert un verre de la théière qu’elle tient entre les jambes ;) et me propose un cookie qu’elle a préparé la veille. Malheureusement elle ne peut m’amener que jusqu’à la Highway 1 qu’elle va prendre en sens opposé du mien. Me voici seul à un carrefour dans la brume du petit matin de l’océan pacifique. 
Je sors mon couvercle de boite de pizza et y note en gros au marqueur «Golden Gate Bridge», ma destination intermédiaire et c’est parti. Quelques minutes plus tard un restaurateur me prend à son bord. D’habitude il ne prend pas d’auto-stoppeurs mais mon chapeau lui a donné confiance … même s’il a remarqué avec un peu d'inquiétude le couteau à mon ceinturon ;( - l’erreur du faux-débutant. Il est dans la restauration et nous parlons ferme, terre, nourriture. Il me laissera à l’entrée de Pacifica à un spot qu’il pense efficace.
Tout juste le temps de ressortir mon panneau que me voici avec un russe immigré qui part au boulot à Oakland. Je fais le malin en bredouillant une phrase en russe, il me propose un soda et déjà il me laisse dans les faubourgs de The City en faisant un détour pour me déposer à un lieu tip-top pour l’auto-stop. M’étant habitué à des attentes de seulement quelques minutes je trouve cette fois que mon attente est longue (5 minutes) alors je sors l’arme secrète du froggie, je rajoute sur mon panneau la mention « French Hitch-Hiker ». Va savoir Charles si c’est ça qui a fait s’arrêter Michael presque instantanément ? … Mickael, un black imposant et jovial est plombier pour le service des eaux de San Francisco, il part en vacances dans le Nord de la Californie. Sa femme infirmière l’y rejoindra un peu plus tard ce soir. Nous faisons un crochet et un arrêt de quelques minutes chez sa mère. On discute à bâtons rompus, on ne s’ennuie pas avec Michael Broussard (comme le commissaire … il est cajun d’origine). 
Arrivé à San Rafaêl je recommence à faire du stop, un asiatique veut me donner 2 dollars pour que je prenne le bus, je lui explique que je ne fais pas du stop par manque d’argent - c’est vrai qu’un bus fait cette dernière liaison - mais je suis grisé par ces trois premières rencontres. Et j’ai bien fait ! Je monte alors avec Brian et Stacy, respectivement chef d’un restaurant de SF et photographe culinaire. Arrivés à Fairfax, Stacy me fait visiter son potager urbain luxuriant tandis que Brian me prépare une petite boite avec un échantillon de leur production (œufs, courgettes, basilic, concombre, poivrons, piments, pommes, ...) que je transformerai en succulente omelette  dés mon arrivée à la maison. 
J’ai retrouvé exactement les mêmes impressions (de liberté mais aussi de doute) et la richesse des rencontres des expériences d’auto-stop de ma jeunesse notamment lors de ce fameux trajet du Cantal aux Landes. Souvenirs, souvenirs …  Alors que je n'avais pas vu (ou regardé ?) d'auto-stoppeurs depuis 2 semaines que je conduis aux Etats-Unis, aujourd'hui j'ai rendu la pareille à une vieille baba cool et un musicien.

22 juillet 2013

La ferme de Marie

Cet été je profite d'un séjour en Californie pour ajouter une expérience "internationale" à celles de mes wwoofings en France.
Quand mes enfants m’ont laissé à Marie’s Farm, à quelques kilomètres de Pescadéro à une centaine de kilomètres au sud de San Fransisco j’ai lu dans leur yeux … comme une inquiétude. Avec le recul je peux les comprendre, nous avions été accueillis par un mec au regard hagard devant une sorte de dortoir ouvert aux quatre vents devant lequel semblait dormir à même le sol dans la poussière un autre personnage. 
J’ai vite rencontré le maître des lieux, Lance Storm, Captain Storm pour les intimes. Il semble avoir peu de temps à m’accorder car il teste dans sa grange un élément de son moteur Free Energy. Assez rapidement il me demande si je crois aux Aliens … ma réponse négative le surprend. Je le laisse à ses expérimentations et je pars découvrir le domaine.
Une pépite potentielle pour faire la permaculture : des sols qui semblent de bonne qualité, une source à disposition avec d’énormes réservoirs, des terrains bordés par une forêt, du matériel agricole en tous genres … mais on peut considérer que le lieu est à l’abandon (des plants de tomate cerise ont été oubliés en plein champs et sont en train de crever, les nombreuses poules ne pondent plus mais par contre viennent manger le peu de légumes qui ont été plantés, les champs semblent peu cultivés). Un lieu un peu fantomatique qui néanmoins respire une certaine poésie avec pour totem cet immense arbre majestueux à l’entrée du domaine, cette collection de vieux pick-ups d’un autre temps et ces deux sculptures métalliques de mammouths et dinosaures en plein champs. 
Les bâtiments sont à l’avenant. Le dortoir est infâme mais j’ai la chance de bénéficier du luxe suprême : un matelas. La pièce à vivre est du même acabit, vaisselle sale et nourriture traînent un peu partout. Un bébé chèvre se prélasse sur un vieux tapis et deux autres … participants Ocean et Soul ont l’air tout aussi réveillés que les autres déjà rencontrés et se morfondent dans de vieux fauteuils défoncés.
Captain Storm est de retour et me propose d’écouter le Ministre de la Défense du Canada avouer que les Aliens existent. Sur ces entrefaits je rencontre dans la cuisine (au feu de bois avec récupération de chaleur pour la douche) deux français peu polyglottes qui me racontent leur surprise et déception à leur arrivée dans les lieux mais qu'ils sont restés scotchés là faute d’argent et d’énergie pour repartir en quête d’un autre lieu. Ils me confirment que la réalité de cette ferme ne correspond pas à celle présentée sur le site WWOOF USA. 
Nous partons tous néanmoins, en cette fin de journée, replanter une rangée de mini-plants de salades, haricots, oignons, concombre, … à un rythme … plus que tranquille. 
Après m’être sustenté d’une salade maison et de quinoa cuit au feu de bois, les deux autres froggies me propose …un verre de Ricard de la bouteille qu’ils ont amenée de France. Ce petit verre me ragaillardi comme le pop corn que l’on fera exploser sur le piano. Mais ma décision est prise, je repars demain matin à la première heure en stop, une aventure dans l’aventure qui m’aura apporté humainement bien plus que cette erreur de casting. 
Bref, je suis bien évidemment déçu. Je me suis demandé un moment si je n’aurais pas du donner un peu de temps au temps ou si je n’avais pas échoué dans  le lâcher prise que je vante si souvent, … Mes expériences françaises de wwoofing me font penser qu’on était quand même ici dans la 3ème dimension ;(

