06 mai 2009

Famous Humus













Ca fait beaucoup sou-rire ma femme de savoir que je suis médiatisé pour mon initative de compost collectif parisien. J'ai quand même l'impression d'avoir plus réussi ma vie en ayant installé à 44 ans ces 5 bacs à compost que si j'avais enfin acquis une Rolex à 50 !

Ainsi donc à découvrir dans le numéro 45 de mai 2009 de la revue Consom'action des biocoops un joli portrait écrit par sa rédactrice en chef Pascale Solana ainsi qu'un article de Jeanne Beutter (Reporters d'Espoirs) à paraître dans le numéro 373 de Fémina Hebdo en supplément du JDD du 7 juin 2009.

Fort de cette expérience bénévole et de celle de mon activité professionelle de consultant-formateur en développement durable, j'ai décidé de compléter mon offre de services en proposant dorénavant aux collectivités, bailleurs et syndics, une "prestation" d'accompagnement de mise en place de cette gestion locale de traitement des déchets organiques. C'est ma CompoSt'ory ! Plus d'infos ici.
Chemise de chez Idéo, Portrait de Laure Maud - Green is beautiful

24 avril 2009

JJ & DD sur TiViPRO au Salon Planète Durable



11 mars 2009

Semaine du Développement Durable : Le bilan DD de JJ

Pour la quatrième année consécutive je vais dresser ici, à l’occasion de la Semaine du Développement Durable (du 1er au 7 avril 2009), le panorama des nouveaux changements personnels que j’ai mis en œuvre pendant l’année écoulée. Certains pourront penser que JJ est déjà fort avancé quand d’autres trouveront qu’il lui reste du chemin à parcourir … et les deux auront raison mais on aura une vue plus précise de la globalité et de l’évolution de ce voyage en consultant aussi les bilans des années précédentes (Le Bilan DD de JJ 2005/2006 , Mon Almanach Vert-Mots 2006/2007 et Chez JJ, la semaine du DD c'est toute l'année 2007/2008).

La compost'ory de JJ

C’est sûrement le projet personnel dont je suis le plus fier. Depuis juin dernier, j’ai enfin mis en place en plein Paris une opération de compost d’immeuble dans ma résidence. Ce sont aujourd’hui 45 familles qui détournent leurs déchets organiques des poubelles traditionnelles et viennent vider régulièrement leur bio-seau dans 4 composteurs de 600 litres installés dans un espace vert de la résidence. Le premier compost arrive à maturité ces jours-ci et sera utilisé comme amendement pour faire pousser quelques fleurs et légumes avant d'envisager la mise en place d’un véritable jardin collectif.

Les dessous bio de JJ

JJ a adopté cette année des (slips) kangourous en coton bio de chez American Apparel. Il a complété sa collection de chaussettes en fil recyclé made by Muji. Ses Véja commençant à prendre l’eau, JJ s’est payé une paire d’El Naturista , marque espagnole écologique. Pour le reste de sa garde-robe, JJ fait durer ou s’abstient car l’offre en coton bio est toujours bien pauvre pour les hommes, impossible ou presque de trouver par exemple une veste un peu habillée …

JJ (s’) investit

Oserais-je vous dire la frénésie digne d’une fashionista quand j’ai rédigé mon chèque de souscription d’une part de la foncière Terre de Liens qui achète des terres pour les mettre à disposition d’agriculteurs biologiques ! Au-delà des modestes dons que je peux faire comme nombreux aux associations que je soutiens (dernièrement à BIOconsom’acteurs et au micro-crédit du projet "chèvres" de Pacha ), je crois peut-être encore plus en la valeur de l’action fut-elle simple comme celle des moments de convivialité que j’aime organiser à l’instar de cette première édition d’une animation de Noël dans mon immeuble avec orgue de barbarie et vin chaud ...bio, ce qui a créé du lien.

JJ le négawatt

Quand certaines achetait des pulls avec les économies réalisées sur leur lessive, JJ a profité des siennes en matière de consommation électrique (-40 % par rapport à il y a 3 ans soit – 150 € d’économies par an) pour changer son frigo vieux de 20 ans pour un modèle A+ (le frigo étant l’un des plus gros postes de consommation électrique dans un logement). JJ attend fébrilement sa prochaine facture annuelle pour voir s’il a encore créé non pas du PIB mais des Négawatts . Précision aux esprits chagrins : JJ ne vit pas en ermite dans une caverne mais dans un appartement parisien pas plus qu'il ne vit dans le noir ou ne s’éclaire à la bougie.

JJ mange pour vivre et non l’inverse

Il y a 4 ans les produits biologiques que j’achetais se résumaient au lait et aux œufs, aujourd’hui 75 % de mes achats alimentaires sont labellisés AB. Dans ce domaine, l’offre crée la demande et l’ouverture d’une Biocoop à 300 m de mon domicile a favorisé cette montée en puissance d’autant que dans le même temps les lectures ont fini de me convaincre que "Nous sommes ce que nous mangeons". Je ne suis pas (encore …) végétarien mais quand j’achète de la viande j'ai bien en tête le célèbre schéma des Gae à Effets de Serre dans mon assiette de Jean-Marc Jancovici et je réoriente mes choix en privilégiant par exemple la volaille et le porc. Au grand étonnement de mon poissonnier du marché je ne manque pas, de même, de sortir régulièrement mon guide des poissons en voie de disparition pour sélectionner ma pêche du jour.

JJ Holidays

Cet été la moitié de JJ avait donné comme impératif de vacances estivales d’aller au soleil. Celui de JJ était de minimiser l’empreinte écologique de son déplacement. Ayant apprécié il y a quelques années une semaine en roulotte, le compromis fut donc l’occasion de tester une randonnée avec des ânes batés dans la Montagne Noire du Sud-Ouest que nous avons rejoint en train. C’est aussi en chemin de fer que nous avons visité Rome en ce début d’année, un train de nuit pour l’Italie c’est déjà la Dolce Vita !

La pédago JJ

Un peu comme un papa qui achète un train électrique à son fils alors que c’est pour son propre plus grand plaisir … j’ai emmené mon fiston visiter l’usine de tri et d’incinération du Syctom à Evry. Je m’en suis nourri pour intervenir dans la classe de ma fille pour une formation sur le recyclage et j’ai commandé pour tous les élèves de son école primaire des kits de récupération de piles. Enfin lors de la kermesse j’ai fait venir l’Espace Info Energie du 12ème arrondissement pour animer un jeu de l’oie sur les éco-gestes.

Parce que je suis aussi convaincu qu’on peut mieux comprendre et apprendre en s’amusant j’ai emmené mes petits lous assister à de nombreux films et spectacles tels que Mia et le Migou, Bouille et les taréfoufous , Magic lance son S-EAUX-S , Miss’Terre, Les amis de la débrouille chez cousin crad’eau, … Il faut saluer l’implication et la programmation de qualité de Nature & Découvertes dans ce rôle de pédagogie ludique.

A l’année prochaine pour un nouveau bilan ?

09 mars 2009

Au secours la morale revient !

Combien de fois n’ai-je pas entendu le fameux «mais c’est un retour à la morale !», «halte à la censure !», ... en exposant les principes de la communication responsable aux communicants et publicitaires que je forme.

Mais qu’est-ce que la morale si ce n’est les limites que se donnent collectivement les hommes à une époque donnée sur un sujet donné ? Pendant longtemps ces règles ont souvent été fixées arbitrairement par l’aristocratie ou la religion et ses représentants. Cette pensée n’était ni démocratique ni issue d'une réflexion collective mais imposée, elle en devenait "la faiblesse du cerveau" (Rimbaud). La transgression de cette morale était alors une respiration, un bol de liberté.

Mais aujourd’hui il n’est plus question de bien et de mal au sens judéo-chrétien, nos valeurs sont citoyennes et sociétales. Voilà pourquoi peut-être s'affranchir de cette morale, y compris dans la publicité, n’est plus politiquement correct. Politiquement au sens éthymologique de "qui a trait aux affaires de la cité", car on se moque alors d’une règle implicite qui émane de l’intelligence collective des multiples parties prenantes.

Cette nouvelle morale sociétale est extrèmement puissante. Elle a force de loi bien avant sa traduction en texte réglementaire. Les mutations actuelles de la régulation de la publicité et l'émergence des nouveaux principes de la communication responsable en sont une belle illustration.

24 janvier 2009

Panpan cucul

Les enfants bravent souvent l’interdit jusqu’à ce qu’une petite claque (oui ,je sais, c’est pas bien de frapper les enfants) leur montre la limite à ne pas dépasser. Le publicitaire, c’est bien connu, est un grand enfant. C’est positif quand cela lui donne fraîcheur et candeur, ça l’est moins quand il utilise cette créativité pour contourner la loi.

Prenons le cas de la publicité pour les voitures qui nous ont été présentées pendant longtemps roulant en pleine nature. Les «créas» ont commencé par s’exonérer de la contrainte réglementaire (ndlr : il est interdit de représenter un véhicule en dehors des voies autorisées) en apposant un chaste «tourné à l’étranger» - sous-entendu c’est plus responsable d’aller bousiller la nature des autres …. La manœuvre devenant éculée (sans N), le nouvel artifice a été de ne mettre personne au volant … ben voyons, la voiture s’appelle Immaculée Conception et elle est arrivée toute seule au pied de cette cascade idyllique comme le Petit Jésus, bouh la vilaine !

Le développement durable est devenu tellement tendance qu’il est très tentant pour les communicants d’invoquer un argument écologique même si la réalité est toute autre(augmentation + 300 % des messages utilisant ce levier entre 2006 et 2007).

Même si la réglementation existe, les entreprises sont joueuses et prennent le risque d’être interpellées à posteriori, à défaut d’être sanctionnées. Parfois les entreprises pensent que la fessée sera évitée si le mensonge est «petit». Elles vont ainsi jouer sur les mots, leur ambiguïté, leur double sens et Dieu (qui n’existe pas) sait que la langue française en est riche ! Mais en matière de communication, que le mensonge soit petit ou gros les publicitaires devraient savoir que c’est irresponsable "sinon tu trompes la confiance que tes parents ils ont mis à l'intérieur de toi..." et accessoirement la confiance du consommateur et du citoyen.

C’est ainsi qu’avec un aplomb éhonté le géant du nucléaire Aréva avait choisi dernièrement pour signature «L’énergie au sens propre» ! Sous la pression «sociétale» elle vient de s’engager à suspendre de façon provisoire (renoncer aurait été trop demander ?) son utilisation après néanmoins l’avoir utilisée dans des centaines de milliers d’euros de plan media. Mais ce garnement doit aimer la flagellation : c’est en effet un récidiviste qui avait déjà brillé par son célèbre «Nos énergies ont de l’avenir, un avenir sans CO2» qui lui avait d’ailleurs valu en fin d’année d’obtenir le Prix Pinnochio !

21 janvier 2009

Consubstantiel, toi-même !

Question pour un champion (du greenwashing ?) : "Le développement durable est consubstantiel de l’ADN de mon entreprise" …. Mais de quelle entreprise parlait donc ce directeur de la communication lors de la présentation du rapport d’étape de l’Union des Annonceurs, un an après le lancement de la Charte de la Communication Responsable de ce syndicat professionnel ? Réfléchissons un peu … sûrement d’un très bon élève du DD, un pionnier du bio ou du commerce équitable, un entrepreneur des énergies renouvelables, une coopérative exemplaire de l’économie sociale et solidaire, … Non, de Procter & Gamble, tout simplement !

Crier sa vertitude si fortement quand on est encore si jeune dans sa conduite du changement c’est dénigrer les entreprises pionnières qui ont véritablement pensé ou repensé leur projet d’entreprise par le filtre du développement durable. Avoir lancé une lessive à froid (Ariel Actif à froid) ne doit pas donner ce type d’ailes d’autant que concernant ce produit c’est oublier les impacts non négligeables de ses composants chimiques et que cette initiative sur un seul produit lessiviel cache une forêt de multiples produits dont l’ADN est tout sauf écologique. Pourtant le marché des produits d’entretien et des lessives compte aujourd'hui des acteurs réellement engagés qui se donnent des cahiers des charges drastiques sur toute leur gamme (Ecover, Etamine du Lys, Sonett, ….)

Alors, même si cette charte et ses premières bonnes pratiques associées sont une très bonne chose, il lui manque sûrement un engagement sur la façon dont on parle de son éco-responsabilité à l’instar de la déclaration environnementale encadrée par l’ISO 14021. Que diable, un peu de mesure et une pincée d’humilité ! Rappelons-nous que pour communiquer sur son développement durable il faut faire avant de dire. Qui dit faire dit dépasser les mesures cosmétiques pour agir de façon forte sur tous les impacts majeurs de son activité, pas sur l’accessoire. Et l’on sera bien avisé d’attendre d’avoir fait beaucoup pour communiquer un peu sur ce credo comme de proportionner son plan média aux efforts et aux investissements réalisés.

18 janvier 2009

Mouiller la chemise

Voilà, je viens de terminer une nouvelle journée de formation, une sensibilisation au développement durable et à ses enjeux, et comme à l’habitude, je suis vanné. L’age peut-être ? Ca fait rigoler ma femme quand j’ose parler de cet épuisement post-formation. «T’as travaillé, quoi !». Elle a raison, c’est manquer de respect aux personnes qui triment 8 heures par jour à l’usine, que de se plaindre ainsi.

Mais il faut quand même sacrément mouiller la chemise pour bien jouer cette pièce. J’ai peut-être l’immodestie de penser que cela s’apparente à un numéro d’acteur. Le public change tous les jours … il réplique le bougre ! … et je ne connais pas son texte ! En permanence, il faut ménager la chèvre et le choux, donner envie tout en étant exigeant, n’oublier personne sur le bord du chemin, savoir répondre aux colles et au paradoxes comme savoir reconnaître parfois ne pas savoir. «Vous faites un numéro d’équilibriste» me disait l’autre jour une cliente qui regardait d’un œil amusé les échanges avec ses salariés.

De temps en temps le découragement pointe, quand on a été moins «bon». Mais le réconfort et la félicité aussi comme quand ce soir un élève vient me voir après le cours et me demande de «continuer comme ça» et s’excuse presque du comportement de ses condisciples. Je le remercie et le rassure, le scepticisme n’est pas propre aux étudiants, dans tout corpus qu’on forme, y compris en entreprise, je retrouve toujours le passionné, l’hyper sceptique, le cynique, …. car ce panel est tout simplement le reflet de la société, ni plus, ni moins.

Et puis, il faut qu’il ait du débat, c’est de ces échanges que chacun se nourrira et se forgera son intime conviction. C’est bien parce qu’il faut répondre à tous ces doutes, parfois ces angoisses que c’est épuisant, mais c’est aussi pour cela que ce challenge sans cesse renouvelé est aussi passionnant. Comme aujourd’hui d’arriver à convaincre Quentin que se lever de son lit pour aller éteindre la veille de sa télé ce n’est ni remettre en question son confort ni le plaisir de la vie, alors imaginez la gageure de vendre le facteur 4 et d’expliquer tout le potentiel de créativité et de plaisir du « ré-imaginer le monde » que peut être le développement durable ...

05 janvier 2009

Le siècle des gens ordinaires

Depuis le Sommet de la Terre de Rio, Transparence et Concertation sont les maîtres mots de la bonne gouvernance de la société, des états comme des entreprises. Cette nouvelle(?) façon de prendre les décisions est favorisée par les capacités des technologies de l’information et notamment du Web 2.0, oh combien participatif.

La société civile, le citoyen, le consom’acteur ont ainsi repris la maîtrise de l’information qui est désormais "partagée" . Ces acteurs reprennent de fait le pouvoir de la démocratie jusqu’à parfois remettre en cause ses filtres, ses médiums, ses experts et ses représentants officiels ou aristocratiques : politiques, journalistes ou intellectuels par exemple. La fracture de jugement constatée sur le sujet de la Constitution Européenne en a été une évidente illustration. Plus récemment, le véritable succès du Grenelle estpeut-être d’avoir redonné toute son importance à ces acteurs de terrain, ces "forces vives".

Un chef indien déclarait que "le 21ème siècle serait celui des gens ordinaires". Celle de la démocratie participative, de la vigie citoyenne, de l’intelligence collective ? …

Cette mise en bouche en guise d’introduction de la table ronde "Vigie citoyenne pour une intelligence collective" que j’animerai au Palais du Commerce à Lyon le lundi 19 janvier prochain à l’occasion des 5èmes Assises Nationales du Développement Durable.

12 décembre 2008

Mais qui va garder les enfants ?

J’animais il y a quelques jours une table ronde intitulée «La mixité en entreprise, levier de performance». Bien que convaincu que la parité en entreprise soit l’un des nombreux enjeux du pilier social de l’équilibre vertueux du Développement Durable, j’ai découvert, en préparant mon intervention, une puissance insoupçonnée dans ce questionnement.

J’ai nourri ma réflexion en lisant notamment les études Women Matter 1 et 2 de McKinsey mais surtout en dévorant avec gourmandise le livre de la sociologue Dominique Méda «Le temps des femmes - pour un nouveau partage des rôles». Puissent toutes les Mères Noël mettre prochainement cette petite douceur explosive dans les souliers des pater familias scotchés aux pratiques rétrogrades du 19ème siècle.

Même si les femmes européennes travaillent de plus en plus, l’employabilité des femmes est plus faible de 21 % que celle des hommes, l'écart des salaires reste pathétiquement significatif (près de 15 % de moins) et les femmes ne représentent que 11 % des cadres de direction alors qu’elles représentent 55% des diplômées. Si la modernité d’une société se mesure à la place qu’elle fait à la femme dans le monde du travail nous sommes à l’âge des cavernes (au propre comme au figuré avec cet archétype de l’homme "chasseur" ).

Faisant fi du peu de considération qu’on lui prête pour mieux l’intégrer dans l’entreprise, la femme s’est néanmoins lentement adaptée au modèle et aux codes des hommes en supportant le "double fardeau" de sa double vie, de sa double semaine de travail. Et en en payant souvent aussi le prix quand elle a l’outrecuidance de vouloir "réussir" (54 % des femmes dirigeantes n’ont pas d’enfants vs 29 % hommes, 33 % sont célibataires vs 18 % hommes).

On découvre aujourd’hui que sa présence dans les instances de direction donnerait une plus value de performance à l’entreprise …. Serait-ce sa chance ? Ou son salut viendra-t-il de la pénurie de talents que le défi démographique nous promet ? … comme elles ont remplacé au pied levé les hommes partis au front en leur temps. Non, la femme ne doit pas être une variable d’ajustement.

Plutôt que de trouver à nouveau des stratagèmes pour qu’elle progresse encore dans son adaptabilité au modèle actuel de l’entreprise (on va jusqu’à leur proposer aujourd’hui des programmes de "coaching" pour "cultiver l’ambition" !!), j’ai la conviction que c’est le modèle qu’il faut changer.

Adapter la Société (avec un grand S) et les sociétés (les entreprises) non pas spécifiquement à la femme, mais plus globalement au genre humain, qu’il soit masculin ou féminin. Une adaptation à son rythme, à ses aspirations, à sa nature... J’ai ainsi fait miennes certaines des pistes explorées par Dominique Méda.

L’adaptation majeure passe par une nouvelle répartition des tâches (principalement au sein du couple) et par une nouvelle gestion du temps de l’entreprise.

Dans la juste répartition des tâches, les hommes vont devoir porter une part du fardeau qui pesait souvent exclusivement sur les épaules de leur moitié (des tâches domestiques aux soins et à l’éducation des enfants). Il suffit d’observer les pratiques des jeunes générations pour comprendre que ce tsunami des consciences est en marche.

Mais ceci ne sera possible que si dans le même temps l’entreprise revoit sa notion du temps. En allégeant la « norme de travail » de tous (d’aucuns parlent de 32h ...), en s’adaptant au rythme de ses employés qui ont par ailleurs une vie sociale et parentale - gage de leur équilibre, en favorisant flexibilité et modulation. Terminé le culte de la présence et des réunions nocturnes ! On peut faire confiance à la pression réputationnelle ou à la notation sociétale pour favoriser cette réforme.

Enfin cette mutation doit aussi être accompagnée et facilitée par les pouvoirs publics. En réformant l’éducation qui formate les représentations sociales (de "l’heure des mamans"à l’école primaire au cloisonnement des filières scientifiques), en accélérant la mise en place d’infrastructures de garde à la mesure des énormes besoins (les entreprises peuvent aussi y contribuer), en adaptant la fiscalité ou encore en légiférant plus avant pour la parité car on a vu que la bonne volonté avait ses limites.

Petit message du MNH (Mouvement des Nouveaux Hommes) : Mesdames, aidez-nous dans cette "révolution" en nous laissant une certaine "latitude" dans la façon de réaliser notre part de tâches … et soyez indulgentes, nous savons que nous n’atteindrons jamais votre niveau de perfection ;-)

01 septembre 2008

Un trip sous ACIDD

Je participe cette année à l'Université d'Eté de la Communication pour le Développement Durable organisée au Château de l’Environnement à Buoux les 11 et 12 septembre prochains. Aux participants était demandé une contribution à la question « Quelle perspective à 10 ans pour la communication et développement durable? ». En voici la mienne.

Les communicants ont raté le premier train du DD. Pour rattraper leur retard ils sont tentés de monter dans le premier TGV (Tendance de Grande Vertu) venu sans savoir où il va. Par exemple, vouloir marketer rapidement une offre DD pour les agences ou vouloir très vite communiquer sur son DD pour les annonceurs n’a de sens que si elle est une étape (initiatique et pédagogique) du voyage mais pas sa destination finale.

La communication responsable ne peut se résumer à une niche marketing ou à une opportunité commerciale ; c’est une tendance de fond pérenne et structurelle qui devrait être dans les 10 ans (bien avant, peut-on rêver) un standard, une norme (au sens de la majorité de ses acteurs comme de celle de l’obligation).

Le changement de paradigme du DD va parfois jusqu’à remettre en question les fondements même des métiers et la justification de la communication, c’est vrai. Mais plutôt que de faire l’autruche, levons la tête et profitons de notre long cou pour être visionnaire et ré-inventer notre métier au-delà de seulement l’adapter à la marge, c’est tout le challenge mais aussi le sel des années à venir.

24 juillet 2008

Leur sang n'a fait qu'un Tour

Certains cyclistes du Tour de France seraient dopés ? Journalistes et médias semblent découvrir été après été cette triste réalité : quel marché de dupes ! Ce secret de polichinelle était depuis des lustres aussi mal gardé que celui de la fille cachée de Tonton.

Il y a bien longtemps que je me demande si les mots Sport et Professionnel ne sont pas tout simplement antinomiques. C'est vrai, ça m'arrange : je n'ai jamais excellé dans aucun sport et je ne me jette pas sur l'Equipe le lundi matin. Pour moi, le sport est un plaisir amateur ; la compétition peut lui donner une saveur supplémentaire mais ne peut et ne doit pas en être la seule finalité.

Le Tour est un spectacle, nous dit-on. Soit ! Mais appelons alors un chat un chat, les coureurs sont donc des acteurs dont on s'émerveillera du jeu. On appréciera la mise en scène comme le suspens dans un bon thriller. Dans un match de catch personne ne critique le scénario pré-établi, l'important c'est que le spectacle soit palpitant et qu'il plaise au bon peuple. Mais qu'on ne s'offusque plus de la triche, des petits arrangements entre amis ou des substances que prennent les cyclistes pour pouvoir réaliser leur performance.

Quand TF1 vend du temps de cerveau disponible à Coca-Cola, ASO vend de l'émotion populaire aux sponsors de la caravane. Techniquement, en terme de communication le Tour est une invention de génie. C'est le public qui vient à la rencontre du message publicitaire : c'est vrai qu'il est difficile de résister à une rondelle de saucisson Cochonou, un bob Skoda, un échantillon Fa, un bonbon Haribo (ça sent le vécu, non ?). Des millions de produits et d'emballages jetés à la volée dont moult se perdront dans la nature, mais rassurons-nous Eco-emballages est là, partenaire très cohérent de cette pollution …

A budget équivalent ne vaudrait-il pas mieux "doter" (avec un T) des milliers de clubs amateurs en équipement sportif plutôt que d'investir des dizaines de milliers d’euros comme master partenaire de la grande boucle ?

Nb 1 : je ne cautionne bien évidemment ni le dopage, ni la triche, qui sont tous les deux petits et méprisables.

Nb 2 : j'avais écrit ce billet en août dernier mais je ne l'avais pas publié car il n'était plus d'actualité. Mais le dopage et le Tour de France c'est comme le printemps, il revient chaque année !

27 juin 2008

Les diseurs et les faiseurs

Puisse ce clip rappeler à nos hommes et à nos femmes politiques d'avoir un peu de courage ? ...

«En démocratie la volonté politique est une ressource renouvelable». Al Gore

26 juin 2008

Nous sommes tous des Composteurs

Quand certains pensent à l’Elysée en se rasant, moi je pense au compost en épluchant. Combien de fois ne me suis-je pas dit que c’était bien dommage que mes épluchures (30 % du poids de nos poubelles) finissent dans la poubelle traditionnelle, et donc in fine incinérées, alors qu’elles pourraient être dégradées biologiquement sur place.

Mais c’est vrai qu’en ville, faire du compost est tout de même moins pratique qu’à la campagne où il suffit de faire un tas au fond de son jardin. J’avais ainsi commencé un compost rudimentaire sur mon balcon mais quand le pot aux roses fut découvert par ma femme … je fus prié d’aller faire mes expériences ailleurs !

C’est fort de ces constats, expériences et de quelques recherches que j’ai proposé à l’amicale des locataires de mon immeuble, à mon bailleur l’Opac de Paris (rebaptisée depuis Paris Habitat) et à la Mairie du 12ème arrondissement de Paris de lancer dans ma résidence de 600 logements, qui a la chance de comprendre des espaces verts fournis, une opération expérimentale de «compost collectif d’immeuble» à l’instar de ce qui se fait déjà par exemple avec succès à Rennes depuis 2006.

L’association des locataires fut partante dès le premier jour. L’OPAC de Paris, fut un peu sourd d’oreille au départ de la sollicitation, ce qui me surpris d’autant plus qu’il avait lancé en grande pompe une charte développement durable qui prévoyait ce type de réalisation …mais la Mairie du 12ème fut un entremetteur efficace et nous voici enfin, après un an de gestation (définition du cahier des charges, validation des conditions, recrutement des volontaires, obtention du financement - entièrement pris en charge par l’Opac devenu un véritable partenaire moteur du projet ! – à sa réalisation concrète.

Hier, c’était donc le grand soir ! Après avoir quelque peu sué pour bêcher l’espace qui allait accueillir les composteurs, ces derniers étaient installés et vint l’heure tant attendue de la distribution du matériel et de la formation des 30 volontaires.

C’est peu dire que cette réunion de formation in situ fut aussi un moment de convivialité. Nous avons fait connaissance entre nous et de nouveaux amis nous ont été présentés (larves de coccinelles, scarabés, …). Les enfants se sont fait un jeu d’aller récupérer des déchets secs (feuilles, brindilles, …) dans le jardin pour tapisser le fond de nos containers avant sa première utilisation. Et surtout nous nous sommes déjà promis de nous réunir en septembre autour de nos composteurs pour partager nos expériences … et un verre (pas de terre celui-là).

J’ai cru comprendre que dés leur repas du soir terminé certains n’avaient pu attendre et ont couru y amener leur premiers déchets organiques ; aujourd’hui dès potron minet j’ai croisé une autre volontaire qui amenait, elle, des fleurs fanées, … Et depuis ce matin, la rumeur enfle et j’ai déjà distribué 5 bio-seaux bio-seaux à de nouveaux « Composteurs du 107 » ! … On prête au compost des vertus de fertilisation du sol … peut-être aussi de lien social.

03 mai 2008

Un taureau qui me met les Red Bulls !

Imaginerait-on la célèbre marque Ricard remplacer l'anis de son pastaga par du fenouil tout en gardant le même nom ? C'est pourtant ce type de mystification que s'est autorisée la marque de boisson énergisante Red Bull pour pouvoir pénétrer le marché Français que lui interdisait jusqu'ici l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) pour la présence de taurine dans son breuvage.

Pour passer les fourches caudines de la réglementation Française la marque Autrichienne avait tout simplement remplacé le produit interdit par de l'arginine ... mais sans changer le nom du produit ! Bel exemple de comportement citoyen d'entreprise, étrange notion de loyauté et d'objectivité de communication responsable et superbe respect du consommateur ! L'AFSSA rappelle d'ailleurs dans un avis que "l'utilisation du même nom pour deux produits différents dont l'un est encore interdit en France est de nature à confondre le consommateur."

On ne connaît malheureusement que trop l'hypocrisie du contournement des lois ou des règlements en citant par exemple les publicités automobiles qui se sont longtemps autorisées la représentation de comportements interdits (4X4 en dehors des routes, pas de port de ceintures, vitesse excessive, ...) en apposant la chaste mention "tourné à l'étranger".

Le lancement publicitaire de la potion autrichienne avait été à l'image de ce mépris du citoyen. L'opération de "street marketing" consistant à faire envahir et donc bloquer la circulation de la place de l'Etoile à Paris par une centaine de véhicules publicitaires (des Mini Coopers desquelles dépassaient une énorme boîte de RB comme dans une bonne vieille caravane du Tour de France) illustre bien les limites de l'utilisation de l'espace public à des fins privées et on comprend pourquoi les consommateurs sont de plus en plus réfractaires à de telles pollutions visuelles subies dans leur espace collectif de vie. Dernier élément de la "guérilla marketing" mise en place fut le saut, non autorisé bien évidemment, depuis les hauteurs de la Tour Eiffel d'un homme sandwich, pardon d'un homme canette, immédiatement arrêté par la Police dès son atterrissage, ce qui avait également été anticipé pour participer au buzz médiatique.

La campagne de publicité presse associée à ce lancement de produit restera sûrement longtemps pour moi une énigme ... j'hésite entre masturbation intellectuelle (mais vu le nombre de pleines pages quadri, ça fait cher la pignolade !) et inconscience.

Au-delà des slogans aux relents poujadistes "la potion magique rentre en gaule, "enfin le coq gaulois obtient les ailes qu'il mérite", "permis de séjour octroyé à Red Bull" il y avait sûrement du deuxième degré, certainement du lobbying et peut-être même de l'humour dans ces créations mais impossible de comprendre le sens et l'essence du slogan du premier des visuels diffusés (voir illustration : "nous demandons à l'honorable académie de bien vouloir nous apprendre le bon usage de la langue française") et de la logorrhée du texte qui suivait...

Je pensais être sauvé de mon incurie en composant le N° Vert®, qui était mis à disposition "pour tout renseignement complémentaire". J'ai bien sûr testé le 0800 915840... mais la salariée du distributeur français qui m'a répondu n'avait semble-t-il pas non plus était mise dans la confidence ... Ceci doit par ailleurs nous rappeler que la transparence et la relation client c'est un peu plus compliqué que de seulement mettre en place un numéro de téléphone.

Ce vendredi 16 mai, coup de théâtre ! La commercialisation du Red Bull dans sa formulation d'origine à la taurine est autorisée après un "accord" conclu entre la ministre de l'Economie et le PDG de Red Bull ... Ce n'est pas malheureusement pas la première fois qu'un avis sanitaire est sacrifié sur l'autel du business ...

Mais pourquoi tant de haine ? Si j'en crois le site international de Red Bull ce produit semble pourtant répondre aux aspirations et goûts de l'humanité entière : il est en effet Halal, Casher, sans gluten, sans produits laitiers, convient aux végétaliens et on peut aussi se rassurer en apprenant que la taurine n'est pas fabriquée comme on pourrait le penser à partir des couilles de taureau mais de façon totalement chimique et synthétique ! A vous donner des ailes, non ? ...

24 avril 2008

Formation : l'ABC du DD

J’ai fait le constat qu’il n’existe pas (ou très peu) de formations proposant, en une simple demi-journée, de démythifier le Développement Durable et d’en expliquer simplement les enjeux.

C’est pourquoi j’ai décidé de programmer dorénavant régulièrement ce rendez-vous qui s’adresse à tout salarié d’entreprise, toutes fonctions et métiers confondus (dans le cadre de la formation professionnelle, du DIF, …). La diversité du vécu des participants fera aussi le sel et la singularité de ces rencontres.

Nous aborderons bien évidemment au cours de cette matinée les fondamentaux tels que l’historique et la définition du DD, les grands enjeux économiques sociaux et environnementaux qui font qu’aujourd’hui «There Is No Alternative» de ne pas se lancer dans une démarche de responsabilité mais aussi les réponses que nous pouvons individuellement et collectivement apporter aussi bien comme salarié, consommateur ou citoyen.






Et pour donner du sens et du pragmatisme à cette formation, elle se déroulera au cœur du quotidien d’un acteur du DD. Cette première édition se tiendra ainsi ni plus ni moins que dans le show room d’Idéo. le mardi 30 septembre prochain les murs de notre salle de formation auront donc les couleurs et les matières des créations de cette sympathique marque de prêt-à-porter bio et équitable.

A l’issue de la demi-journée de formation théorique les responsables d’Idéo nous présenteront leur activité. Nous aurons en outre l’occasion de prolonger débat et discussion puisqu’un repas pris en commun clôturera la session, l’expérience montre que ce temps partagé post-formation est toujours très enrichissant.

;-) Les participants ne repartiront pas avec la sempiternelle sacoche en plastique mais avec un t-shirt de notre hôte pour devenir autant de "porteur de sens".

Inscriptions et informations en cliquant ici.

18 avril 2008

Chtimi & DD

Y aurait-il quelque opportunisme à écrire un billet sur le film qui va sauver cette année le cinéma français de son marasme ?

Ben non, Biloute, car "Mi ch’uis d’boulone", en français dans le texte "je naquis et vécus une décade à Boulogne sur mer, sous-préfecture du Pas-de Calais qui est un des territoires du parlé picard encore appelé le Ch’timi ".

J’ai donc été le 18 234 347ème spectateur du long-métrage "Bienvenue chez les Ch’tis" et n’en déplaise aux intellectuels de tous poils j’ai ri aux larmes.

Vous savez, les larmes ont un goût quand elles viennent mourir sur vos lèvres. Tout d’abord le goût de l’essentiel car j’ai surtout vu dans ce film une ode à la simplicité. Le bonheur, c’est parfois simple comme une barquette de frites de chez Momo. En fait ce film a fait écho chez moi au fameux "moins de biens, plus de liens" d’une autre croissance. Eh oui, on peut être heureux sans la dernière Rolex à la mode ou sans manger ce yaourt qui vous va si bien au tain. Tin quoi ? Et pour ce qui est du beau temps, de toutes façons "les gens du Nord ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors" comme dit la chanson ….