01 juin 2013

Merci monsieur le professeur

Enseigner le développement durable dans une école de commerce n'est pas toujours une sinécure tant ce nouveau paradigme est parfois éloigné des fondamentaux et valeurs des étudiants de ces établissements ... dont je suis par ailleurs issu, ce qui me donne un certain recul et une légitimité pour secouer le cocotier. 
Certains élèves expriment même vertement leur inconfort devant la présentation des limites de l'équation du système actuel et la proposition d'un nouveau système de référence qui leur paraît souvent "révolutionnaire". Cette année l'un d'eux a été jusqu'à me reprocher de faire du "lavage de cerveau" ... Difficile de leur faire lâcher prise. Bref du débat il y en a et il en faut. Néanmoins parfois l'épuisement et le découragement me guettent mais il y a toujours ce moment magique et délicieux où un étudiant vient me voir, parfois discrètement, à la fin du cours pour me redonner l'énergie et l'enthousiasme de repartir ... au combat. A l'instar de ce mail, plein d'humour et d'humilité, reçu il y a quelques jours.
Bonjour monsieur,
J'espère que vous allez bien. Je voulais vous remercier, même si je roule en Porsche, que j'habite dans un Château, que je suis contre le mariage pour tous et que je suis capitaliste de droite, pour votre cours et pour les exposés. Blague à part, nous avons eu des désaccords mais en partie grâce à vous j'ai découvert l'entrepreneuriat social qui m’intéresse vraiment et qui est maintenant le sujet de mon mémoire !
Merci.
Merci, Louis, pour ce retour qui m'a donné du baume au cœur ;-)
A lire un autre billet de la même veine publié en 2009 intitulé Mouiller la chemise

31 mai 2013

Polluting Paradise

Il y a plus de 20 ans, à l’occasion d’un voyage aux confins du Nord-Est de la Turquie j’avais découvert le port de Trabzon, Carthage turque au bord de la mer noire et à la frontière de la Géorgie. J’ai le souvenir, à peine sorti des faubourgs de la ville, d’une nature luxuriante et de paysages d’une beauté rare.
C’est cet environnement et le bonheur de vivre des habitants de Çamburnu que des fonctionnaires sans cœur et des ingénieurs imbus de leur soit disant savoir vont anéantir en construisant une décharge au mépris des règles d’urbanisme et tout simplement du bon sens.
L’administration locale a choisi de sacrifier ce petit village pour traiter les déchets de la région. Quel cynisme que d’entendre le gouverneur estimer que les pollutions du site sont un moindre mal plutôt que de retrouver ces déchets dans la mer … L’humain est ici une variable d’ajustement … les habitants des régions de Tchernobyl ou de Fukushima connaissent la chanson. 
Le mythe prométhéen en prend pour son grade … la goutte qui fera déborder le vase au propre comme au figuré est celle de la pluie. Les experts qui ont pensé le trou de cette décharge ont simplement oublié qu’il pleut et pas qu’un peu dans cette région … Heureusement que le ridicule ne tue pas … seule réponse à la puanteur : la vaporisation de parfum en plein air !
Mais le peuple de Çamburnu ne se résigne pas à vivre dans ce cloaque et ose se rebeller. Le maire conteste la légalité du projet, le photographe du village grave dans le marbre de sa pellicule les étapes de cette catastrophe annoncée, les habitants manifestent et tentent de faire valoir leurs droits. Avec peut-être plus de courage que les autres, une femme, planteuse de thé, osera porter la contradiction au gouverneur, mais en vain.
Fatih Akin, réalisateur de Polluting Paradise, retrace dans son film 6 années de lutte et témoigne de cette catastrophe annoncée … et réalisée (odeurs, débordements et rejets toxiques dans la rivière comme dans les champs, …). Au-delà de son intérêt documentaire, la beauté des paysages et des âmes des opposants au projet donne à ce film une poésie rare.

15 avril 2013

Portraits d'humanités

Depuis presque trois ans je vais régulièrement à Lannion pour rencontrer des salariés handicapés d’Emeraude ID et écrire leur portait. A l’occasion des 30 ans de cette association j’y retournais la semaine dernière pour une salve de 8 portraits complémentaires.
Je reviens plein d’émotion tant ces personnes m’ouvrent leur intimité souvent ponctuée d’un accident de la vie.
Je reviens riche de leur humanité dont manquent tellement souvent cruellement les soit disant personnes « normales ».
Je reviens grandi et enrichi d’un regard magnifié sur la différence.
Gilles, Chantal, Philippe, Céline, Grégory, Yvon,  … vous avez tous désormais une petite place dans mon cœur et peut-être encore plus toi Daniel qui nous a quitté depuis notre rencontre en 2010.