Malheureusement dans ch’nord cette simplicité (matérielle) n’est pas toujours volontaire... Mes larmes avaient aussi le goût de la compassion et de la sympathie que je peux avoir avec les hommes et les femmes de ce territoire que j'ai quitté à l’aube de l’adolescence.

Allez "dors min petit quinquin" !

10 avril 2008

Stratégies de JJ


Vu dans la newsletter du magazine Stratégies du 3/4/2008.

09 avril 2008

Une autre pub est possible ?

Les Semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Après la semaine du Développement Durable voici semble-t-il la semaine de l’humour … vert ou plutôt de l’humour noir.

Alors puisque c’est fête, j’ai moi aussi fait parler mon talent créatif,mon humour et ma bonne foi légendaire en recomposant cette réclame. Le bonheur c’est parfois simple comme une gomme de Photoshop.
Cette communication (DDB pour Audi) est malheureusement peut-être également une réponse du berger à la bergère ou plutôt du constructeur automobile aux associations environnementales qui, ces temps derniers, ont pointé du doigt le fait que les mentions de consommation de carburant et d’émissions de CO2 ne respecteraient pas, notamment dans leur taille, les obligations d’une directive européenne (Affichez le CO2 !).
* En fait, la semaine du DD nous avait déjà donné un florilège de publicités de cet acabi ....

08 avril 2008

Un voyage plutôt qu'une destination

Il y a deux ans c’est aux rênes de Crinoline et en roulotte que nous avions passé une partie de nos vacances d’été en roulotte. Cette année Dédé partira avec femme et enfants découvrir la Montagne Noire escortés de deux ânes bâtés de la Ferme d’en Goût qui propose un éco-tourisme en dehors des sentiers battus.

C’est ce type de tourisme et d’acteurs engagés que récompensent depuis l’année dernière les Trophées du Tourisme Responsable* dont la 2ème édition est en cours. L’année dernière 12 lauréats ont été couronnés parmi plus de 150 participants.

J’ai rencontré dernièrement l’élue 2007 de la catégorie Tourisme d’Affaires Responsable qui dirige l'hôtel Les Orangeries, un exemple d'éco-responsabilité. Au-delà de son écolabel européen, de sa rénovation HQE et des nombreux prix qu’il a déjà reçu, cet établissement est un modèle de cohérence : tout y a été pensé par le filtre du développement durable et de nombreux projets et améliorations sont à nouveau en gestation.
Mais ne dit-on pas que le développement durable est un voyage plutôt qu'une destination ?...
* Je fais partie cette année du Comité de Sélection

01 avril 2008

Le Poisson d'Avril du MEDAD

Le filet d'humour du jour : est-il bien raisonnable de faire débuter la Semaine du Développement Durable un 1er avril quand on connaît les problèmes d'extinction de certaines espèces de poissons ?

31 mars 2008

Chez JJ, la semaine du DD c'est toute l'année !

C’est la troisième année qu'à l'occasion de la Semaine du Développement Durable je me plie à l’exercice d’introspection de faire mon bilan DD annuel (voir Le Bilan DD de JJ 2005/2006 et Mon Almanach Vert-Mots 2006/2007 ). Quelles ont donc été mes nouveautés et avancées ?

JJ le dandy : ma garde robe éco-responsable s’est étoffée bien évidemment de quelques produits de la marque Idéo (Tu veux ma photo) et j’ai aussi craqué dans la gamme Biologik de la marque KanaBeach pour une parka et une chemise très sympas. Mais les producteurs de la mode éthique sont aussi parfois victimes de leur jeunesse : impossible d’enfiler une chemise d’Art.23 sur laquelle j'avais flashé car taillée trop juste (du XL pourtant … vu mon corps de rêve ça doit passer tranquille !) et j’ai ramené chez Katia Hild une jolie chemise de chez Machja dont le renfort « cartonné » des poignets a bougé au lavage. Force est de reconnaître par ailleurs que l’offre "Homme" est encore assez réduite.

JJ sent bon et bio : j’ai découvert que le savon d’Alep avait d’autres vertus que celle de se laver le corps, en effet c’est un superbe savon à barbe, ça mousse et c’est onctueux. Curieux de nature j’ai même testé et vérifié qu’on peut aussi s’en servir pour se laver les cheveux (il parait qu’on peut aussi s’en servir pour se laver les dents … à tester l'année prochaine ? ...). Néanmoins pour les cheveux j’ai aussi essayé différents shampoings Bio et notamment celui de Patyka , marque de parfums et soins cosmétiques bio créée par un ancien copain de promo.

JJ tout là-haut dans sa «chanvrette» : les travaux de réfection de la toiture et d’aménagement des combles de ma maisonnette à la campagne vont enfin débuter ces jours-ci. Dire que le cahier des charges écologique (modeste pourtant) que j’avais fixé a retardé cette rénovation est un vain mot : combien d’entrepreneurs ont regardé au plafond (au propre et au figuré) quand je leur ai dit que je voulais une isolation en chanvre … deux ans après certains devis manquent encore à l’appel, pourtant ce matériau naturel se pose en rouleaux comme la laine de verre qui gratte... Bref, mon toit sera finalement quand même bie isolé en chanvre, mon lambris brut de sciage en bois PEFC et le plancher flottant en bois FSC sur une sous-couche en peuplier.

JJ fait des cachotteries : l’année dernière je vous comptais mes lessives réalisées en cachette avec des noix de lavage (je continue régulièrement cette transgression tel un zorro masqué). J’ai aussi expérimenté, incognito pensais-je, un compost sur mon balcon dans un gros pot en grés. Mais le pot au roses fut découvert cet été ! J’avais été trahi par quelques moucherons et une odeur un peu forte ! Cette expérience m’a néanmoins donné envie de la partager (pas l’odeur !) et je suis en train de mettre en place un compost d’immeuble dans ma résidence.

JJ est au courant : de petits changements anodins demande parfois beaucoup de volonté, ce fut mon cas pour installer deux malheureuses rallonges avec interrupteurs au niveau de mon poste de travail informatique et de ma télévision pour pouvoir en éteindre les veilles. Je suis enfin passé à l’acte cette année. Pour donner du baume au coeur à certains j’ajoute que grace à cette mise en place et au remplacement des ampoules à filament par par des ampoules basse consos c’est la troisième année consécutive que ma facture d’électricité baisse de 15 % (environ 50 €). J’ai racheté un nouveau chargeur de piles et cette fois-ci je crois que le pli est pris.

JJ est DD mais il se soigne : la pharmacopée naturelle est un sujet que j’aborde doucement mais sûrement, je soigne ma digestion difficile à l’huile essentielle de fenouil et cet hiver je me suis protégé de mes angines à répétition avec de la propolis, une cure de gelée royale et des extraits de pépins de pamplemousses.

A l'année prochaine, même heure, même lieu ?

26 mars 2008

Fais moi mal, Johnny, Johnny !

En voyant comment la donzelle semble grimper au rideau, j’ai cru un instant que Findus venait de lancer une nouvelle marque de sex-toy …. il n’est pourtant question que d’un plat surgelé qui nous ressert l’archétype réchauffé de la femme objet, tu vas jouir ma cocotte !

Je ne suis, loin s’en faut, ni une grenouille de bénitier ni une chienne … de garde mais une telle utilisation de la femme dans la publicité me donne envie de mordre les mollets des communicants qui n’ont pas encore compris que véhiculer ce type de représentation est tout sauf responsable. La communication responsable a pour creuset le respect.

En diffusant ces stéréotypes éculés et dégradants la pub perpétue ou construit par petites touches une certaine image de la femme dont les conséquences au long cours sont parfois dramatiques, il suffit pour s’en convaincre de lire la page des faits divers des journaux.

J’adore l’humour et le second degré, mais en publicité ces deux procédés doivent à mon sens épargner deux prés carrés : les représentations qui renforcent préjugés et stéréotypes sociaux ainsi que les messages contre-productifs en terme d’enjeux du développement durable (comme la pub de Mc Do de cet été).

Le Prince Charmant de la publicité a longtemps menti pour séduire (sur-promesse, mensonge par omission, …) … mais la Belle au Bois Dormant s’est réveillée et n’a plus cure de ces enchantements. Il serait enfin temps que les publicitaires réalisent que les consommateurs aspirent à ce qu’on leur parle vrai et qu’on leur montre la réalité, leur réalité.

La femme qu’on aime, celle avec qui l’on vit et avec qui on a des enfants est celle des publicités Dove, elle a les formes de la poupée Ruby pas de la poupée Barbie. Les consommateurs ont soupé de l’idéalisation des représentations qu’on leur donne à rêver.

Les plus optimistes argueront que cette publicité a le mérite ou la nouveauté d’oser enfin montrer une femme jouir au grand jour … tellement au grand jour qu’on nous a caché son visage ! It's a long way ...

28 février 2008

Militant et Politique ?

Une relation professionnelle reprochait l’autre jour à demi-mot à mon blog (et donc j’imagine à moi-même) d’être militant et politique. Qu’en est-il ?

Le développement durable dont il est question dans ces colonnes est bien évidemment politique dans son sens premier, il s'agit d’un projet de société dont on revoit les fondements et donc les alternatives ; faire croire que ce changement de paradigme pourrait se limiter à de petits changements cosmétiques serait malhonnête. Par contre politicien ce blog n’est pas et ne sera pas.

Militant, ce blog l’est assurément. Mais qu’est-ce qu’être militant sinon défendre des idées et des valeurs auxquelles on croit ? Oui, j’ai le "zèle ardent dont font preuve certains en vue de rallier des personnes à une cause" (définition du militant chez wikipédia). A défaut de rallier, je veux en tous cas partager ma réflexion. Oui, je veux bien être considéré comme un blogueur militant comme la Maïf est un assureur militant (foi de sociétaire). Mais militant ne veut pas dire intégriste, exigeant ne veut pas dire sectaire.

Mes prises de position de blogueur sont celles d’un homme de la société, d’un citoyen et d’un consom’acteur. Par contre je n’ai pas vocation à en faire le prosélytisme dès lors que j’enfile mon costume de formateur ou de consultant. Mais qu’on ne se méprenne pas, j’ai bien changé de paradigme et lorsque je forme à la communication responsable je n’en parle pas comme d’une mode ou d’une théorie universitaire mais bien comme d’une nécessité et d’une évidence fort de mon expérience professionnelle et de ma réflexion.

J’ai en outre la conviction que la pédagogie du développement durable c’est de donner le plus objectivement possible les clés des enjeux afin que chacun arrive seul et à son rythme à l’évidence de la nécessité du changement.

Et je veux ici vous dire le bonheur du formateur qui, parfois - restons modeste - sent poindre l’étincelle dans l’œil de l’étudiant ou du stagiaire. Signe des temps et de l’avancement de la prise de conscience, cette étincelle est de plus en plus fréquente quand elle ne se transforme pas en feu d’artifice !

01 janvier 2008

Parce que je le voeux bien

J'ai longtemps souhaité à ma fille au moment de se coucher un rêve de toutes les couleurs ... Le citoyen du monde JJ et son copain DD vous souhaitent une très bonne année 2008, de toutes les couleurs ...

Photo de laure maud pour green is beautiful® pour Idéo.

24 décembre 2007

Quiz de Noël

En cette période d'achats compulsifs j'ai été sensible à ces mots que je veux vous faire partager "Choisir, c'est préférer, c'est aussi renoncer. C'est préférer la qualité au nombre, la durée à l'instant, la sauvegarde de la nature à son exploitation, le bien commun à la convenance de certains. Ce n'est pas tenir pour légitime tout ce qui est techniquement faisable et économiquement rentable".

Quel peut bien être l'auteur de cette définition de la consom'action ? ...
L’auteur de ces lignes, qui datent de plus d'un demi-siècle (1951), n’est autre qu’André Romieu, fondateur de l’UFC-Que Choisir. Ne l'oublions pas, le mouvement consumériste est l’une des parties prenantes de la société civile sur laquelle il faudra aussi de plus en plus compter.

11 novembre 2007

Un café et décroissant

La diabolisation du mot décroissance ne cacherait-elle pas tout simplement le manque de courage que nous avons de nous dire les choses une fois pour toutes, sérieusement, solennellement, sans catastrophisme mais sans équivoque ? …

Kenneth Boulding avait eu la clairvoyance* de dire que "celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec un monde fini, est un fou ou un économiste" (ou s’appelle Jean-Marc Sylvestre ndlr ). Le Club de Rome nous avait déjà dit en 1972 "Halte à la croissance" et Paul Valéry nous avait aussi prévenu que "le temps du monde fini commence", maxime qui fait parfaitement écho à l’impossible équation de la trop grande empreinte écologique de notre mode de vie actuel par rapport à nos ressources.

Ce "mot-obus" de la décroissance est souvent agité comme un chiffon rouge alors que plus personne ne conteste la finitude (j’aime ce mot, c’est mon petit côté Ségo) des ressources fossiles et même fissiles. La production de pétrole aux Etats-Unis est déjà en décroissance depuis les années 70 et chacun leur tour les autres producteurs de pétrole glisseront eux aussi allègrement sur le tobogan du Pic de Hubbert (un autre ami de Dédé). Puisque la décroissance de ces ressources est inéluctable, il nous faut anticiper la pénurie en nous adaptant plutôt que de la subir de plein fouet et vivre une vraie récession. L’urgence du réchauffement climatique nous impose par ailleurs d’en accélerer la baisse de la consommation.

Qui plus est, il n’y a pas de corrélation entre ce qui nous sert aujourd’hui à mesurer la croissance, le PIB, et le bien-être. Tout au contraire, rien de meilleur pour le PIB qu’une tornade, une épidémie, une marée noire ou encore une guerre. En effet, la reconstruction, le nettoyage, les réparations, les soins, … vont générer des biens et services vendus, donc du PIB. Serait-ce cette croissance là qu’on veut "aller chercher avec les dents" tout en reconnaissant que "notre modèle de croissance est condamné" ?

Oser utiliser le mot décroissance c’est peut-être aussi faire la moitié du chemin, faire le deuil d’un modèle dont on a compris les limites et se donner le courage, car il en faudra, de résolument changer de paradigme, par de nouveaux comportements individuels (bien au-delà des éco-gestes, nécessaires mais insuffisants) et des politiques collectives audacieuses.

Oui c’est une révolution, oui c’est une rupture, non ce n’est pas revenir à l’age de pierre car le challenge est bien de ré-imaginer le monde et de faire mieux avec moins à l’instar du scénario négaWatt qui démontre, noir sur blanc, chiffres à l’appui, comment il nous est possible d’atteindre le Facteur 4 (diviser par 4 nos GES, gaz à effet de serre) auquel nous nous sommes engagés pour 2050.

Cette sobriété (heureuse) pourrait devenir le moteur du Bonheur Intérieur Brut ...

* citation que j'avais atrribuée par erreur dans une première édition au pape de la décroissance Nicolas Georgescu-Roegen

07 novembre 2007

J'ai été Biocontacté

Le mensuel Biocontact a chroniqué mon blog dans le numéro n°174 de novembre 2007.

19 octobre 2007

Oui au Greenwashing !


Pour une fois, je suis pour le verdissement d'image. A l'heure du Web 2.0 les manifestations peuvent être virtuelles. A chacun son pixel, à chacun de le verdir en l'illustrant de son slogan. Tous au Grenelle ! Osons ! Changer de paradigme demande un peu de courage, la lâcheté serait celle du consensus mou.

Les doigts dans la prise

Notre Johnny national pourrait le chanter : "Noir, c'est noir, il y a de l'espoir". Allez, encore une fois, soyons fous et faisons les diablotins mardi 23 octobre et redonnons "5 minutes de répit pour la planète" à la veille des négociations finales et officielles du Grenelle de l'environnement .

Comme moi et comme France Gall, de 19h55 à 20h, "Débranche, tout" et "Quoique tu fasses, fais le dans le noir !" Faut qu'on s'organise ... ;-)

10 octobre 2007

Tu veux ma photo ?

Ou comment peut-on se retrouver à baisser son pantalon devant quatre inconnues dans un café un soir de septembre ?
Même si le propre d'un blog est parfois de se mettre à nu, je ne m'étais débarrassé de mes atours du jour que pour mieux m'habiller d'idéaux dans le cadre d'une séance photos...

En effet, Antoinette et Rachel, les fondatrices d'Idéo, la marque de prêt à porter "bio et équitable", souhaitaient éditer à l'occasion de l'Ethical Fashion Show 2007, un document présentant des modèles de leur collection été 2008 portés par des acteurs du développement durable "qui s'engagent à leur façon au quotidien. Pour être chaque jour, porteur de sens."
Laure Maud, photographe de mode, membre du collectif de créatifs environnementalistes "Green is Beautiful" et rédactrice en chef de l'e-magazine éponyme, avait relayé cet appel auquel j'avais répondu.

Au delà du plaisir égo-logique de figurer sur ce poster et de se faire tirer le portrait par une professionnelle (faut être une pro pour m'arracher un sourire ... chapeau, Maud !) j'avais aussi eu envie tout simplement de rencontrer les actrices de la marque dont j'étais le consom'acteur et de partager un tout petit moment de leur aventure. La richesse et le sel du DD viennent aussi de ces rencontres avec les hommes et les femmes qui le font vivre.
Photo : Laure Maud Chemise : "Dino" de chez Idéo

06 septembre 2007

Clin d'oeil




La revue Stratégies m'a fait le plaisir de chroniquer mon blog pour la deuxième fois ...

26 août 2007

Mildiou* de M !

Cet été Ronald s'est tiré une balle (publicitaire) dans le pied. L'occasion de rajouter un nouvel épisode à ma saga Mc Donald’s (épisodes 1 et 2).