22 février 2013

Permaculture au Mas des Agrions

La nuit est déjà tombée lorsque j’arrive au Mas des Agrions entre Montpellier et Clermont-l’Hérault. Une nuit sous la tente plus tard, réveillé au chant du coq à 5h30 et ragaillardi par la douche solaire … qui a encore peu vu le soleil et me voici fin prêt pour démarrer un PDC … entendez Permaculture Design Course (en français un CCP - Cours Certifié de Permaculture) de 13 jours. 
J’ai en fait rejoint un collectif de Montpellierains qui s’est lancé le défi d’organiser son PDC il y a quelques mois. Ils ont pour ce faire trouvé un formateur titulaire du Diplôme de Permaculture Appliquée, Andy Darlington, et notre hôte Phil, qui s’est installé il y a quelques mois dans une propriété qu’il souhaite aménager, ce sera notre cas pratique pour la création du «design» en fin de stage. 
Andy est tombé dans la permaculture en 1985. A la fin des années 80, il quitte la physique planétaire et spatiale dont il est diplômé et la perfide Albion dont il est citoyen pour s’installer en France dans l’Aude et conduit depuis lors un élevage ovin en bio et un verger. Avec sa femme Jessie, ils conçoivent également des «paysages comestibles». 
Mais revenons à nos moutons. Quelques volontaires sont déjà venus sur site les jours précédant pour construire l’infrastructure nécessaire pour accueillir le groupe : quatre toilettes sèches  deux douches solaires, une cuisine d’été, un réfectoire, … 
Nous sommes une vingtaine de participants d’age et d’origine très différents (du prof de chimie à la commerciale en informatique en passant par l’étudiante en ethnologie). Notre groupe va ainsi passer 13 jours en autonomie ... et en dehors du temps. 
Pas question de farniente, les vacances sont studieuses : les cours théoriques d’Andy (72 heures sur le climat, la topographie, l’eau, la forêt, les sols, les systèmes animaliers, l’énergie,..) alterneront avec des ateliers pratiques (greffe d’arbres, jardin au naturel, phyto-épuration,…) parfois animés par des professionnels du cru. Quelle noblesse que celle du cheval lors de la démonstration de traction animale ! Quelle joie et quelle communion de mettre pieds et mains dans l’argile pour construire collectivement un four à bois ! Quelle curiosité enfantine pendant nos deux sorties botanique et entomologique ! Sans parler des projections de films ou des conférences du soir (maison bioclimatique, revenu minimum d’existence, agriculture paysanne au Nicaragua, …). 
Les repas sont des moments de respiration et de convivialité pendant lesquels Thierry et Mathilde, nos cuistots, auront su non seulement nous sustenter mais tout simplement nous régaler d’un festival de saveurs végétariennes et biologiques qui auront eu raison des viandards invétérés. 
Mais il ne reste déjà que quelques jours et le Mas des Agrions est en pleine effervescence : après la théorie, place à la pratique, divisés en 5 sous-groupes nous sommes tous affairés à concevoir le design permaculturel de notre lieu de résidence. Discussions, notes d’intention, crayons de couleurs, calculs, dessins et croquis en tous genres, repérages techniques sur le terrain, bref, il y a de la création dans l’air … parfois même de l’électricité tant tout le monde est impliqué et passionné pour défendre ses propositions. Et c’est dans la nuit précédant la présentation que les derniers finiront leur création à 3h30 du matin ! En se couchant à 23h30 mon groupe aura mis en application à la lettre l’un des principes de la permaculture : le maximum d’effets pour le minimum d’efforts. 
Le lendemain matin nous présenterons collectivement aux autres groupes et au propriétaire des lieux nos créations. Comme à l’école des fans, il n’y a que des gagnants car au-delà de la mise en application des principes de permaculture nous y avons mis tant de cœur… C’est le moment de nous voir remettre de façon solennelle notre Certificat de Design en Permaculture et de sortir de notre bulle pour repartir dans notre réalité quotidienne et tenter de mettre en application la méthode acquise en ré-imaginant nos lieux de vie ruraux comme urbains. Aout 2012.

22 janvier 2013

2013 : un millésime ... humain !


Certains lisent dans le marc de café, d'autres plus pragmatiques et terriens comme moi dans le compost. Mon verdict est sans appel : le millésime 2013 sera ... humain ! Très bonne année à tous.

06 novembre 2012

Mon témoignage d'entrepreneur-salarié d'une Coopérative d'Activités et d'Emploi

En ce Mois de l'Economie Sociale et Solidaire, la Coopérative d'Activités et d'Emploi Port Parallèle dont je suis l'un des entrepreneurs salariés m'a demandé de témoigner dans sa dernière lettre d'information

GH : Pourquoi avez-vous choisi une structure comme la CAE pour développer votre activité économique Et plus particulièrement Port Parallèle ?
JJF : En tant que consultant en développement durable, j'ai fait avant tout un choix de cohérence : je souhaitais être entre accord entre les valeurs que je transmets et mon statut entrepreneurial. Etre ainsi un acteur de l'économie sociale et solidaire est également une fierté et même un acte militant. Par ailleurs la CAE me permet de vivre une aventure collective partagée même si je travaille seul. J'ai choisi Port Parallèle car elle a une taille humaine, son siège est proche de mon domicile et elle avait le développement durable dans ses secteurs privilégiés.

GH : Quels avantages trouvez-vous dans le statut d'entrepreneur salarié ?
JJF  : Tout d'abord clairement cela m'éxonère de nombreuses tâches de gestion qui ne me passionnent pas outre mesure pour un coût qui me paraît juste et solidaire. Ensuite ce statut m'apporte une crédibilité et une caution notamment quand on travaille comme moi avec la commande publique et notamment dans les réponses à des consultations de marchés publics. Enfin ce statut permet une certaine souplesse, j'ai ainsi pu tester la viabilité puis exercer mon nouveau métier de "maître-composteur" qui représente aujourd'hui la moitié de mon activité. Qui sait si ma nouvelle passion de l'apiculture pas ne va également se transformer en une troisième activité professionnelle à Port Parallèle ? ...  Enfin, la formation est une part importante de mes missions, comme je bénéficie du n° de formateur de PP mes formations sont éligibles pour leur financement dans le cadre de la formation continue (DIF par exemple)

GH : Cela fait maintenant plus de 2 ans que vous avez intégré la coopérative, comment envisagez-vous la continuité de votre activité entrepreneuriale ?
JJF  : Je n'ai jamais imaginé ma présence à Port Parallèle comme une étape ou un choix par défaut mais bien comme un statut pérenne et réfléchi. Adepte du "Small is beautiful" je peux travailler seul en indépendant dans des conditions administratives confortables. La seule évolution que j'imagine est celle du sociétariat. 

GH : Que diriez-vous à des porteurs de projets en recherche de statut ? Les inciteriez-vous à intégrer une CAE ? 
JJF  : Je conseille ce statut aux étudiants que je forme ! Pourquoi faire compliqué ou risqué quand on peut faire simple ? Ce statut permet de tester une activité sans coûts fixes sans parler de l'accompagnement et des formations qui peuvent être utiles à des entrepreneurs qui ont des idées et de l'enthousiasme mais pas toujours le "background" nécessaires au succés de l'aventure dans laquelle ils se lancent. Mais ce statut ne fait pas tout ... c'est un écrin, à chacun d'y amener sa perle ;-)
Propos recueillis par Ghislaine Hillion

23 septembre 2012

Somewhere m'a trompé

Pas facile de s'habiller en coton bio, qui plus est quand on est un homme, car l'offre est faible ...alors quand j'ai vu ce petit pull à la coupe sympa en coton bio et en promo sur le site de Somewhere je l'ai commandé derechef.
Lorsque je l'ai reçu j'ai été surpris de ne pas voir mentionné "coton bio" sur l'étiquette du produit ou sur une sur-étiquette pour valoriser cette matière comme c'est souvent le cas.

J'ai donc appelé Somewhere qui m'a rassuré en me disant "ce n'est pas marqué coton bio" mais c'en est - rassurez-vous" ... Mais je n'y peux rien, je n'ai pu me satisfaire de cette déclaration rassurante, j'ai donc demandé à l'opératrice de faire remonter ma quête de la composition originale en "coton bio". Bien m'en a pris puisque quelques jours après on me rappelle en me confirmant que mon doute était bien fondé, qu'on s'excuse et qu'on me propose soit de renvoyer le produit (avec une lettre d'explications car je l'ai déjà porté) soit de le garder en  m'offrant 10 points de fidélités.

Etant donné qu'on obtient 10 euros de réduction avec 300 points, on m'a donc proposé 33 centimes d'euros en réparation de cette publicité mensongère ou tromperie sur la marchandise. Et quid des autres clients à qui on a vendu une vessie pour une lanterne ? ...

16 septembre 2012

Projac condamné pour avoir pété un cable !



Fin juin je découvre cette publicité dans la revue Recyclage Récupération - chacun ses lectures ;-) Comment au 21ème siécle peut-on encore utiliser le corps de la femme ainsi dans une publicité ? Ringard sûrement, non responsable assurément !

L'occasion de tester le module de dépôt de plainte en ligne du Jury de Déontologie de la Publicité. En deux clics et trois mouvements je demande donc le 9 juillet à l'instance arbitrale de l'ARP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) de statuer sur le non respect de règles de déontologie que s'est donnée la profession (en l’occurrence celle de l'Image de la personne humaine*). En effet j'estime que cette publicité est dégradante pour la femme qui est utilisée comme un objet et porte donc atteinte à leur dignité.
J'ai reçu début septembre la décision du JDP qui a statué le 3 août que ma plainte était bien fondée en vertu du non respect des points 1-3 et 2-1 de la doctrine spécifique. Il n'y aucun lien entre l'objet de la publicité et la représentation de la femme, cette instrumentalisation du corps de la femme la réduit donc à la fonction d'objet. CQFD.
Mais force est de constater que ce type de condamnation de pure forme (une condamnation au "name and shame" comme disent les anglais) n'a pas dissuadé, depuis 3 ans que le JDP existe, les annonceurs et leur agences de telles pratiques.
Pour former de nombreux communicants, en poste ou en devenir, à la communication responsable je constate que la notion de greenwashing est désormais connue mais rarement réellement assimilée dans son exigence. Nous sommes par contre encore aux balbutiements de la compréhension de la responsabilité sociétale des messages.

L'Association pour une Communication Responsable, dont je suis adhérent, a plus que jamais du pain sur la planche pour acculturer et réformer notre secteur.


* Les règles déontologiques sont des limites qui encadrent la publicité, au delà des obligations légales. Ces règles fixent des limites précises pour les annonceurs désirant communiquer de manière responsable sur leurs produits.