Mais revenons d’abord à un événement positif intervenu depuis le fameux voyage de presse que je vous avais narré. Lorsque j’avais indiqué à la manager Développement Durable de M. que le fait que ce voyage à Toulouse s’effectuait en avion avait failli me faire refuser son invitation (à mettre dans mes résolutions 2008 : être plus intransigeant sur ce sujet) et que j’espérais que M. allait au moins compenser les émissions CO2 du voyage, elle m’avait répondu franchement que ce n’était pas prévu. Persévérant de nature, je lui avais quand même envoyé une simulation de calcul de la compensation des émissions du voyage et j’avais eu la bonne surprise de recevoir un mail une semaine plus tard m’informant que M. avait réfléchi à ma proposition et allait compenser le CO2 de ce voyage, ce qui fut effectivement fait chez Climat Mundi. Mon blog n’ayant pas la fréquentation et donc la puissance médiatique de celui de Nicolas Hulot, je veux croire au pragmatisme et à l’ouverture d’esprit qui ont conduit à cette décision.

Malheureusement, parfois la communication «marque» n’est pas au diapason de la politique développement durable et de sa communication «corporate» … Ainsi, j’ai été sorti de ma torpeur estivale (de mon humidité automnale serait plus juste) par un très bel (mais mauvais) exemple de publicité. «Non au réchauffement de la clientèle. Nos restaurants sont climatisés» clamaient les affiches de tous formats … autrement dit, «pour vous faire venir chez nous, nous sommes prêts à augmenter encore plus le réchauffement climatique en utilisant la climatisation» !

M. aura réussi en un été, par cette seule publicité, à réduire pratiquement à néant la confiance qui commençait à émaner de ses réels efforts en matière de développement durable (à découvrir dans son Ecojournal : catalogue grand public des bonnes pratiques, efforts et expérimentations de la marque dans certains restaurants comme la réduction du poids et le changement de matériau de certains emballages, le compost des déchets, la pose de panneaux solaires ou encore les urinoirs sans eau !).

Cerise sur le gâteau (ou plutôt pépite de chocolat sur le cookie) cette publicité a aussi r-échauffé les esprits de la blogosphère à en compter les 1 230 résultats donnés par Google à la requête "non au réchauffement de la clientèle".

Comment peut-on effectivement juger sincère l’engagement d’une société qui ne trouve pas incongru de délivrer ce message ? Une chose est sûre, cet engagement n’est pas encore partagé par toutes les forces vives (et créatrices) de la marque. Je comprends mieux pourquoi certaines entités mettent en place des «Comité de contrôle de l’autodiscipline publicitaire» pour éviter ce type de mésaventure mais le déploiement d’une politique de développement durable ne doit-il pas avant tout passer par la formation et la sensibilisation des hommes et femmes de l'entreprise qui doivent être convaincus et devenir des ambassadeurs de ce nouveau paradigme ?

* mon titre, au-delà de l’agacement de cette campagne de publicité, fait référence à l’autre événement important de cet été : le mildiou, qui a ravagé toutes mes tomates dont je me délectais d’avance et qui sont tombées au champ d’honneur de l’agriculture biologique.

14 août 2007

Sous le charme de la Grosse Mignonne

J'avais du mettre pied à terre de ma bicyclette avant de toucher au but de ma quête dominicale. Je n'avais pas réalisé que la topographie montreuilloise était loin d'être une morne plaine ! J'arrivais effectivement sur les hauteurs de Montreuil et au fond de l'impasse Gobétue je découvrais enfin ce lieu insolite dont j'avais d'abord entendu parler dans les médias suite à des nuisances générées par l'exploitation illégale d'une entreprise de déchets ... mais en m'intéressant à ce cette actualité j'avais découvert une histoire et un quartier que je voulais maintenant voir de mes yeux vus ...

C'est immédiatement la chanson de Dutronc qui raisonnât à mes oreilles "De grâce, de grâce, Monsieur le promoteur, ne coupez mes fleurs". J'étais en fait arrivé sur le théâtre historique de l'horticulture montreuilloise dont ne subsiste aujourd'hui (miraculeusement) qu'une trentaine d'hectares sur les 500 qu'a pu occuper cette activité au 19ème siècle.

Mais il est ici aussi question de pêches, le mot est laché !. J'étais bien dans le célèbre quartier des Murs à Pêches (MAP) qui justifie son nom par les murs construits par centaines dès le 17ème siécle , non pas pour séparer parcelles et jardins, mais pour permettre la culture de la pêche dont l'arbre était palissé à la toile. Ces murs constitués notamment de plâtre avaient ainsi la capacité d'accumuler la châleur pour la restituer notamment la nuit. Et la noblesse pouvait ainsi se délecter de la Téton de Vénus, de la Grosse Mignonne, autant de variétés qui ont fait la réputation de ces clos à pêches.

Aujourd'hui, l'association éponyme tente depuis 1994 de sauvegarder et promouvoir ce patrimoine historique et écologique. Des parcelles sont entretenues par ses adhérents, des ateliers pédagogiques sont organisés pour les écoles et enfin des ballades commentées sont proposées au public dont j'étais en ce dimanche. Au delà de son leitmotiv et de parfois son combat (elle a réussi à faire classer 8.5 des 37 hectares qui aiguisent l'appétit des bétonneurs) l'Association des Murs à Pêches est aussi un acteur de l'économie sociale et solidaire. Elle conduit pour la seconde année un chantier d'insertion en formant des jardiniers paysagistes et organise chaque été un chantier de reconstruction des MAP avec des bénévoles de tous pays.

Une belle illustration de ce que peut être concrètement le développement durable, une initiative qui donne la pêche tout simplement !

31 juillet 2007

La Com Responsable a son Grand Prix

Il est agréable de voir que la notion de communication responsable s’installe de façon structurelle dans le PCF (Paysage du Communicant Français) jusqu’à avoir désormais son Festival et son Grand Prix.

Le Festival Européen de la Communication Responsable, organisé sur l’Ile des Embiez du 24 au 27 septembre prochain, propose ainsi une compétition qui récompensera notamment les meilleures actions de communication en terme d’éco-responsabilité mais aussi un Forum de la Communication Corporate et du Développement Durable proposant moult conférences, ateliers et rencontres.

J‘aurai la joie d’être le modérateur (ou le poil à gratter ? …) de la table ronde traitant de la question «existentielle» de la communication responsable : action concrète ou alibi, les écarts entre le «dire» et le «faire» …

25 juillet 2007

Think global, Eat frugal

«Il faudra faire de la frugalité le fondement d’un nouveau paradigme».
(Pierre Rabhi)

Même si le plaisir n’est pas littéralement lié au mot frugalité, c’est pourtant ma vision parce que j’y associe systématiquement ce souvenir … J’avais 15 ans et je travaillais l’été à la fenaison dans une toute petite ferme du Cantal (à ce propos relisez l’excellent «Un pâtre du Cantal» même s’il parle d’une époque encore plus ancienne).

C’était un rituel quotidien, en début de matinée, les deux «anciens» qui avaient déjà fauché à la main depuis des heures s’arrêtaient sous un arbre pour un casse-croûte réparateur et bien mérité pour qui s’est levé à l’heure de la traite (à la main).

Je revois encore cette musette de coton marron aux rudes sangles de cuir dont Elie sortait son litre à étoiles et les restes de la veille qui allaient faire notre bonheur : un quignon de pain, une croûte de fromage, une carcasse de poulet, une tranche de saucisson.

Si la frugalité a ce goût là, alors oui je crois à la simplicité volontaire ! Bien sûr, la nostalgie donne un goût de madeleine à cette frugalité mais c’était aussi et surtout un moment de partage et de convivialité, … plus de liens, moins de biens …

11 juin 2007

Allo, à l'huile !

Bien que la loi impose à la RHF (Restauration Hors Foyer) de retraiter ses graisses et huiles alimentaires, chaque année seules 26 000 des 71 000 tonnes produites le sont (chiffres ADEME) !

Autrement dit, ce sont près de 45 000 tonnes de gras qui sont envoyées aux égouts de façon très civique . C’est pourquoi on ne peut que saluer l’initiative de la société Mc Donald’s d’avoir repenser et optimiser sa filière de récupération et la valorisation de ses 11 000 tonnes annuelles d’huiles de friture usagées .

Jusqu’ici la collecte était réalisée traditionnellement dans des fûts et l’huile était valorisée en hypochimie en Suède. Plusieurs éléments font l’exemplarité du nouveau processus. Tout d’abord la composition de l’huile a changé, non seulement pour des raisons nutritionnelles (moins d’acides gras trans) mais aussi parce que son caractère oléique lui permet d’être plus facilement transformée en biodiésel. Le processus de collecte a été repensé pour des raisons de coûts mais aussi de qualité et de traçabilité car ce déchet a le potentiel d’une ressource. Les huiles usagées sont ainsi désormais temporairement stockées in situ dans un container adhoc (ce qui réduit la fréquence et le coût de ramassage) pour être ensuite traitées (notamment décantées et filtrées de leurs déchets) par la société Allo A l’huile (comme quoi je ne suis pas le seul à faire des calembours à 2 Euros !).

A défaut de l’existence aujourd’hui en France d’usine de transformation (lobby pétrolier, lobby céréalier, lobby des constructeurs automobiles, manque à gagner fiscal ? …) c’est en Allemagne que cette huile part enfin pour être transformée en biodiesel qui permettra à des camions d’outre-Rhin de « rouler propre » l’équivalent de 20 millions de kms chaque année. La première usine de ce type ne devrait voir le jour en France qu’en 2008 au Havre quand en Allemagne les usines de transformation des huiles vierges en diester peuvent aussi transformer les huiles alimentaires usagées. En France on n’a pas de pétrole, mais ….

A ceux qui se demanderaient bêtement comme moi pourquoi on ne mettrait pas cette huile recyclée directement dans les moteurs de nos véhicules, comme au Brésil par exemple ou encore comme l’activiste et néanmoins star hollywoodienne Daryl Hannah sachez que c’est possible dans de vieux moteurs diesel (modèles avec préchauffage) même si la combustion n’est pas toujours parfaite et qu’il peut y avoir un risque de casse moteur mais que c’est de toutes façons interdit en France (lobby pétrolier, lobby céréalier, manque à gagner fiscal ? …)…

A l’heure du fantasme des agrocarburants qui interrogent sur leur éco-bilan (déforestation, consommation excessive d’eau et d’intrants, …) et sur la concurrence qu'ils peuvent générer dans l'usage des végétaux (vaut-il mieux nourrir un homme ou remplir son réservoir ?) il est un peu dommage de ne pas pouvoir mettre des frites dans son moteur, une fois.

Disclaimer : cet article a été réalisé à l’issue d’un voyage de presse organisé par Mc Donalds France à Toulouse le 10 mai 2007.

30 mai 2007

JJ & DD vivent dans un quartier

Le journal municipal du 12ème arrondissement de Paris "Votre 12ème" m'a interviewé ce mois-ci, en tant que Conseiller de Quartier de Nation-Picpus, sur le Développement Durable .

Je crois beaucoup à ce niveau ultime (ou premier ?) et local de la démocratie (participative). Les Conseils de Quartier sont un lieu d'échange, d'information partagée et de concertation, donc à ce titre un outil du développement durable qui a dans ces principes la participation et la transparence dans la prise de décision.

15 mai 2007

Embedded with Ronald

Ne dit-on pas que les blogs sont devenus le 5ème pouvoir ou pour le moins un média alternatif ? C'est ainsi que mon blog tend à devenir un medium référent, à défaut d'un média, et que je reçois de plus en plus de communiqués de presse, d’invitations à des manifestations, colloques et … même voyage de presse comme l’autre jour où l'on me proposa d’aller à Toulouse voir de mes yeux vus comment la société Mc Donald’s allait dorénavant recycler son huile de friture en biodiesel.

L’intérêt du sujet (le recyclage des déchets et les bio carburants) mais aussi l’expérience «intellectuelle» de pouvoir étudier de l’intérieur cette action de communication m’ont convaincu d’accepter de passer une journée avec Ronald qui n’est pourtant pas, soyons honnête, le personnage qui m’est le plus sympathique. Récit de ce «Vis ma Vis – je suis un journaliste Environnement» (je traiterai du recyclage des huiles dans un papier ultérieur).

Mon expérience commence par l’émission de 0,35 T de CO2 car c’est en avion que nous regagnons la ville rose où nous sommes accueillis officiellement par les attachées de presse de l’agence de RP et par le staff de M. notamment le Manager du département «Affaires Publiques» (mais quelle est donc cette secte si étrange ?), la Manager «Environnement et Développement Durable» ainsi que deux responsables du service Achats/Qualité.

Photo Call
La dizaine de journalistes montent alors dans le bus affrété pour l’occasion en direction d'un restaurant M. de la périphérie. Après une collation et les civilités d’usage du «franchis» local (fier de ses 25 ans de maison mais pas rasé ce matin…) vient enfin l’heure de pénétrer dans le saint des saints, le baskstage des hamburgers rois, j’ai nommé la cuisine ! Et c’est autour de la friteuse que notre cohorte s’agglutine car elle est là la star du jour : l’huile dans laquelle se baignent habituellement frites et autres nuggets. Les appareils photos crépitent comme lors d’un photo call cannois, la caméra de France 2 tourne et les journalistes n’ont d’yeux que pour cette huile usagée qu’on va vidanger devant nous. Après avoir suivi le parcours de Miss Oil 2007 jusqu’au camion de pompage, retour au restaurant où nous sont donnés de façon simple et courte les éléments techniques de cette huile oléïque et de sa nouvelle procédure de recyclage qui concourrent aussi à la politique de Développement Durable de l’enseigne («vous retrouverez bien évidemment tous ces éléments dans le dossier qui vous a été remis»).

Il est alors venu le temps des questions collégiales. Les réponses sont franches et assumées. Je demande notamment si M. envisage d’utiliser des ingrédients bio à l’avenir (puisque l’huile oléïque nouvellement mise en place l’a aussi été pour des raisons de nutrition et de santé, on pourrait légitimement penser que la démarche pourrait aller jusqu’au bio …). La réponse qui m’est faite ne me convainc pas : « notre mode de fonctionnement - 7 plateformes de distribution qui reçoivent les produits de nos fournisseurs et les redispatchent aux 1085 restaurants - ainsi que les volumes de matières premières que nous utilisons nous semblent difficilement compatibles avec la filière bio ». C’est bien parceque M. a une telle demande qu’il pourrait être un moteur et une incitation à la conversion de ses fournisseurs/producteurs comme il vient d’ailleurs de le prouver pour l’huile. M. s’appuie aujourd’hui sur un guide de bonnes pratiques maison (le Socle) qui reste déjà en deça du référentiel de l’agriculture raisonnée. Bref, j’en conclus que le bio n’est pas pour demain chez M. et que c’est un choix.

Je suis une huile de province
Mais il est déjà midi et nous sommes déjà en retard sur le timing, nous remontons dans le bus pour rejoindre l’usine de traitement de l’huile où nous attend déjà le camion, qui tout à l’heure pompait devant nous, et son heureux propriétaire, fringant directeur industriel et commercial à l’accent chantant. Juste le temps d’enfiler sur-chaussures et blouses blanches et nous voici tels des candidats à la Présidentielle parcourant les différentes étapes de traitement de l’huile usagée jusqu’à cette belle image d’Epinal que ce chauffeur de camion citerne allemand flambant neuf (le camion) qui appuie sur le bouton magique pour enfin libérer dans ses entrailles ce nouvel or jaune. Mais vite il nous faut encore repartir vers une auberge de la région pour terminer par un dernier débat notamment avec des représentants de la délégation régionale de l’Ademe avant de repartir pour la capitale.

Alors que penser de cette opération de communication ?
En attendant mon analyse, vos avis sont les bienvenus.

11 mai 2007

JJ le séminariste

C'est le jeudi 31 mai prochain que j'animerai à Paris la première édition du Séminaire "Intégrer les valeurs du Développement Durable dans sa communication" mis en place avec le groupe de formation Benchmark .

10 avril 2007

Un commando bouscule la Présidentielle !

Il y a quelques jours un commando un peu particulier avait investi une clairière de l’Ouest Parisien. L’agent BonDD, JJ BonDD, informé de l’opération par une source non autorisée, avait réussi à infiltrer le groupe. La tension était à son comble comme dans les bonnes feuilles du thriller écologique «Le parfum d’Adam» de Jean-Christophe Rufin …

JJ BonDD (il nous est impossible de révéler ici sa véritable identité) découvrit alors les protagonistes de ce coup de force : Mr Arbre et les Clowns Verts (sûrement des noms d'emprunt ...). Ca sentait le rififi dans les sous-bois d’autant plus que JJ BonDD aperçut les candidats à la Présidentielle attachés à des arbres et qu'il venait de découvrir que le commando était armé : qui d’une tronçonneuse, qui d’une scie et même qui d’une lime à ongles !

JJ BonDD ayant été découvert avant la fin de l’opération (il a heureusement été exfiltré depuis), il vous faudra visionner ce document choc pour connaître le fin mot de l’histoire, ... le début aussi d’ailleurs. Alleï Revolutronc !

05 avril 2007

JJ & DD sont dans un bateau

J’aurai le plaisir d'intervenir le 26 avril prochain au Conseil Général de Quimper dans le cadre d’une conférence «Communication développement durable : argument ou engagement ?» organisée par l’APCF (Association des Professionnels de la Communication du Finistère).

04 avril 2007

Les fourmis votent pour la planète

Dimanche 1er avril, j’étais une fourmi parmi les fourmis au Trocadéro

C’est bien connu, ensembles, les fourmis bougent des montagnes. Quand les fourmis agitent toutes ensembles leurs foulards, elles se transforment en autant d’éoliennes multicolores. Quand les fourmis agitent leur bulletin de vote, elles se transforment en électeur et en aiguillon. C’est bien connu une fourmi ça pique quand on l'énerve.

Dimanche, les fourmis ont montré à la Reine qu’elles vont bientôt choisir que le temps des cigales était révolu et qu’elles avaient «la sensibilité, la disponibilité et la motivation» pour accompagner une véritable prise en compte du défi écologique.

A la Reine des fourmis de se retrousser maintenant les mandibules et d'accompagner les ouvrières du changement ...
Edito publié dans une version initiale le 2 avril 2007 sur mon autre blog.

30 mars 2007

Mon Almanach Vert-Mots 2006/2007

L’année dernière, à l’aube de l’ouverture de la Semaine du Développement Durable (dont l’édition 2007 se tient du 1er au 7 avril), je tenais ici l’inventaire à la Prévert de ce que j’avais matériellement changé dans ma vie de tous les jours dans l’année écoulée et je m’étais engagé à faire, une année plus tard, un bilan de mes nouvelles avancées ; bilan que voici, que voilà.

JJ se fait beau : après le chanvre en 2006, le denim en 2007 ; j’ai ainsi fait l’achat d’un jean en coton bio de chez Idéo, il fait néanmoins un peu mal au derrière … ben oui 135 € le jean ça fait un peu mal au postérieur ! Toujours chez Idéo et en coton bio j’ai complété ma collection de T-shirts en déclarant maintenant être un OGN (Organisme Génétiquement Naturel). Je suis très content de mes chaussettes «de marche» Olympia / WWF en coton bio tout comme j’aime beaucoup mes chaussettes en fils recyclés de chez Muji … bien qu’elles aient quand même plus qu’un poil rétrécies au lavage …

JJ sent bon : j’ai découvert et adopté les bienfaits du savon d’Alep, du dentifrice à l’argile, du déodorant sans paraben et de la brosse à dents dont la tête se remplace ! J’ai définitivement abandonné les rasoirs jetables pour reprendre mon ancien rasoir mécanique à recharges.

JJ se régale : après l’expérience des Paniers du Val de Loire je teste depuis plusieurs mois les Paniers Bio du Campanier , plus variés mais dont l’origine parfois lointaine des produits me désespère un peu car je perds en CO2 (transport) ce que j’évite en produits chimiques … Petit à petit je teste et intègre de plus en plus de nouveaux produits bio et/ou équitables comme le miel, les céréales, le sucre, les pâtes, la confiture ou le vin. Ces essais déclenchent parfois des clivages dans la famille : les garçons aiment l’équivalent bio du Nutella quand les filles ne jurent que par la marque originale !!! De même j'ai goûté le quinoa mais je n'arrive pas à l'apprécier (ou à le cuisiner correctement ?).

JJ lave plus blanc : notre placard de produits d’entretien est maintenant devenu à 90 % vert ; lessive, adoucissant, poudre lave vaisselle, produits pour le sol, les wc, les vitres … Enfin, ne dites pas à ma femme que j’ai acheté en cachette 1kg de noix de Sapoline, je tente en effet de faire des lessives en catimini pour lui (me) démontrer que cela lave aussi bien que la lessive traditionelle fut-elle écologique.

JJ est énerg(ét)ique : ce ne fut pas facile de trouver à nouveau à substituer quelques lampes basses conso à des ampoules à incandescence … notamment dans les cas des lampes à tout petits culots et des mini abat-jours mais bon an, mal an, j’ai quand même réussi progressivement à supprimer encore 1 halogène et 4 ampoules conventionelles (chambre, bureau, cuisine, cagibi et salon). Pour cuisiner j’ai acheté 2 couvercles pour mettre sur les casseroles.

JJ donne … : j’ai donné à l’Association Co-ordinateur notre ancien matériel informatique, deux fois mon sang à l’EFS et des vêtements au Secours Populaire Français ainsi qu’à Recyclaid.

JJ à la campagne : dans ma maison à la campagne j’ai acheté un poelle à bois pour réduire l'utilisation des radiateurs électriques. Je suis passé du tas de compost amateur au composteur «en dur» mis à disposition par la Communauté de Communes. J’attends avec impatience les Saintes Glaces pour planter les variétés anciennes de graines, comme la tomate rouge des Andes, achetées à l’association Kokopelli . Enfin, devant refaire la toiture et l’isolation de cette maison, j’ai intégré la laine de chanvre à mon cahier des charges (est-ce pour cela que j’ai reçu si peu de devis ?) …. et la sous-couche du plancher flottant devrait être en peuplier.

JJ fait son Co2ming out : vient maintenant l’heure de la confession et de la repentance. As-tu fauté JJ ? Oui, j’ai fauté, Grand Dédé. Dans un moment d’égarement, j’ai non seulement contribué largement au réchauffement climatique en m’envolant cet hiver vers le grand bleu des Caraïbes mais j’ai aussi choisi une formule «Club» aux antipodes du tourisme solidaire et responsable que j’appelle de mes voeux … ;-)

JJ et ses objectifs : dans mes objectifs 2006 je m’étais proposé de ne plus prendre l’ascenceur car j’habite au 2ème étage, j’ai pris cette bonne habitude … sauf quand je suis chargé. Pour le chargeur de piles rechargeables que je voulais utiliser, j’avoue n’avoir rien fait ... Dans mes nouveaux objectifs, je me suis promis d'installer un interrupteur sur l’alimentation de mon lecteur DVD et VHS dont les veilles subsistent allumées en permanence et enfin surtout il faudrait que je prenne l’habitude d’utiliser mon vélo. Mon frein vient avant tout de la galère logistique pour sortir mon 2 roues du local où il est coincé mais peut-être que l’initiative parisienne de vélos en libre-service Velib me permettra-t-elle de passer à l’acte plus facilement.

A l’année prochaine pour un nouveau rapport de Développement Durable !

17 mars 2007

Il était une fois de la mauvaise foi ...

Le développement durable souffre de nombreuses idées reçues. Aussi je me réjouissais de la campagne "recyclons les préjugés" initiée depuis quelques semaines par Eco-Emballages. La saga avait bien commencée puisqu’on cassait par exemple l’idée reçue qu’il "faut laver les emballages avant de les trier", ce qui est inutile, ou qu’on double-cassait le préjugé que « trier ne sert à rien, tout finit dans les mêmes bennes ».

Mais j’ai sursauté à l’analyse du préjugé n° 5 "Les emballages envahissent nos poubelles" auquel Eco-Emballages répond "faux" en le justifiant par le fait que "ces emballages ne représentent que 20 % du poids total et que c’est beaucoup moins qu’il y a 10 ans". Je ne pense pas que ce type de déclaration soit ni très responsable ni très performante en terme de pédagogie. Tout d’abord, même si on constate une légère baisse ces deux dernières années, le tonnage des ordures ménagères a doublé entre 1960 et 2003 pour atteindre près de 400 kg par an et par habitant. Ensuite, on parle de poids alors que pour le consommateur c’est surtout le volume des emballages qui est significatif (qui fait ses courses sait qu’une fois déballées vous pouvez déjà descendre un sac entier de sur-emballages). Les emballages (bouteilles, cartons, boîtes de conserve, sacs...) représentent aujourd'hui en volume entre 1/3 (source Ademe) et 1/2 (source CNIID) du contenu de nos poubelles. Chaque ménage jette en moyenne 10 emballages par jour.
Même s’il est vrai que les industriels font des efforts pour faire baisser le poids unitaire de chaque emballage, il y a encore trop peu d’efforts réalisés dans la suppression radicale des sur-emballages (qui n’ont souvent de justification que leur fonction de support à la publicité sur le lieu de vente) ou même dans l’éco-re-conception des emballages et des produits (à l'instar de système de consigne ou de remplissage comme cela existe dans d’autres pays). Oui, il y a encore loin au "juste emballage" : un emballage qui se limite à protéger le produit et à donner des informations réglementaires.

Mais la réponse d’Eco-Emballages au préjugé 4 "les contribuables sont les seuls à payer" m’avait déjà interloqué en y répondant "faux" et en expliquant que les coûts étaient partagés par les entreprises, les collectivités et les citoyens. Ce qui ne me semble pas très "juste" car in fine… les entreprises payent effectivement une éco-taxe, ridicule d'ailleurs, mais elle est répercutée dans le prix de vente payé … bien sûr par le consommateur (pour l’électro-ménager cette éco-participation est d’ailleurs bien mieux mise en exergue sur l’affichage prix, ce qui peut avoir un effet pédagogique), les collectivités locales financent le traitement des déchets avec … les impôts du citoyen, du contribuable. Bref, c’est bien le citoyen, contribuable et consommateur qui paye.

Il faut rappeler ici quEco-Emballages est une société financée par les industriels et j’ai peur que dans cette campagne cet organisme n’ait parfois confondu sa mission "de mise en place des filières de recyclage et de la collecte sélective" (grâce à un agrément public) avec celle d’un lobby des producteurs et utilisateurs de l’emballage. Cette ambiguïté est d’ailleurs à l'image du fameux Point vert d’Eco-Emballages qui mériterait d’être passée au crible du faux préjugé. De nombreux consommateurs pensent en effet que ce logo, apposé sur un produit, signifie qu’il est recyclable alors que, nenni, en réalité il indique uniquement la participation financière de l’industriel à la filière globale du recyclage.

Publié dans une version initiale le 12 mars 2007 sur mon autre blog d'Economie matin.fr

04 mars 2007

Hue, Crinoline !

«Tout le monde a une montre et plus personne n’a de temps. Faites l’échange, donnez votre montre et prenez votre temps» Michel Serres.

Qui veut appliquer la maxime part une semaine en roulotte comme nous l’avons fait en famille, aux rennes de Crinoline, il y a déjà quelques années … Redonner du temps au temps. Respecter les forces de l’animal et son rythme que l’on a oublié car notre cheval mécanique ne connaît de halte que celle de la station-service quand la jument a besoin de souffler après une montée et de croquer une pomme pour se redonner du courage. S’adapter à la nature et au climat, voyager à la fraîche le matin, se reposer quand le soleil est au zénith.

La rencontre fait aussi partie du voyage comme celle du partage de la table de la ferme le soir à l’étape en se régalant d’un repas dont les ingrédients sont souvent issus de l’exploitation agricole.

C’est ainsi que nous avions découvert le Gers. Découvert le Gers, un bien grand mot car en fait après une semaine de nombreuses heures passées à guider Crinoline sur les chemins, dans les sous-bois, par monts et par vaux, il fallut bien se rendre à l’évidence : nous n’avions en fait parcouru qu’une boucle de quelques kilomètres autour de Sarrant, néanmoins sans jamais s’ennuyer, sans jamais se lasser, …

Le réchauffement climatique et la raréfaction à venir des énergies fossiles nous incitent à redécouvrir des destinations de voyage plus proches. Plus qu’une contrainte c’est une chance pour nous français qui avons, à portée de mains, une mosaïque incroyable de paysages, d’atmosphères et de cultures dont nombre de nos compatriotes, à commencer par moi, n’en connaissent qu’une infime partie. Allez hue Crinoline, repartons sur les chemins de France et de Navarre !

Billet publié initialement le 19 février dernier sur le blog du Tourisme Responsable lancé il y a peu par la SNCF.

15 février 2007

L'Homme qui valait 5 500 Milliards

J’assistais le 2 février dernier à Paris à la conférence-débat, organisée à Sciences-Po par l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales, à laquelle était convié, en guest-star, Sir Nicholas Stern devant un parterre d’étudiants, de politiques (de Lionel Jospin à Dominique Perben) et de moult spécialistes, universitaires et experts.

Nick (tout le monde lui donnait du Nick) a exposé les conclusions de son rapport éponyme, à savoir notamment que, passé au crible du prisme de l’économie du risque, le coût de l’inaction (5 500 Milliards d’euros) sera bien plus élevé que l’investissement demandé (1 % du PIB) pour réduire nos émissions de Gaz à Effet de Serre.

Petit verbatim, commentaires et sélection très subjective de certains des propos de Nick et des « discutants » de ce colloque …

Sir Stern a beaucoup parlé (parié ?) de séquestration de Co2 alors que les techniques industrielles de séquestration sont encore loin d’être efficaces (cela a d’ailleurs été rappelé par le Professeur Claude Henry) et que les forêts ont parfois montré leur limite comme puits de carbone (Climatmundi exclue par exemple la plantation d’arbres dans ses actions de compensation de Co2).

Il a aussi beaucoup été mis en exergue la nécessité impérieuse des percées et ruptures technologiques. Attention aux mots : autant je suis convaincu que l’efficacité énergétique est l’une des parties de la réponse au problème, autant il ne me semble pas sérieux de baser principalement notre réponse sur des ruptures technologiques, par principe hypothétiques. D’où l’attrait du scénario négaWatt qui parvient au facteur 4 (diminution par 4 des GES en 2050 ndlr) sans avoir recours ni aux ruptures technologiques ni au nucléaire, ce qui n’est pas l’avis de Christian de Boissieu, Président du groupe Facteur 4, qui indiquait qu’«il faut consolider le socle nucléaire».

Message d’espoir ensuite, repris par d’autres discutants : la Chine s’éveille … et se donne déjà dans son 11ème plan quinquennal des objectifs importants et ambitieux ; de même que les Etats-Unis qui, même s’ils ne signent pas le protocole de Kyoto, commencent, à l’échelle des Etats ou des villes, à prendre des mesures comme à New York ou en Californie.

A la question posée du thème de cette conférence «le défi climatique : une opportunité pour l’Europe ?» il a clairement été répondu que l’Europe était déjà un leader sur la question et que le sujet de l’environnement pouvait être un ciment dans la reconstruction de celle-ci.

Autre consensus exprimé (mais on le dit maintenant y compris à Davos et même Jean-Marc Sylvestre en semble convaincu, alors !) : la limite de l’économie de marché. Il faut «corriger la défaillance du marché» (Nick Stern) en revenant au principe du pollueur-payeur, «le réchauffement climatique, c’est le problème de notre modèle économique depuis la révolution industrielle» (Pierre Alain Muet) ; «Kyoto, c'est la date d’entrée dans un monde de re-régulation, dans un monde fini»...«d’un retour à la planification» (Pierre Radanne).

Nathalie Kosciusko-Morizet rappela une conclusion d’un rapport parlementaire auquel elle avait participé : «nous avons une fenêtre de tir de 10 ans pour résoudre le problème (du réchauffement climatique) de façon démocratique …».

Mais ce sont les propos de Pierre Radanne (ancien directeur de l’ADEME) qui m’ont le plus touché car ils replacent l’homme au centre de la réflexion. Avec l’art des formules qu’on lui connaît, il a insisté sur le (changement de) comportement. «C’est un problème d’opinion publique» … «il faut obtenir l’adhésion d’un maximum de citoyens» … mais il faut que «l’effort soit partagé» … «je fais, si tu fais, si nous faisons tous», d’où l’importance de «l’exemplarité de l’action publique» (dont semblait douter quelque peu le Professeur Claude Henry ).

Le mot de la fin fut sûrement aussi de Pierre Radanne qui, expliqua que le sentiment de «déprime» que nous pouvons ressentir devant ce défi et cette nouvelle ère qui s’ouvre, est naturel et qu’il en a toujours été ainsi dans l’histoire des civilisations, comme par exemple à la fin du moyen-âge : «on sait ce qu’on quitte» pour pénétrer une époque inconnue. Il cite alors Kant pour répondre au «pessimisme de la raison ... qui ne sert à rien» par «l’optimisme de la volonté» !

Publié dans une version initiale le 7 février sur mon autre blog d'Economie matin.fr

08 février 2007

Les Alliés débarquent

Personne ne s’étonnera de mon ralliement aux Alliés (de la planète) car j’ai souvent loué dans ces colonnes les différentes initiatives de L’Alliance pour la Planète.

Sur la forme, ce retour en force de la société civile et des associations dans le débat public est salutaire. Le citoyen, le consom’acteur organisé reprend ainsi la parole. Que 72 associations arrivent à s’associer pour mener des actions en commun est aussi un pied de nez à l’égo, une belle leçon d’humilité mais aussi la clairvoyance de l’union qui fait la force.

Pour mémoire l’opération « 5 minutes de répit pour la planète » a réuni le 1er février dernier près de 7 millions de personnes dans un acte symbolique, une démonstration, non pas de forces, mais de volontés.

Sur le fond, les propositions et campagnes de l’Alliance sont souvent très pertinentes car elles cristallisent la réflexion de nombreuses associations et l’expertise de ses membres.

Prenons l’exemple de la Politique avec un grand P, c'est-à-dire celle de la vie de la cité. Au-delà de l’initiative de Nicolas Hulot (par ailleurs membre de l’Alliance via sa Fondation), les 24 mesures proposées sont un vrai programme de Développement Durable.

L’autre campagne d’actualité de l’Alliance «Publicité et Environnement» contribue à la publicité responsable dont j’essaie d’être un acteur et un promoteur. J’ai d'ailleurs brocardé en son temps sur ce blog certaines des campagnes décriées, notamment celle de France Telecom comme celle de Cristaline plus récemment.

Nous sommes maintenant sur la plage, il va encore falloir du courage !

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29 janvier 2007

J'ai 5 secondes pour vous dire que ...


MOV01921
Vidéo envoyée par jjetdd
... le 1er Février je participe à l'opération "5 minutes de répit pour la planète".
Merci à mon équipe de tournage : Juju pour la voix et Capu pour la prise de vue !