15 août 2012

Une semaine chez des apiculteurs sans frontières

Je connaissais l’apiculture familiale au travers de la conduite des 4 ruches installées dans le jardin de ma résidence. J’ai suivi en juin dernier une formation d’une semaine à l’apiculture mais j’avais envie de découvrir le quotidien d’une exploitation apicole de plus grande envergure… C’est ainsi que je me retrouve en ce début du mois d’août en gare de Chalon-sur-Saone où Yves Rondelet et son épouse, apiculteurs m’attendent. 
Mes hôtes apiculteurs 
Dans les années 70 un beau-frère offre à Yves une ruche, … la passion lui vient rapidement car 4 ans plus tard il en a déjà 80 et se souvient de cette récolte légendaire de plus de 10 tonnes ! Il en fera une activité complémentaire à son métier de professeur d’histoire géographie (à la retraite aujourd’hui). 
Yves va tomber également sous le charme de l’Afrique …et de son apiculture. Après plus d’une quinzaine de voyages dans différents pays de l’ouest de ce continent il a soutenu en 1996 une thése de doctorat de géographie sur « Le miel de l’Afrique de l’Ouest ». 
C’est aussi en Afrique qu’il a rencontré Pascaline, princesse d’un ancien royaume, qui est devenue son épouse il y a quelques années. Braver les abeilles africaines (plus agressives que les européennes) est d’habitude l’apanage des hommes valeureux, parfois un rite initiatique mais cela n’arrête pas Pascaline. Ils partagent leur vie entre la France et le Burkina Fasso où ils conduisent des ruchers en Bourgogne autour de leur miellerie de Fragnes(71) et Bobo-Dioulasso. Yves est également engagé dans différentes associations faisant la promotion de l’apiculture dans les pays en développement, il est par exemple vice président d’Apiculteurs sans frontières et d’Apiflordev. 
Récolte « commando » 
Mais revenons à nos ruches bourguignonnes. La première après-midi fut une mise en condition champêtre : enruchement d’une colonie d’une ruchette et visite de différents rûchers pour confirmer que la récolte pouvait commencer. 
Le lendemain, finies les visites bucoliques, place au commando de récolte. Après avoir enfilé nos combinaisons et gants, direction le premier rucher. Après une courte période d’observation je trouve ma place dans le trio et chacun alterne enfumage, ouverture de la ruche, soufflage des abeilles et portage des hausses au camion. Nous enchaînons les ruchers et ramenons le premier jour près de 60 hausses. 
Au cours de ma semaine d’immersion j’aurai ainsi l’opportunité de visiter et récolter, dans un rayon d’une trentaine de kilomètres, les différents ruchers de mes hôtes dans lequels sont installées plus de 200 ruches. Yves développe une vision sur un aménagement apicole idéal pour ses protégées. En effet, la plupart de ses ruches sont situées sur des terrains dont il est propriétaire sur lesquels il plante depuis des années moult arbres et plantes mellifères afin d’améliorer la bio-diversité, d’augmenter et d’améliorer la nourriture potentielle de ses avettes. 
Après trois journées de récolte à ce rythme il nous faut penser à extraire le miel. Rendez-vous donc dans la miellerie où nous désoperculons les hausses d’un coup de lame expert et les plaçons dans l’extracteur. Les mains sont plus que collantes mais quel plaisir de se lécher les doigts de ce miel « toutes fleurs » avant de se laver les mains pour passer à la mise en pot. Même si le rythme est rapide, c’est un moment propice à la discussion, une sorte d’arbre à palabres : nous parlons d’apiculture bien sûr mais aussi de nos vies personnelles et de l’Afrique dans laquelle je voyage chaque soir en lisant une partie de la thèse d’Yves et en dégustant la cuisine de Pascaline (bissap, tô, …). 
La semaine est finie, j'emmène dans mes bagages différents pots de miel qui seront mes m adeleines de Proust jusqu'à peut-être une prochaine visite au printemps ?

03 juillet 2012

Ma médiathèque idéale dans Kaizen

Le magazine Kaizen revient sur mon expérience de compost collectif à Paris dans son n° 3 de juillet mais il m'a également demandé de lui proposer ma "Médiatèque idéale" à découvrir ci-dessous : 

Ecouter 
1 / Jean-Louis Murat - CHEYENNE AUTUMN 
Nous avons quelques points communs : auvergnat (d’importation pour moi), teigneux (mais je me soigne) et viscéralement « paysan ». Et un morceau qui m’habite : Déjà deux siècles …89 
2/ Téléphone – Crache ton venin De ma passion du rock et de Téléphone en particulier j’ai gardé l’énergie et la rebellion contre l’ordre établi ou la fatalité. « si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin, c’est la fin … ». 
Lire 
3/ Le Petit Prince 
La bible de l’agnostique que je suis. En fait je suis croyant, je crois en l’homme surtout quand il sait s’occuper aussi bien d’une rose, qu’il est capable d’apprivoiser un renard ou qu’il est sensible à la magie des couchers de soleil . « On ne voit bien qu’avec son cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » … 
4/ Manuel de Transition – Rob Hopkins 
Comment concrétement réinveter l’économie de nos territoires pour qu’ils puissent devenir résilients face à la conjonction du dérèglement climatique (largement popularisé) et du pic pétrolier (moins connu et pourtant si important). Une méthode pragmatique basée sur l’intelligence collective et la joie de vivre. 

5/ L’Homme qui plantait des arbres - Giono et/ou le film d’animation éponyme 
Je l’ai beaucoup offert à des enfants comme un papa offre un train électrique pour se faire plaisir … Un peu déçu d’apprendre que l’histoire n’est pas vraie, ce qui n’enlève rien à sa beauté. J’ai depuis découvert la puissance immense de cet acte de planter un arbre pour aujourd’hui mais surtout pour demain. 
6/ Ecologica – André Gorz 
Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, l’écologie politique est une remise en cause du système capitaliste, consumériste et productiviste. Ce recueil de textes permet d’appréhender l’essence de la réflexion et de la critique sociale de ce philosophe moderne.  
Regarder 
7/ Soleil Vert de Richard Fleischer 
Tout y est : nous sommes en 2021, dérèglement climatique, raréfaction des ressources, inégalités, émeutes de la faim … Espérons que ce long-métrage de science-fiction ne passera pas au rayon documentaire et qu’au soleil vert nous préférerons les légumes bio du jardin … 
8/ Ici Najac à vous la Terre de Jean-Henri Meunier
Un peu dingues mais tellement humains ces habitants de Najac qui résistent, comme un village de gaulois, à la sinistrose et à ce mode de vie qu’on veut nous imposer malgré nous. Comme eux, réveillons-nous et soyons fous ! 
9/ Le Syndrôme du Titanic de Nicolas Hulot 
Ce film n’a pas trouvé son public comme on dit pudiquement, tout comme son inspirateur ses militants dans la primaire écologiste ;-) Pourtant ce film est beau à pleurer dans le constat impitoyable qu’il fait de nos enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Comme lui, « je ne suis pas né écologiste » … 
Kaizen magazine : Quel a été votre dernier, ou quel sera votre prochain petit pas pour tendre vers un monde plus harmonieux, plus équilibré ? 
Je reviens d’une formation en apiculture et repars cet été me former à la permaculture. Désapprendre, apprendre, ré-apprendre, c’est une piqûre d’humilité et d’ouverture d’esprit pour se mettre en mouvement vers une société en transition, résiliente, ré-inventée, plus harmonieuses et plus équilibrée … 

02 juillet 2012

Don't Warré, be happy-culteur !