2 blogs sinon rien

J'entame ce jour une collaboration avec la version électronique d'Economie matin en y tenant un deuxième blog.

En voici le premier papier ...

J’ai 5 minutes pour vous dire que … ça chauffe !

Aujourd’hui lundi 29 janvier le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) commence à se réunir à Paris pour son quatrième rapport d’évaluation et … malheureusement nous savons déjà que les conclusions de ce nouveau rapport, qui sera rendu publique le 1er février, seront plus pessimistes que celles de celui de 2001 qui prévoyait déjà une augmentation de la température moyenne mondiale à la surface de 1,4 à 5,8°C entre 1990 et 2100 et une augmentation du niveau moyen de la mer comprise entre + 0,09 et à + 0,88 m...

A cette occasion, pour attirer l’attention des politiques, notamment des candidats à la présidentielle mais aussi de celle des citoyens, sur la situation climatique mondiale, l’Alliance pour la Planète (un regroupement de 70 associations environnementales et ONG) a initié l’opération « 5 minutes de répit pour la planète » et demande à tous d’éteindre symboliquement lampes et veilles électriques le 1er février 2007 de 19h55 à 20h. Si la mobilisation est à la hauteur de la déferlante d’e-mails annonçant cette initiative depuis quelques semaine, on peut penser à un large succès médiatique de cet événement.

Même si cette opération n’a pas pour but d’économiser de l’énergie ou de réduire nos émissions de gaz à effet de serre pendant 5 minutes ce jour-là, on ne pourra s’empêcher de se rappeler qu’un soir de 1977, en plein choc pétrolier, Roger Gicquel – La France a peur - demandait aux téléspectateurs qui regardaient son journal télévisé d’éteindre toutes les lampes de leur domicile alors que l’inénarable Michel Chevalet nous montrait l’énorme (175 millions de kwh) et subite baisse de la consommation électrique globale engendrée par toutes ces petites économies.

Jacques Chirac semble vouloir aussi profiter de la réunion du GIEC pour relancer le projet français d’Organisation des Nations Unies pour l’Environnement (ONUE) … espérons que cette fois il viendra avec une lance à incendie car la maison brûle toujours et encore plus fort. En la matière crier au feu n’est plus un acte de bravoure, seul avoir le courage de l’éteindre sera peut-être de la bravitude !

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28 janvier 2007

Un goût de chiottes

A en croire la dernière publicité de Cristaline, boire l’eau du robinet pourrait s’apparenter à boire l’eau des toilettes* …

A l’heure de la communication responsable, cette campagne montre le chemin qu’il reste encore à parcourir pour certains mais c’est aussi un signe d’espoir au vu de la mobilisation citoyenne qu’elle a engendrée. Cette publicité a réussi l’exploit de regrouper contre elle de nombreuses associations (France Nature Environnement, WWF, Agir pour l'environnement, le Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets , la Confédération Nationale du Logement, Résistance à l'Agression Publicitaire, …) jusqu’à la Mairie de Paris et au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable ! Tous se sont é-levés (non pas pour Danette mais contre Cristaline) comme un seul homme pour dénoncer cette création publicitaire et même pour certains porter plainte au pénal.

Sur le fond, tout le monde sait aujourd’hui qu’en France, sauf exception locale, l’eau du robinet est parfaitement potable et extrêmement contrôlée sur tout le réseau de distribution jusqu’au robinet. Mais c’est sur la forme que l’histoire est affligeante car cette campagne est en fait une réponse du berger de Cristaline à la bergère Eau de Paris. Le patron de Cristaline avait en effet si peu apprécié l’excellente campagne du Syndicat des Eaux d’Ile de France vantant les qualités écologiques et économiques de l’eau du robinet qu’il a déclenché cette (contre) attaque. Sacrilège ! On avait osé dire au bon peuple qu’il se faisait rouler dans le PET depuis des années et qu’il pouvait boire l’eau du robinet, accessoirement entre 60 et 600 fois moins chère que l’eau en bouteille et par ailleurs non génératrice de déchets d’emballage et de Co2 lors de son transport …

Ce comportement et cette campagne sont évidemment méprisables, mais n’était-ce pas aussi de la responsabilité de l’agence de ne pas céder à ce brief aux relents d’égoûts ? Même si c’est plus facile à dire qu’à faire, j’ai toujours pensé que conseiller les princes n’était pas toujours les caresser dans le sens du poil… Par ailleurs, le Bureau de Vérification de la Publicité, même s’il a rendu un avis défavorable sur cette campagne, montre une nouvelle fois les limites de son fonctionnement d’auto-régulation.

A force de vouloir trop pousser DéDé dans les toilettes, le consom’acteur français pourrait bien prendre goût au boycott !

* ceci me rappelle que certaines DDASS interdisent d'utiliser la récupération d'eaux pluviales dans les toilettes d’immeubles collectifs au motif qu’on pourrait boire l’eau des toilettes …

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19 décembre 2006

Blog-Job

Ce blog ayant été le catalyseur du lancement de mon activité professionnelle de consultant en communication et en développement durable (JJ & DD), je m'en voudrais de ne pas donner ici quelques nouvelles de cette aventure.

J'ai ainsi le plaisir d'intervenir cet hiver à l'Institut Supérieur de la Communication (Communication et Développement Durable) tout comme je le ferai fin janvier à l'ESC Clermont (Hors media et communication responsable). J'entame également une collaboration avec le goupe de formation Benchmark qui vient d'ouvrir les inscriptions d'un Séminaire (Intégrer les valeurs du Développement Durable dans sa communication) que j'animerai en mai prochain.

Et pour ceux qui ont des cadeaux en retard et qui néanmoins cherchent à donner quelque sens à cet achat, je voudrais vous dire tout le bien des Editions Elka ... que je conseille par ailleurs et qui ont sorti en cette fin d'année leur deuxième opus dans la collection les carnets de Timéo : Les dessous de l'or blanc - la face cachée de nos vêtements.

Bonne Année, bonne DD.

03 décembre 2006

JJ & DD sont des Freemen

Je suis donc entré en religion chez les Freemen. Mais quelle est donc cette secte si étrange dont le nom sonne comme un chewing gum sans sucre ?

En fait, un regroupement iconoclaste (à vous de juger) de bloggers qui partagent 2 idées. La première : le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique. La deuxième : s’attaquer sérieusement à ce problème (et à d’autres… guerres, pauvreté, etc.) implique une remise en cause profonde de nos modèles économiques et particulièrement de la notion de «croissance».

Freemen est donc un réseau de blogs, dont les auteurs sont d’accord avec les affirmations ci-dessus (au moins) et s’engagent simplement à chaîner les autres. L’objectif est de donner plus de visibilité à chacun, et à l’ensemble. De donner de la voix à tous les indépendants, à tous les esprits libres. Chacun, comme le nom « Freemen » l’indique, pense et écrit toujours ce qu’il veut sur son blog … et ça m’arrange. L’ensemble de ces contenus formera petit à petit une nouvelle «chaîne», un nouveau «journal», chacun parlant de ce qu’il veut, politique certes, mais aussi art, culture, coups de cœur, n’importe quoi, etc. Pour rejoindre le réseau, il suffit, s’il on est déccord avec les principes énoncés ci-dessus d’insérer la liste « Freemen » sur son blog et de vous faire connaître de l’un d’entre eux, qui transmettra.

Homme libre toujours tu chériras … le développement durable !

24 novembre 2006

Lo be or not lobby

Comme la prostitution, les cabinets de lobbyng s’affichent aujourd’hui ostensiblement comme à Bruxelles mais cette sortie de la clandestinité ne leur donne pas pour autant une virginité.

Le lobbying n’est définitivement pas un outil de communication responsable car leur finalité est l’antinomie des fondements du développement durable et de la démocratie. Comment justifier une action qui a pour but de faire prévaloir un intérêt particulier sur l’intérêt général ? Comment accepter qu’on puisse vouloir infléchir une loi de la République (décidée démocratiquement par et pour les citoyens) au bénéfice d’un intérêt privé, en général pour des raisons de profits, souvent au détriment de l’environnement, parfois même de la santé publique ?

Des vessies pour des lanternes

Ce qui est détestable et choquant dans le lobbyng c’est bien évidemment le discours déguisé, la volonté de tromper. Les techniques utilisées par les officines spécialisées s’apparentent à celles de la guerre … fut-elle de l’information, comme le «perception management». Il est légitime et sûrement même souhaitable qu’une entreprise ait un dialogue avec élus et agents publics mais encore faut-il que cette relation soit transparente, sans arrière pensée et basée sur le respect. Cet échange sincère avec les parties prenantes est la base de toute gouvernance digne de ce nom.

Les lobbys les plus puissants et les plus fourbes sont ceux des filières et des groupements. L’union fait alors la force et dilue la faute morale entre tous : tous un peu responsable mais personne vraiment coupable, une vraie leçon de courage ! Les entreprises qui avouent, par souci d'honnéteté, avoir recours à cette pratique font en quelque sorte amende honorable mais elles feraient bien de faire l’autre bout du chemin et de cesser définitivement ces pratiques d’un autre temps.

Combien d’entreprises se targuent de leur comportement exemplaire en matière de Développement Durable et combien ont par exemple tenté de torpiller en sous-main la directive Reach ou du moins tenté de la vider de sa substantifique moelle réglementaire et contraignante ! Que ceux qui pense que je force un peu le trait prenne le temps d’aller découvrir les nominés du "Prix du Pire Lobbying de l'UE 2006"...

Le seul lobby qui trouve grâce à mes yeux c’est celui qui a pour but de protéger le citoyen, le consomateur et ses droits : un lobbying d’utilité publique en quelque sorte mais le mot lobby est alors bien mal choisi …

18 novembre 2006

Sens pour sang

On dit souvent qu’il faut laisser parler son cœur mais l’émotion n’est pas toujours bonne conseillère, il faut aussi parfois faire appel à la (sa) raison …

Je venais donc de me casser le nez sur la devanture fermée d’un point de dépôt de paniers bio de mon quartier, quand je fus attiré par l’enseigne d'un Centre de don du sang qui le jouxtait. "C'est l'occasion qui fait le larron, pourquoi pas ?" me suis-je dit. Mais assez rapidement mon coeur se mit à battre. "Non ce n'est pas une si bonne idée, une autre fois peut-être, …". Eh oui, plus hypocondriaque que moi tu meurs ! La seule vue d’une seringue ou d’une blouse blanche me fait pâlir.

Mon cerveau a heureusement repris le contrôle de la situation en me demandant de lui donner une et une seule bonne raison de ne pas pousser cette porte ... et c’est bien la Raison qui me fit finalement donner mon sang.

Capucine, ma fille de 7 ans qui commence à bien connaître Dédé vu le temps que son père passe avec lui, me dit tout à l’heure en me voyant rédiger ce billet pour mon blog «mais Papa, donner son sang, c’est pas du Développement Durable»… Ben, si quand même ma chérie, il est bien question ici de solidarité, qui est l'un des principes majeurs de Dédé (je rassure ceux que je vois sourire, j'ai utilisé d'autres mots).

Mais que la Raison ne nous empêche surtout pas d’avoir un cœur gros comme ça !

09 novembre 2006

JJ, le France-In-Terrien









Pour moi il n’y en a qu’une, c’est … France Inter. Alors ça fait d’autant plus plaisir de savoir mon blog à l'affiche de l’émission Blog à Part du 10 novembre (à lire ou à écouter).

Bienvenue donc aux France-In-Terriens qui viennent découvir le blog de JJ et DéDé. Dédé, c’est «mon ami qui vous veut du bien», mon double, ma gouvernance personnelle, bien évidemment DD comme Développement Durable. Vous l'avez compris, mon crédo, mon ambition c'est d'expliquer simplement et concrétement les enjeux de Dédé. Du réchauffement climatique au commerce équitable en passant par la maison écologique, de l'agriculture durable à l'éolien en passant par la politique, parfois au travers d'expériences ou d'anecdotes personnelles (comme celles de l'eau chaude solaire ou du compost de mes courgettes dont parle David dans sa chronique). Le tout bien sûr toujours avec un peu d'humour et en gardant un esprit critique.

Une interview/présentation réalisée par David Abiker, par ailleurs chroniqueur dans l'excellente émission Arrêt sur Images de France 5 et contributeur émérite du Big Bang Blog. Si ça c’est pas du cirage de pompe ! Une vraie pompe, à la différence de la pseudo pompe au bio-éthanol de Thierry Breton …

05 novembre 2006

Apprendre à compter libère !

La sensibilisation au développement durable passe nécessairement par la transmission et donc l’assimilation de données, de faits et chiffres, qui vont petit à petit permettre une prise de conscience.

Dans cet apprentissage il faut au préalable, selon Pierre Radanne (ancien directeur de l’Ademe et dorénavant expert indépendant), «dimensionner le problème», car en effet «apprendre à compter libère». Dans le cas du réchauffement climatique et des émissions de gaz à effets de serre, il va nous falloir apprendre à compter en dioxyde de carbone (Co2) ou en Tonne Equivalent Pétrole (tep). Apprendre par exemple qu’un an de chauffage d’un appartement c’est 1 tonne de Co2, qu’un ménage moyen français représente 15,5 tonnes de Co2 par an. Au-delà des valeurs absolues, ce sont souvent les valeurs relatives qui parlent : faire ses courses dans un supermarché de proximité c’est 60 fois moins de pétrole et d'émissions de Co2 que d’aller les faire en voiture à l’hypermarché en périphérie urbaine (4 kep – 12,6 kg de Co2 vs 251 kep – 773 kg de Co2).

Il viendra le temps où comme pour les étiquettes «énergie» de l’électro-ménager chaque produit aura son étiquette «carbone», c'est déjà le cas depuis mai 2006 pour les voitures. Certains imaginent une carte Co2 de laquelle seraient débitées les équivalences en Co2 de toutes nos consommations de la vie courante, et comme avec une carte bleue, il n’y aurait pas de découvert autorisé au-delà d’un quota qui nous serait attribué …

Avez-vous remarqué qu’on retient d’autant mieux ces chiffres, ou du moins leur ordre de grandeur, qu’ils sont surprenants ... comme celui des 5 500 milliards d’euros que coûterait à notre économie notre non prise en compte du problème du réchauffement climatique. On accepte par ailleurs d’autant mieux ces chiffres, fussent-ils déroutants, qu’ils nous sont donnés par des «autorités» rassurantes (personnalités qualifiées, experts, ONG et même parfois célébrités comme l’ex futur président des Etats-Unis !).

L’avantage de ces équations, c’est qu'elles se suffisent souvent à elles-mêmes, elles nous rendent intelligents car elles nous font déduire de façon intuitive et évidente la réponse à l’enjeu, c’est donc nous et nous seuls qui arrivons à la conclusion, à la prise de conscience et ainsi le passage à l’acte, le changement de comportement en est facilité. Un exemple personnel : j’ai été éduqué à manger de la viande à tous les repas, et bien j’en mange naturellement moins et sans effort depuis que résonne dans mon esprit les calculs du type «200 g de veau est équivalent à 50 Km en voiture en bilan carbone» ou encore «1kg de bœuf c’est 15 000 litres d’eau» …

25 octobre 2006

"Sans communication, il n’y a pas de développement durable"

Interview exclusive

Serge Orru, nouveau directeur du WWF depuis le mois de juillet, a accepté de répondre à quelques questions à l’aube de l’ouverture de la quinzième édition du Festival du Vent dont il est aussi le Président.

Communication et Développement Durable sont-ils antinomiques ?

«Sans communication, il n’y a pas de développement durable . Nous ONG, nous devons en permanence sensibiliser, convaincre, produire des arguments nouveaux, persuader, toujours démontrer et rendre désirables nos propos . Mais soyons vigilants, le développement durable ne peut être qu’un alibi marketing.»

Que répondez-vous à ceux qui disent que pour une ONG le partenariat avec les entreprises c’est vendre sa liberté de pensée ?

«Etre sans moyens c’est être dépendant des subsides publiques. Une ONG doit être puissante avec ses membres, les français doivent pouvoir soutenir les associations de leur choix. Les associations en France sont faibles en membres et en moyens : nous sommes 130 000 membres en France quand nous en avons 1 million aux Pays –Bas ! C’est cher et difficile de s’opposer à certains lobbys. Rendez-vous compte, l’équipe française de WWF est composée seulement de 85 personnes et notre budget c’est le petit budget d’une agence de publicité. Les entreprises c’est formidable car le changement est aussi là. Chaque geste compte. Il y a 800 millions de voitures dans le monde, vous imaginez ce que ça fait 1 litre d’économie par voiture ? Je crois à la force de la masse, à la force de l’exemple. Les chefs d’entreprise ne sont pas des criminels de guerre. Il y a les conscients et les inconscients, les endormis et les éveillés.»

Mais Serge Orru est aussi à n’en pas douter un poète : «la seule ENR (énergie renouvelable) c’est le rêve» ...

11 octobre 2006

DéDé sera candidat

Les politiques semblent découvrir l’importance du Développement Durable en cette veille d’élections nombreuses et variées.

Jusqu’alors la thématique leur semblait peu sexy ; en effet le «temps politique» avec ses ambitions de court-terme, durée de mandat oblige, était loin de rencontrer le «temps écologique» aux conséquences lointaines. Mais la réalité a rattrapé la fiction et la prise de conscience généralisée (sauf pour le mammouth Claude Allegre) du réchauffement climatique fait aujourd’hui du DD une «urgence» au même titre que les incidents en banlieue ... ce dont vont se délecter les médias et donc les politiques.