Le compost est pour moi une boite de pandore … Après avoir initié un compost collectif au pied de mon immeuble à Paris il y a 4 ans, un jardin partagé a pris la suite logique du projet et enfin quelques ruches y ont été installées. Même si l’apiculteur qui conduit notre rucher m’initie progressivement à la pratique à chacune de ses visites, ces dernières sont trop peu fréquentes par rapport à mon appétit d’apprendre. Aussi ai-je décidé de m’inscrire à une formation d’une semaine d’initiation à l’apiculture.
C’est comme cela que je me retrouve en ce lundi de juin au lycée agro-environnemental de Tilloy les Mofflaines dans la banlieue d’Arras (62). Si le lycée est public, ma chambre d’internat est quelque peu monacale, peut-être un signe inconscient des religieux qui ont beaucoup œuvré et écrit sur l’apiculture* ;-) La cloche sonne et nous sommes accueillis par Sébastien, notre formateur. Il enseigne l’apiculture en formation continue et de façon plus générale la biologie dans ce lycée, il est bien entendu apiculteur amateur lui-même sans parler de sa participations aux activités du syndicat et du Groupement de Défense Sanitaire Apicole de la région.
Cette formation va pratiquement être du cours particulier puisque nous ne sommes que 6 stagiaires avec pour le moins des profils très différents, du néophyte complet aux amateurs plus ou moins éclairés et pratiquants qui ont déjà mis un peu la main à la … ruche mais souvent en étant accompagné. Ainsi Fanny est une future maraîchère bio qui souhaite compléter son activité d’un atelier rucher ; Lucien est un soudeur de métier et colombophile de passion, il vient d’acheter un terrain sur lequel traîne une ruche et comme il a lu que la propolis permettait de soigner naturellement les oiseaux … Olivier est employé d’une entreprise qui a installé des ruches sur son patrimoine et enfin Jean-Yves et Sophie enseignent dans le lycée agricole qui organise la formation. Jean-Yves a contracté le virus de cette passion au contact de Sébastien notre formateur notamment à l’occasion d’un voyage humanitaire apicole à Madagascar, Sophie a elle déjà 4 colonies à la maison. Notre objectif commun après cette semaine : pouvoir conduire un rucher en autonomie.
Jour 1 Notre formation alternera théorie chaque matin et pratique l’après-midi. Dés le premier matin on découvrira la biologie de base de nos nouvelles amies : anatomie, cycle évolutif, organisation de la colonie, différentes races, … Le rythme est soutenu, on en oublie la pause et c’est bien tard que nous allons déjeuner où la formation continue dans des discussions informelles et déjà passionnées. Bref, c’est peu dire que les stagiaires sont motivés ! Mais place à  la pratique, après avoir enfilé nos protections et embarqué le matériel, destination un verger où un rucher a été installé pour, au-delà de la récolte de miel, favoriser la pollinisation de ses arbres fruitiers. L’enfumoir allumé préviendra les abeilles que nous arrivons, on dit parfois également qu’il rassure l’apiculteur ;-) Voici enfin le moment magique de l’ouverture de la ruche. Quel envoûtement que le vrombissement de la colonie qui suit le jet de fumée blanche. Après quelques minutes, l’appréhension se maîtrise progressivement, enhardi j’enlève mes gants car comme tout bon jardinier qui veut sentir sa terre, ici toucher et délicatesse des gestes sont importants. Nous mettons des images sur la théorie du matin : de l’œuf au couvain, réserves de pollen et de miel, … Nous nous amusons à prendre en mains les faux bourdons parmi les abeilles. Comme un bon cavalier doit tomber mille fois, un apiculteur se fera piquer de nombreuses fois avant d’atteindre le Graal de saint Warré*. C’est fait, j’enlève le dard, la piqure est presque un baptême initiatique.
Jour 2 Ce matin mon doigt a un peu gonflé mais je suis fier de ma blessure de guerre qui prouve ma bravoure de la veille ;-) Le calendrier apicole est au programme de ce matin. Eh oui conduire un rucher n’est pas une sinécure, les abeilles domestiques demandent suivi et soins tout au long de l’année. Notre enthousiasme et notre curiosité ne sont pas émoussés. Les questions fusent, difficile pour le formateur de contenir toutes les demandes sur des points qu’il est prévu d’aborder dans les jours à venir. L’après-midi dans un autre rucher passe vite et pourtant nous avons ouvert une dizaine de ruches, analysé leur état (bourdonneuse, orpheline), cherché, parfois trouvé et marqué la reine, réintroduit des cellules royales , …  Nous sommes comblés de voir tous ces cas de figure. Pas de piqûre aujourd’hui mais je me suis brûlé le pouce sur l’enfumoir, le métier rentre ! Et comme hier déjà, ce soir je sens la fumée comme si j’avais passé ma journée devant un feu de bois. C’est bien fatigué et des images d’abeilles plein la tête que je vais tomber dans les bras non pas de Morphée mais d’Apis mellifera mellifera.
Jour 3 L’élevage de reines et les règles d’implantation du rucher sont au menu du matin. Nous visitons l’après-midi un nouveau rucher dont certaines ruches sont suspectées de pathologie. Le rapport de visite de la première ruche est parfait, du couvain en masse, du pollen à revendre (nous en récupérons d’ailleurs dans la trappe adhoc), du miel en stock et une grande activité dans laquelle nous repérons quand même la reine qui sera marquée. Les visites des 4 autres ruches déboucheront sur le constat de la présence d’un virus. Comme tout animal l’abeille peut aussi souffrir de maladies. Voici un beau cas d’école un peu en avance sur notre cours sanitaire. Les ruches malades vont être emmenées pour être mis en quarantaine afin d’éviter la contagion. Avec un peu de chance les avettes arriveront à combattre seules la maladie et surviveront car à ce jour point de médicament pour soigner ce mal. Au retour à la miellerie tout notre matériel sera désinfecté au chalumeau, à l’eau de javel, à l’alcool …
Jour 4 Une matinée de bon goût puisqu’il sera question des produits de la ruche. Pollen, gelée royale, propolis et bien évidemment miel. Après avoir abordé la constitution de ces produits, leur récolte, conditionnement et commercialisation nous dégusterons différents miels : du plus local produit sur le site de Tilloye aux plus lointains (un miel de litchie et un autre de framboisier en provenance de Madagascar), du plus solide (un miel de colza) au plus liquide en passant par un crémeux (du Queyras), quelle abnégation que celle de l’élève apiculteur ! L’après-midi se déroulera à la miellerie où nous découvrons le matériel de récolte et de conditionnement (bac de désoperculation, maturateur et extracteur). Comme tous les greniers, celui de la miellerie ne manque pas de ressources. Après avoir passé en revue les nombreux modèles de ruches existant (Dadant, Warré, Langstroth sans parler de quelques antiquités), place à l’atelier bricolage pendant lequel nous filons des cadres puis y fixons des plaques de cire gaufrées en y faisant circuler un courant bas voltage.
Jour 5 Dans cette ultime journée il sera question des différentes pathologies auxquelles peuvent être confrontées les colonies. Sur les 29 agents pathogènes qui agressent nos amies, un seul, le varroa, peut être traité avec un médicament. Mais comme le dit Sébastien, on gère le varroa mais on ne peut l’éradiquer. Loque américaine et européenne, mycose, nosémose et fausse teigne finissent de nous refroidir un peu mais nous comprenons également que mieux nous nous occuperons de nos colonies et plus elles auront la capacité d’y résister. Avant de se quitter pour aller mettre en application notre apprentissage nous irons enrucher 2 colonies et disperser les habitantes d’une ruche bourdonneuse.
Une semaine riche en émotions et sensations. La découverte d’une organisation sociale et d’une intelligence collective dont nous avons sûrement à apprendre … mais aussi celle d’un animal aussi mystérieux qu’attirant que Michelet qualifiait de « pontife ailé de l’hymen des fleurs ».
*L’abbé Warré a écrit le traité « L’apiculture pour tous » et a donné son nom à un type de ruche encore appelée « ruche populaire ». Frère Adam a créé une race hybride la Buckfast.
nb : je vous recommande ce livre qui vient de sortir : «Une vie pour les abeilles», un échange entre Henri Clément, apiculteur cévenol et porte parlole de l’Union Nationale de l’apiculture française, et le journaliste Philippe Bertrand.
Photo 1 Copyright Anne-Lore Mesnage 

05 juin 2012

Mettre les mains dans ... le compost

Tel un Clark Kent enfilant son costume de super héros ;-) , JJ & DD se transforme parfois en Super-Compostory en passant son tablier de Maître-Composteur ...

20 mai 2012

Ma bohème californienne à Fairfax la soutenable


Il y a deux ans, pour les vacances d’été, au hasard d'un échange d'appartement je découvre et vis quelques semaines à Fairfax, bourgade de 7 500 habitants située dans la baie de San Fransisco, dans le Marin County : un modèle d’écologie au quotidien.
Article écrit en Aout 2010 - réactualisé en 2012
Ma maire est verte 
En 2003, Fairfax fut la quatrième municipalité dans l’histoire des Etats-unis à basculer dans le « vert » avec une majorité  de représentant du Green Party au conseil municipal dont une femme, Pam Hartwell-Herrero, qui est depuis 2011 le(a) maire de la ville.
Développement à taille humain et respect de l’environnement sont dans les gènes de cette commune paisible rejointe massivement dans les années 60/70 par de nombreux hippies venus de San Fransisco, même si ceux qu’on y croise aujourd’hui sont peu nombreux et ont pris un sacré coup de vieux !  Mais l’esprit est toujours là. La ville interdit par exemple l’implantation de magasins de chaines. Une citoyenne m’a un jour demandé si c’était vrai que Mc Donald’s était maintenant présent en France et à ma réponse positive elle me (nous) conseilla de faire la révolution ! 
La municipalité de Fairfax s’est également battue pour interdire les sacs en plastique dans les commerces locaux, une lutte longue et acharnée car cette décision fut attaquée par le lobby de ses fabricants et fut enfin acquise suite à un référendum en 2009. La Ville s’est également opposée à l’utilisation d’herbicides dans son bassin versant comme à la pulvérisation aérienne de pesticides contre la pyrale de la pomme (LBAM). Pro-active elle a réalisé son bilan carbone dés 2005 et s’est engagée à une réduction de 20 % de ses Gaz à Effet de Serre pour 2050. Elle a aussi fait partie des communes militant pour l’éviction de PG&E (l’EDF local) pour lui préférer sur son territoire Marin Clean Energy un fournisseur local d’énergie renouvelable. Fairfax est également l’une des premières villes du réseau Slowcitta, une déclinaison du Slow Food à l’échelle d’une cité. Enfin à l'été 2011 Fairfax a lancé sa monnaie locale, le Fairbuck (valeur de 3 dollars), acceptée par une trentaine de commerces. La vie démocratique et la concertation y sont fortement développées et la notion de communauté de vie y est importante.
Sustainability Center 
En 1999 deux militantes écologistes locales, Rebekah Collins et Odessa Wolfe, ont créé Sustainable Fairfax, une association d’éducation à l’environnement qui a, depuis 2007, pignon sur rue en face de la Mairie dans la rue principale du village. Ce type de centre pédagogique est encore rare aux Etats-Unis et en tous les cas exceptionnel pour une bourgade de 7 000 âmes ; nos point Info Enérgie font pâle figure en comparaison …
Le Sustainability Center est tout d’abord un lieu de ressources : une bibliothèque (à la mémoire de Rachel Carson – ndlr auteur du Printemps Silencieux récemment réédité en poche) permet d’emprunter différents ouvrages sur l’écologie quand de nombreux prospectus et brochures sur l’éco-responsabilité (eau, agriculture, déchets, énergie, …) sont proposés gratuitement. Dans la cour, à l’arrière du centre, on trouve un jardin pédagogique qui présente différentes techniques de jardinage écologique : compost , récupération d’eau, permaculture, association de plantes, Victory Garden (petits potagers domestiques préconisés par le gouvernement pendant la deuxième guerre mondiale pour être auto-suffisant), …
Mais le Sustainability Center propose également, hors les murs, une multitude d’autres animations pédagogiques : projection de films et documentaires, ateliers (« entretenir sa maison de façon écolo et pas chère » par exemple), conférences et séance de dédicaces, visites de fermes biologiques ou de jardins exemplaire,... L’apothéose annuelle de ce programme a lieu mi juin avec l’Ecofest qui, depuis 2004, propose une projection de film en plein air, des dégustations de vins et bières bio, des stands de nombreuses associations et acteurs de l’économie verte, des concerts et bien évidemment une « parade » haute en couleurs dont sont tant friands les américains.