Les grandes formations politiques ont donc intégré le sujet et rivalisent de "think tanks" et tables rondes environnementales : états généraux aux PS , colloque à l’UDF, convention à l'UMP. Tous semblent relativement d’accord sur le diagnostic ("la maison brûle") mais c’est dans les propositions concrètes de résolution des enjeux que se ferra le clivage et que se verra le courage politique ou l’opportunisme cynique.

De plus l’age a ses raisons. La génération de notre classe dirigeante (en politique comme en affaires) est issue du siècle des certitudes, de la 4ème république et du progrès salvateur, alors imaginer un changement de paradigme tel que celui du DD, pour certains ce n’est plus de la réforme ou même de la rupture, c’est la chienlit !

Citoyens et société civile vont devoir aiguillonner nos politiques pour prendre réellement ce problème à bras le corps. On peut par exemple compter sur L’Alliance, regroupement de plus de 70 associations et ONG, dont l’une des missions est de sensibiliser les candidats à l'élection présidentielle à intégrer la question environnementale dans leurs programmes, tout comme on a déjà vu cet été l’ultimatum des «Vacances de Mr Hulot» produire quelques effets.

A voté.

02 octobre 2006

C’est qui qu’a pété ?

"Le pet c’est la santé du corps, quand tu pétes plus c’est qu’t’es mort" ; je ne sais plus de qui est cette maxime mais si c’est la santé du corps, ce n’est pas obligatoirement celle de la planète.

Le méthane, car c’est bien de cela que sont constituées nos flatulences, est l’un des fameux GES (gaz à effet de serre) qui contribuent au réchauffement climatique. Doit-on pour autant arrêter de manger du cassoulet ? Non, car l’homme n’est personnellement qu'un faible producteur de CH4. Produit de façon naturelle dans la nature, ce gaz est par contre aussi créé par l’activité de l’homme : brûlis, fuites de gaz des installations pétrolières, culture du riz et surtout élevage des ruminants qui rotent plus que ne pétent : pensez-donc, une vache émet jusqu’à 117 Kg de méthane par an !

Une solution radicale pourrait consister à ne plus élever ni manger de ruminant, à l’exclusion du kangourou, animal très bien élevé s’il en est, puisqu’il rumine mais n’éructe pas. Plus sérieusement, la Recherche se penche sur des solutions pour réduire la fermentation dans la panse de ces animaux : vaccin, modification de leur alimentation.

Mais la méthanisation est aussi l’une des Energies Renouvelables d’avenir (dans la catégorie « Biomasse ») pour peu qu’on arrive à récupérer le gaz généré par la décomposition et la fermentation de déchets organiques. La France compte encore peu d'installations de méthanisation (2 pour des centaines au Danemark ...), qui non seulement produisent de l’énergie mais sont aussi une alternative intéressante à l’incinération des déchets qui rejette encore dans l’atmosphère dioxine, mercure et autres métaux lourds, ... et ce malgré la nouvelle législation plus contraignante. Parmi les expériences originales on citera celles des prisons Rwandaises dont la moitié sont auto-suffisantes en énergie en "méthanisant" les selles de ses détenus !

27 septembre 2006

Libération de Dédé

"Petit à petit l’oiseau fait son nid" disait aussi ma grand-mère : les médias parlent de plus en plus de Développement Durable et, phénomène intéressant, sous des angles très variés, ce qui paraît néanmoins assez logique étant donné la transversalité de la thématique.

Un exemple parmi d’autres, le numéro du 22 septembre dernier du quotidien Libération. En plus de l’habituelle et quotidienne page sur l’environnement baptisée "Terre", on pouvait aussi lire 3 pages sur le Chic Ethique dans la rubrique "Tentations", 2 pages sur Angers, la ville durable (supplément spécial "Villes") et enfin les 2 pages de "Grand Angle" étaient consacrées aux achats par abonnement de viandes et légumes comme les biens nommés paniers Bio.

Les bloggers pouvaient aussi se rendre sur le blog adhoc "Effets de Terre" de la version électronique du quotidien.

Et j’allais oublier la dernière de couverture, "vendue" à la RATP, avec une pub assez bien faite (pour peu qu’on aime Proust !) qui vantait la fluidité des Bus en ce dernier jour de la Semaine Européenne de la Mobilité .

25 septembre 2006

Mon jardin secret


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Vidéo envoyée par jjetdd
Ce sont peut-être les dernières courgettes de la saison que j’ai cueillies ce week-end dans MON jardin. Attention pas de la courgette calibrée et fade, de la courgette estampillée JJ & DD, une variété « Dalton » (pas une n’a la même taille), élevée à la sueur de son jardinier, sans OGM ni engrais chimique ou pesticide, de celles qui font le bonheur du palais et de celui de mes amis et voisins .

Il y a un an je prenais possession de ce jardin … ou plutôt d’une friche car il y a bien longtemps que personne ne l’avait entretenu. Point de désherbant du type Roundup mais un bêchage en règle, minutieux, long et fastidieux car j’avais décidé de trier le bon grain de l’ivraie, la terre noble du chiendent.

Bien sûr mes premières expériences au potager n’ont pas toutes été couronnées de succès, cette année point d’aubergines, un seul pied de tomate, … une école d’humilité la terre, … j’apprends, mais Alain (le philosophe pas mon copain qui habite à Londres) ne disait-il pas qu’«il faut donner avant de recevoir» ?

Mais je ne vous ai pas encore parlé de ma plus grosse fierté dans ce jardin : mon tas de compost ! Après avoir lu religieusement, comme un athée que je suis, le guide du compost de l’Ademe, j’en ai suivi les préceptes à la lettre, une couche de ceci, une couche de cela, …mais il faut que je vous quitte, il faut que j’aille justement y déverser mes déchets du jour : marc de café, épluchures de pomme de terre, coquilles d’œuf s et restes de pain. J’en profiterai pour le retourner et l’aérer et je contemplerai alors la vie intense de transformation qui y règne (asticots et vers en tous genres, bon appétit). Et dans quelques semaines je compte bien nourrir la terre de mon potager de cet intrant naturel pour que mes courgettes soient encore plus belles la saison prochaine.

11 septembre 2006

Le Gore revient à la mode

Les dernières élections présidentielles américaines s’étaient terminées dans un scénario de série B. Challenger éconduit, Al Gore s’est reconverti depuis cinq ans dans la protection de la Planète et revient dans un nouveau style cinématographique, le documentaire, avec «Une vérité qui dérange» (sortie le 11 octobre) qui présente le missionnaire en campagne.

Les esprits chagrins pourront reprocher à l’ex Vice-Président de Clinton de ne pas être parvenu à faire signer par son pays le Protocole de Kyoto lorsqu’il était aux affaires mais faut-il pour autant saigner la bête et dénigrer son initiative ? …

Comme Pascal, JJ & DD font un pari, le pari qu'Albert Arnold soit convaincu, honnête et sincère dans sa démarche. Qu’avons-nous de toutes manières à perdre dans ce pari ? Rien, car même si Gore ne croyait pas une minute à son discours, l’exposition médiatique qu'il donne à ce film va en faire un blockbuster et permettre une large diffusion et prise de conscience du Réchauffement Climatique et de ses enjeux.

Au même moment une autre initiative surprend, celle d'un autre Arnold, ex-acteur devenu Gouverneur de Californie : Schwarzy réussit à introduire la première législation sur les gazs à effet de serre aux Etats-Unis. Une manoeuvre éléctoraliste ? So what ? Ce qui est pris est pris, isn't it ?

06 août 2006

Vivre pour manger

Les studios américains de dessins animés nous avaient plutôt habitué à des odes à la sur-consommation, c’est pourquoi je fus surpris, et agréablement, lors de la projection de «Nos voisins les hommes». Les qualités graphiques de ce cartoon (par les créateurs de Shrek) n’ont d’égales que les messages écologiques qui sont distillés avec beaucoup d'humour tout au long du film .

Le pitch, comme dirait Ardisson : quelques animaux sortent d’hibernation et se rendent compte que leur forêt a été réduite à la portion congrue de la taille d’un jardin par la construction, pendant l’hiver, de maisons d’une banlieue résidentielle pour yuppies. Les animaux doivent donc reconstituer leurs réserves pour l’hiver et vont craquer, pour un temps seulement … pour les produits industriels emballés à l’image de ce paquet de chips au paprika qui va les faire plus que saliver !

Ils vont ainsi découvrir avec beaucoup d’humour notre société de consommation où les hommes « vivent pour manger » quand les animaux «mangent pour vivre» tout simplement. Eh oui pour les humains, en matière de nourriture, «trop, c’est jamais assez» ! .

28 juillet 2006

Cet été je suis ...Top tendance

Après l'avoir élu dans ses favoris sur son site internet il y a quelques semaines, le magazine de la communication Stratégies vient de sélectionner mon blog dans les 35 "blogs top tendance" de l'année et reprend en page 10 mon billet sur le Bilan de JJ & DD.

27 juillet 2006

Elle est chaude !!

Non, je n’ai pas cédé aux affres d’une expérience houellebecquienne dans les campings de la côte cet été mais simplement à une panne de chauffeau électrique. La panne étant intervenue le vendredi de notre fête nationale je compris assez vite qu’il me faudrait faire avec, ou plutôt sans d’ailleurs, pendant quelques jours.

J’ai tout d’abord redécouvert les bienfaits vivifiants de l’eau froide, même si aux dires de ma moitié, mes onomatopées sous la douche ressemblaient plus à celles de Loana dans sa piscine !

Mais vaisselle grasse et cheveux sales (et vice versa) se lavent quand même mieux à l’eau chaude … l’occasion toute trouvée de précipiter un atelier ludo-pédagogique que je m’étais promis de faire avec les enfants après avoir vu fonctionner le four solaire de l’Espace Info Energie du 12ème (Paris) et lu un article dans la revue pour enfants Coccinelle.

Comble de chance, juillet rime cette année avec 40°. J’ai commencé tout bêtement à remplir une bonbonne de 5 litres d’eau et je l’ai laissée en plein soleil quelques heures. Eh bien oui, elle est chaude et même très chaude ! J’ai ensuite amélioré le système en peignant en noir ma bonbonne puis fabriqué une alcove concave pour concentrer les rayonnements (en découpant la moitié d’un bidon métallique et en l’habillant de papier d’alu).

J’ai donc survécu* pendant 5 jours avec mes 2 fois 5l d’eau chaude solaire par jour. Que l’on y fait alors attention à son eau chaude ! On pense sa vaisselle à 2 fois, on la rationalise. On hiérarchise sa toilette, on recycle son eau peu sale, …

Ca en fera sûrement sourire quelques-uns mais me laver les cheveux avec MON EAU CHAUDE m’a donné fierté et plaisir comme la première fois que j’ai … fabriqué du pain de mes petites mains. Et après la réparation du chauffeau, j’ai continué à «produire» mon eau chaude.

* je prends cette expérience à sa juste valeur pédagogique, je sais, ou plutôt je ne sais pas, ce que peut être la difficulté de ceux dont c’est le quotidien de ne pas avoir accès à l'eau chaude courante.

26 juillet 2006

JJ & DD font un challenge

Retrouvez mon interview "JJ Fasquel : vers la communication responsable" sur le Blog Emploi Challenge.

13 juillet 2006

Je com-pense donc je suis

Bonne surprise ! Lors de ma dernière réservation d’un véhicule de location (chez Avis pour ne pas les citer), il m’a été proposé de compenser les émissions de CO2 que j’allais produire en roulant, par le versement forfaitaire de 1,5 €. Cette somme, et celles de tous les autres consommateurs qui auront accepté de payer ce supplément, sera investie, via le programme Carbon Neutral de Future Forests, dans des plantation d’arbres qui feront office de puits de carbone.

Ces initiatives de compensation commencent à se multiplier, on citera aussi en France Climat Mundi qui propose aux particuliers comme aux entreprises de compenser leurs émissions en finançant par exemple des fermes éoliennes dans des villages ruraux en Inde.

Autres mérites de ces opérations, ceux de re-donner une valeur économique à la pollution induite et de rappeler le principe, évident pourtant ... , du pollueur-payeur. Néanmoins n’oublions pas que compenser c’est bien mais que ne pas émettre ou émettre moins c’est mieux. On trouve aujourd’hui encore trop peu de véhicules de location électriques ou hybrides.

29 juin 2006

J’ai fait le Trottoir-Express

Ce matin j’ai croisé une maman qui était présente au spectacle "le Show du Tri" que j’organisais samedi dernier dans ma résidence. Elle était heureuse de m’annoncer que ses filles faisaient maintenant attention au Tri Sélectif. J’étais moi aussi heureux car je sais, comme La Rochefoucault (un ami du Bâtiment DD) que "Rien n'est aussi contagieux que l'exemple".

Je crois à l’animation citoyenne ; le théâtre de rue a un potentiel ludo-pédagogique incroyable. Je salue le talent des comédiens de la compagnie Trottoir Express qui ne se contentent pas de jouer un spectacle sur le Tri Sélectif et le Développement Durable, on sent tout de suite qu’ils en saisissent les enjeux, maîtrisent la complexité de la thématique pour d’autant mieux la vulgariser afin que petits et grands puissent, le temps d’une histoire, avancer dans la réflexion et se réveiller convaincus de l’évidence du "bien trier".

La recette du changement ? Expliquer sans culpabiliser, convaincre sans vouloir faire la morale. Tout le monde aspire à être meilleur, moi le premier …mais faut m’expliquer gentiment.

27 juin 2006

JJ & DD habitent le 12ème

Retrouvez l'interview de JJ & DD dans le n° 31 du trimestriel J'habite le 12ème.

20 juin 2006

L’Economie de marché

Je fais partie de ces privilégiés qui ont (ou qui prennent ? …) le temps de faire le marché. Quel beau terrain d’expérimentation ! Bien évidemment j’essaye de privilégier les produits de saison et les productions locales (producteurs-maraîchers d'Ile de France par exemple) au grand damne de ma femme qui a l’impression de manger des pommes depuis 6 mois. Je regarde donc les étiquettes de provenance des produits, non pas par nationalisme primaire mais, vous l’avez compris, pour limiter le réchauffement climatique induit par le CO2 de ces transports lointains. L’affichage de la provenance étant parfois cahotique, je demande alors au commerçant d’où nous vient le produit qui a attiré mon attention et me fait déjà saliver.

"Ce melon, il vient d’où, mon bon monsieur ?", "C’est un Charentais" me répond-il. "Oui mais d’où vient-il ?" rétorque-je alors. Poussé dans ses retranchements le brave homme m’avoue que ce melon vient du Maroc mais que c’est bien un Charentais car il est issu des graines de cette variété. Bouquet final, lorsque je lui dit que ce melon vient de trop loin pour moi, il m’assène le coup de grâce en concluant : "vous savez, pour moi ça change rien, je vais le chercher à Rungis" !

Ceci étant il ne faut pas non plus tomber dans l’intégrisme et il faut continuer à se faire plaisir . Néanmoins c’est aussi un moyen de redécouvrir des légumes (comme le panais) et des façons de les cuisiner un peu originales ou si simples que c’en est un ravissement (petites pommes de terre, carottes et oignons au four avec juste un filet d’huile d’olive et un peu de fleur de sel) …

01 juin 2006

My doctor is green

A Leicester (Angleterre) l’efficacité énergétique de sa maison, c’est simple comme un coup de fil !

En effet, sur simple appel un «Green Doctor» arrive chez vous dans sa camionnette hybride (gaz/essence). Petit cadeau de bienvenue, il vous offre 2 ampoules basse consommation et en plus du diagnostic énergétique gratuit et des conseils très pratiques qu’il va prodiguer, il mettra éventuellement la main à la pâte en posant un bourrelet de porte chez l’un, en isolant le chauffeau chez l’autre ou en installant un réducteur de volume d’eau dans les toilettes chez un dernier. Le but principal de ce programme, réservé aux habitations de certains quartiers en difficulté et mis en œuvre par l’ONG locale Environ, c’est de réduire l’énergie consommée et … de facto la facture des habitants mais c’est aussi améliorer leur confort de vie tout comme les sensibiliser et les former à des éco-gestes. On l’aura compris il n’est pas ici question de chauffeau solaire ou d’éolienne de toit mais d’actions simples et peu chères qui néanmoins ont des répercussions immédiates et non négligeables. L’expérience semble plaire puisque la liste d’attente est aujourd'hui de 600 logements.

En France nous avons bien le réseau des Espace Info Energie mais pas plus les moyens mis à leur disposition que la définition de leur mission ne semblent leur permettre cette pro-activité et pédagogie de terrain...

30 mai 2006

15 minutes de célébrité

Bien évidemment que ça fait plaisir de faire partie des blogs favoris de la rédaction de Stratégies !

28 mai 2006

Le Bilan DD de JJ

A l’heure où sonne le début de la Semaine du Développement Durable je me suis amusé à recenser ce que j’avais réussi à changer dans mon comportement de tous les jours au cours de cette dernière année. Non pas pour obtenir une quelconque médaille mais pour voir où j’en suis et pour dé-montrer, qu’une fois convaincu des enjeux, il est relativement simple et naturel de changer de pratiques et de paradigme. Inventaire à la Prévert ...