Bio à tous les étages Fairfax compte un florilège de commerces biologiques. Ah, quel bonheur de ne pas avoir à chercher ou à faire des kilomètres pour trouver un supermarché, un restaurant, un commerce bio ou végétarien : le supermarché alimentaire Good Earth Natural Foods, les glaces Scoop, la bière Iron Springs , l’indien Café Lotus, le végétarien Lydia’s Organics, la boulangerie Fat Angel, même le hamburger ou le hot dog sont bio chez M&G comme les pizzas Mauro, sans oublier l'été le petit marché de petits producteurs. 
Un Scoop glacé et biologique
Le soir et le week-end la file d’attente devant chez Scoop est célèbre à Fairfax. On fait la queue dans la bonne humeur pour déguster une glace artisanale biologique dont le cornet, fait lui aussi maison sous vos yeux, est la cerise sur le gâteau de ce dessert glacé. Lait, fruits et autres ingrédients sont issus de producteurs locaux sont à la base de différents parfums dont les best sellers ont pour nom « Fraise de la baie de Tomales », « Vanille-miel-lavande » ou encore « Canelle-caramel ». On est loin de la multinationale : la boutique fait un mètre de large sur cinq de long et on nous explique que prendre plus de personnel accélérerait peut-être un peu le service mais que la production étant limitée par la taille de la cuisine et le nombre de bacs de présentation (8 : les parfums tournent régulièrement) l’échoppe serait amenée à fermer dans la journée faute de produits à vendre (ce qui arrive néanmoins ponctuellement). 
Marché et supermarchés pour une Bonne Terre 

L’appétance du supermaché Good Earth Natural Foods renvoie l’image de nos supermarchés Biocoop (qui sont pourtant en France les supermarchés bios les plus avancés) à celle des échoppes de l’ére soviétique ! J’ai passé des heures dans ce supermarché à me régaler les yeux et me lécher les babines : il faut reconnaître aux américains un sens certain de la présentation des fruits et légumes. Et le « fait maison » est tout aussi appétissant : bar à salades (les ingrédients changent tous les jours), pains variés, pizzas, jus de fruits et de légumes préparés sous vos yeux, le tout à déguster sous une tonnelle installée devant le magasin. Les fromages sont nombreux et goûteux, le vrac important (la farine n’y est par exemple vendu que dans ce conditionnement), l’étal du boucher (majoritairement du poulet) donnerait des remords à un végétarien fraîchement converti… Ces produits biologiques sont relativement chers mais pas plus qu’en France. Le magasin n’est pas un perdreau de l’année puisqu’il fut le pionnier des magasins bio du Marin County en 1969 ! Même s’il vient de déménager pour s’agrandir, il n’a aucune velléité de devenir une chaîne. Sur le mur extérieur de l’enseigne, une fresque militante, affiche dans un style hippie-kitch-naïf, les valeurs militante de Good Earth (bio, local, sans OGM, …).
Les Farmers Market sont assez répandus en Californie mais celui de Fairfax a la caractéristique de présenter majoritairement des producteurs biologiques du comté. L’étiquette « ground locally » est omniprésente dans la région qui, ne l’oublions pas, est le berceau des locavore. Tout l’été, à l’ombre des pins du Bolinas Park, le mercredi soir, les citoyens de Fairfax viennent bien sûr faire leurs emplettes mais aussi se retrouver. Chacun amène son plaid et va, le temps de quelques heures, dîner sur l’herbe avec le piquenique qu’il a apporté ou un plat acheté aux nombreux traiteurs bio du marché. La communauté partage ainsi un moment de convivialité égayé par des musiciens quand les enfants gambadent dans le parc.
Pinpon, une bière 
Il fait chaud en Californie en ce début d’été. On boirait bien une petite mousse … vous ne mourrez pas de soif car une ambulance vient vous livrer une bière bio, son slogan « Saving lives, one beer at a time ! » (SPB - Société de Protection par la Bière) ! L’Iron Springs est effectivement brassée à Fairfax et le fondateur Mike Altman a transformé une ancienne ambulance en véhicule de livraison en la rebaptisant Am-BREW-lance (jeu de mot : brew = brasser pour ceux qui ne speak pas english) ! Mais ce véhicule est aussi remarquable par son carburant qui n’est autre que l’huile de friture usagée et filtrée du pub du même nom. Les drêches, résidus du brassage, sont par ailleurs utilisées par des fermiers locaux pour nourrir leur bétail.


Oui Fairfax, « The little town that could », petit laboratoire progressiste de la Californie, a un petit goût de paradis pour qui aime vivre bio et écolo au quotidien. Mais néanmoins pas d’angélisme, Fairfax peut encore aller plus loin dans de nombreux domaines à commencer par exemple par celui de la voiture qui reste, même ici, omniprésente et imposante.