Bons Points : j’ai souscrit une part sociale de la coopérative Enercoop, fournisseur d’électricité d'origine renouvelable. Le réflexe d’éteindre systématiquement la veille de la TV est pris. Petit à petit je systématise l’achat de produits bio notamment en hygiène (adoucissant, lessive, nettoyant ménagers, …) et plus ponctuellement en alimentaire (yaourts, pâtes, lait, huile, ...) de même pour les produits équitables alimentaires de façon systématique (le café, le chocolat) et plus ponctuellement (le riz, la pâte à tartine, le sucre, ...). Je viens de terminer un test (que j’ai organisé avec d’autres voisins de ma résidence ) de 6 semaines avec les Paniers (bio) du Val de Loire. Au (super) marché, je privilégie les produits de saison et produits locaux. Ma tenue de combat se limite encore à un pantalon en chanvre, un t-shirt en coton bio et l’incontournable t-shirt Tudo Bom ? Eau, oh .. Je ne bois plus que l’eau du robinet, je coupe mon robinet systématiquement en me rasant, en me lavant les mains ou les dents et j’ai rajouté des bouteilles d’eau dans mes chasses d’eau. J’ai choisi de lancer mon activité de consultant en intégrant la Coopérative d’Activités et d’Emploi Coopaname. Je n’ai pas (ou presque … voir infra) de voiture et continue à utiliser aussi bien au quotidien que pour les vacances les transports en commun (métro, train), taxi ou location de voitures au besoin. Je suis devenu Conseiller de Quartier, dernier (ou premier ?) échelon de la démocratie participative. Et j'allais oublier le lancement début 2006 de ce blog et la mise en place d'une action bénévole de sensibilisation de mes 2000 co-locataires au tri sélectif à venir le 24 juin prochain (spectacle, point info, ...).

Peut mieux faire : J’habite au 2ème étage et j’ai du mal à perdre le réflexe de prendre systématiquement l’ascenseur, je sens que ça vient mais c’est dur. J’ai acheté un chargeur de piles mais il a vite été remisé, trop encombrant. Je n’ai réussi à installer que deux lampes basse conso dans la maison, les ampoules sont trop grosses et c'est vrai que le blanc "industriel" est quand même peu sexy ...

Bonnet d’âne : alors que je n’ai pas de voiture à Paris, j’ai acheté à la campagne une Ami 8 de 1975, ah quand la nostalgie vous prend ... elle pollue 10 à 20 fois plus qu’une voiture de maintenant !

"Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres." Confucius . Il me reste des "marges de progrés", c'est ce qui est motivant, non ? A l’année prochaine, pour mon prochain Compte Rendu de Mandat comme disent les politiques : si ça c'est pas de la transparence !

23 mai 2006

CO2 mon amour

L’Institut de l’Entreprise Competitive (CEI), un lobby libéral américain, vient de se payer une campagne TV diffusée du 18 au 28 mai dans 14 villes des Etats-Unis. Leur slogan : "Le CO2, ils l'appellent Pollution, nous l'appelons la Vie" !

Quoi de plus normal de penser que le CO2 et la pollution ne sont pas si dramatiques quand le Président de ce même pays refuse de signer le Protocole de Kyoto. Et que dire des révélations du New York Times du 17 avril dernier qui nous apprenait que l'ancien patron d’Exxon, avait financé pendant des années de la désinformation sur le réchauffement de la planète ...

Pourtant, les prévisions de réchauffement climatique se confirment, et plutôt à la hausse, selon les résultats préliminaires du 4ème rapport du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Climat (GIEC). Une hausse de 3 à 5 ° C et une élévation du niveau de la mer de 9 à 88 cm sont des scénarios de plus en plus plausibles pou 2100. Les émissions de gaz carbonique ont progressé de 15% ente 1990 et 2002 et le développement exponentiel de la Chine et de l'Inde n'est pas pour ralentir ces productions de CO2.

En France, on a pas de pétrole mais on a de l'humour ... noir si j'en crois la dernière pub d’Areva qui nous promet que "Nos énergies ont de l’avenir. Un avenir sans CO2". Mais une petite voix intérieure me traduit par "Nos déchets ont de l’avenir. Un avenir radieux"...

01 mai 2006

JJ & DD

"La communication a un rôle fondamental à jouer dans la mise en œuvre de toute démarche de développement durable. Elle est clairement exprimée comme outil nécessaire, pour mobiliser, éduquer, informer, accompagner, mettre en place concertation et gouvernance, convaincre !" (ACIDD).

Les nombreuses réactions des lecteurs de ce blog ont fini de me convaincre que j'ai, peut-être …, une approche intéressante dans la façon d'appréhender et de transmettre ces fondamentaux. Pour aller plus loin que les belles déclarations de mon blog, j’ai décidé aujourd’hui de dire mais aussi de faire, en mettant concrètement mon expertise de communicant au service d’organisations (entreprises, collectivités, associations) dans cette "conduite du changement".

JJ & DD, c’est donc le nom de ma structure de conseils en communication et en Développement Durable.

Pour mettre en accord la forme et le fond, j’ai aussi choisi de proposer mes services de consultant en intégrant la Coopérative d’Activités et d’Emploi Coopaname, membre du réseau national Coopérer pour Entreprendre .

24 avril 2006

France Télecom lave plus vert

Nombreuses sont les publicités à nous vanter les actions respectueuses de la planète de tel ou tel produit ou de son fabricant. Je ne vois pas obligatoirement d’un mauvais œil que les entreprises qui font des efforts dans le domaine du développement durable communiquent sur leurs bonnes pratiques car leur puissance de communication peut aussi aider à faire changer les comportements. Mais il ne faudrait quand même pas pousser Dédé dans les orties !

Dernier exemple en date à m’avoir choqué, celui de
France Télécom, qui nous explique que grâce à sa technologie on pourra bientôt (ce n’est même pas encore au point !) couper à distance la lumière qu’on a oubliée d’éteindre en partant de chez soi et qu'ainsi on va pouvoir protéger la couche d’ozone ! Non seulement ça fait 20 ans que la domotique sait vous faire démarrer un chauffage à distance via une ligne de téléphone mais franchement je préférerais que France Télecom achète des pages entières en quadri dans des quotidiens nationaux pour nous informer qu’elle alimente tous ses bâtiments et centraux téléphoniques par des panneaux solaires, que tous ses techniciens circulent en véhicules propres ou encore qu’elle réduit la fracture numérique en offrant un accès internet gratuit aux demandeurs d’emploi ! Quand à la protection de la couche d’ozone je pense que France Télecom voulait parler de l’effet de serre … mais on n’est pas à un détail prés.

Dans les manuels de marketing il faudra désormais rajouter à la famille des techniques alternatives telles que l'"ambush marketing " (profiter de la notoriété d’un événement sans avoir payé le prix d’en être le sponsor) la déclinaison du "greenwashing" (se donner une image d’entreprise verte sans vraiment l’être).

05 avril 2006

Agriculture intensive est, sed perseverare diabolicum !

Il est vrai, qu’après la guerre, l’Etat a demandé à nos agriculteurs de nourrir la patrie .... la course au productivisme était lancée. On se retrouve aujourd’hui dans une situation ubuesque : un secteur concentré dans les mains de quelques-uns, de la surproduction (un seul exemple le vin), une activité souvent subventionnée (qui en général profite aux grosses exploitations dont certaines se sont fait une spécialité de la pêche aux subventions), une qualité des produits globalement en baisse, une culture "chimiothérapique" parfois génétiquement modifiée et enfin une pollution des sols record.

Il est sûrement temps de se dire les choses et de réformer cette … industrie (car malheureusement ce l’est souvent devenu).

Revenir à des exploitations à taille humaine, produire des produits répondant à la demande des consommateurs (pas à l’offre des semenciers) en respectant notre terre nourricière : produire mieux (sans pesticides et engrais chimiques, en évitant les variétés grosses consommatrices d’eau par exemple), remettre au goût du jour les principes de base du travail des sols (assolement, rotation, fertilisation organique, …) et de facto souvent produire moins mais mieux.

Economiquement la production de qualité n’est pas un non sens : la conjonction de la vente un peu plus cher des produits et de la baisse de certains des coûts de production (engrais, pesticides,… ) peut compenser les baisses de rendement. Les subventions peuvent alors jouer leur rôle d'aide et d'incitation à la mutation des productions.

Se remettre en question n’est jamais chose facile, mais j’aimerais tant m’esbaudire des changements des pratiques de mes concitoyens paysans (et j’emploie ce mot à son sens noble) comme je le fais des expériences d’agriculture bio et équitable de leurs alter egos du Sud de la planète.

Place à une agriculture durable, tout simplement.

01 avril 2006

Il faut positiver !

Non, ce n'est pas un poisson, aujourd’hui on sait construire des bâtiments qui consomment très peu d’énergie et rejettent peu de CO2. On rappellera deux des labels énergétiques les plus avancés, tout d’abord la maison MINERGIE (suisse) à 42kwh/m2/an et la PASSIVHAUS (maison passive allemande) à 15kwh/m2/an. Pour éclairer ces chiffres rappelons ici que de nombreux anciens bâtiments consomment aujourd’hui tranquillement 300 kwh/m2/an !!

Séduit par les expériences de BedZed en Angleterre, la Chine vient de décider la constuction de la première éco-ville du monde, à proximité de Shangaï : le quartier de Dongtan devrait être auto-suffisant en énergie avec des habitations pour 50 000 personnes dès 2010 !

Mais la construction du neuf reste marginale en Europe, c’est pourquoi la rénovation des logements anciens est une mine de réductions de consommation d’énergie et d’émission de CO2. Bel exemple s'il en est de la réhabilitation du goupe Henri Wallon près de Grenoble. L’Opac 38 a réussi la prouesse, avec l’appui du cabinet d’architecte Jauré, de réhabiliter plus de 300 logements sociaux avec un cahier des charges exigeant (22 000 € seulement par logement) et des résultats intéressants comme la réduction de la consommation d’énergie de 300 à 130 kwh/an/m2.

Cette rénovation comprend notamment une sur-isolation extérieure, l’extension et la fermeture des balcons (ce qui revient de fait à créer une pièce à vivre supplémentaire), la production d’une partie de l’eau chaude par 450 m2 de panneaux solaires, des fenêtres intelligentes, … sans parler de l’esthétisme du bâtiment qui change de tout au tout. Cette réduction de coût en énergie (-35 % sur le chauffage et l’eau chaude) a de facto un impact important sur le couple « loyer + charges » qui s’inscrit naturellement dans la mission de l’OPAC….

Comme quoi, quand on veut, on peut !

24 mars 2006

Au bar, citoyens !

On a beau dire, on a beau faire le café, le zinc, le troquet que dis-je la gargote, le rade a de tous temps eu un rôle social. Même si la télé omniprésente dans chaque foyer et la tabagie passive ont fait fuir les estaminets, les bars pourraient bien redevenir des lieux plein de sens et de liens. Après les cafés philo, les cafés politiques, voici venu le temps des écolo-cafés et autres cafés citoyens.

Il s’agit bien plus que de rebaptiser pour un soir un bar et le transformer en un lieu de conférences à la thématique dédiée ; c’est l’émergence d’un nouveau concept de "débit de boissons" éco-citoyen basé de façon pérenne sur un patchwork de bonnes pratiques (produits et boissons bio ou équitables, accès internet gratuit, espace non fumeur, gestion du lieu en bon acteur du Développement Durable) et surtout sur l'idée d’un lieu permanent d’information, d’animation, de débat mais aussi de fête. Les enfants ne sont pas oubliés et sont même les bienvenus …

Finie les "brèves de comptoir" à 2 €uros : on peut maintenant lever le coude tout en réfléchissant aux enjeux de la société comme au Café citoyen à Lille. Le label Ecolo-café pourrait lui aussi séduire quelques entrepreneurs en quête de valeurs et … de consom’acteurs.

L’homme (la femme aussi, c’est vrai) a soif de ces rencontres impromptues et informelles et le succès de la démocratie participative (conseils ou comités de quartiers) en est une autre expression.

Allez, DD, une dernière pour la route !

23 mars 2006

Bio et Quitable sont dans un bateau

Le commerce équitable est constitué de nombreux projets de par le monde qui sont autant de belles histoires de cette économie parallèle. Partons au Bénin où longtemps le coton y a été cultivé comme partout ailleurs malheureusement, c'est-à-dire avec force engrais et insecticides dont les conséquences sanitaires sont désastreuses pour les terres et ses cultivateurs (les cultures conventionnelles du coton utilisent 24% des pesticides vendus dans le monde pour 2,4% de la surface agricole mondiale!).

Aujourd’hui les 700 paysans du programme "Benin Organic Cotton", cultivent du coton Bio Equitable (cahier des chages privé audité par Ecocert) sous l'égide de l'Opebab (Organisation béninoise pour la promotion de l'agriculture biologique).

Une culture bio tout d’abord : un coton sans OGM bien sûr, il n’est pas utilisé de pesticides chimiques mais un répulsif naturel (une décoction de feuilles de "neem", un arbre local), pas d’irrigation mais la seule pluviométrie naturelle, pas d’exfoliant pour la récolte mais un travail manuel. Une fois la récolte effectuée en décembre les bœufs sont envoyés dans les champs et vont le nourrir de leur fumure. La culture des haricots prendra la suite dans la rotation des cultures. Les graines autrefois achetées chaquen année sont ici "recyclées" et replantées la saison d’après en avril. Bien sûr, les rendements (500 kg/ha) sont nettement inférieurs à ceux de pays comme l’Egypte qui pratiquent la culture intensive et "chimique" (2 500 kg / ha) mais ceci permet déjà néanmoins à ces coton-culteurs d’en vivre.

Ce commerce est équitable car la production est achetée à un prix, déconnecté de la fluctuation des cours, permettant aux paysans de vivre de leur travail ; dernièrement cela représentait 20 % de plus que le prix du coton traditionnel, sans compter les économies réalisées par le fait de ne plus acheter ni graines ni pesticides. La récolte est de plus achetée 1 an à l’avance, ce qui sécurise la trésorerie du cultivateur.

Bonne pratique équitable supplémentaire, une partie du coton est filé au Bénin (ndlr : trop souvent la transformation des produits bruts, qui crée la forte valeur ajoutée, est réalisée dans les pays importateurs du Nord). Dernière anecdote équitable : le salaire est versé pour moitié à l’homme et pour moitié à la femme du foyer, c’est le projet "Genre" …. Une révolution aussi paraît il …

14 mars 2006

L’ELU du peuple

Qui n’a pas ragé de voir un camion de livraison bloquer la circulation au son du sempiternel «Je bosse moi, monsieur ! » du livreur ?

Quadrature du cercle s’il en est, le TMV (entendez le Transport de Marchandises en Ville) est un enjeu majeur du développement durable ubain et doit concilier l’activité économique nécessaire à la vitalité d’une ville et les attentes des citoyens (décongestion de la circulation, réduction des pollutions atmosphériques et sonores).

Chronopost International semble avoir trouvé une solution en ouvrant à Paris depuis juillet 2005, dans un parking souterrain de la Place de la Concorde, un ELU (Espace de Livraison Urbain). Les colis et plis, après un tri au centre de Bercy, sont acheminés à l’ELU de la Concorde depuis lequel 10 véhicules électriques et 2 Chrono City (trolleys électriques) assurent collecte et livraison au départ et à destination du 8ème arrondissement.

Non seulement ce système répond aux impératifs de réduction de pollution et de congestion mais il apporte aussi une amélioration du confort et de la sécurité des chauffeurs tout comme des gains de temps et d’économies (d’énergies) pour l’entreprise.

Ce système, dont l’expérimentation a débuté fin 2002 à Strasbourg, essaime depuis dans de nombreuses villes de France et d’Europe.

Prochaine étape pleine de sens, l’utilisation de la Seine pou acheminer les colis notamment depuis le centre de Bercy jusqu’à l’ELU de son cœur ... de Paris à la Concorde : le "Paris Seine Express". A suivre …

13 mars 2006

Un Gaspi dans mon lit !

Le choc pétrolier de 1973 avait au moins eu un effet bénéfique : nous faire réaliser le caractère fini des ressources en énergies fossiles et nous rappeler que ce qui est rare est cher. Une prise de conscience nationale avait été obtenue grâce à de nombreuses opérations de communication et de pédagogie dont le célèbre «on n'a pas de pétrole, mais on a des idées !».

La chasse aux Gaspis fut ouverte, un temps …et puis après le choc, le chic est revenu : consommation, insouciance, et un matin du 21ème siècle on s’est réveillé surpris … avec un Gaspi dans son lit.

Depuis 30 ans on a eu des idées pour produire de l’énergie nucléaire plus que de besoin (puisqu’on en exporte) mais on n’a ni eu les idées pour en éliminer les déchets ni pour développer avec la même … énergie et les mêmes budgets des énergies renouvelable.

Aujourd’hui on a des idées pour rouler à l’huile de tournesol mais l’Etat et le lobby pétrolier a aussi des idées pour l’interdire.

Il va pourtant bien falloir faire feu de tous bois (la biomasse, une autre ENR !) à l’instar de la Suède, qui se lance dans un programme pour se passer de l'or noir d’ici 2020 sans construire de nouvelles centrales nucléaires.

En France, l’Association Négawatt, composée d’une centaine d’experts et praticiens de l’énergie, a défini un «scénario pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable». Sobriété et efficacité énergétique combinées aux énergies renouvelables permettent de répondre au double défi de limiter les rejets de CO2 et la consommation d’énergies.

12 mars 2006

Y a du DD dans Mickey 3D

Si une image vaut mille mots, les mots d’une chanson peuvent être une belle parabole. C’est le cas de «Respire», opus du groupe pop rock stéphanois Mickey 3D. Jugez sur pièce …



Approche-toi petit, écoute-moi gamin
Je vais te raconter l'histoire de l'être humain
Au début y avait rien au début c'était bien
La nature avançait y avait pas de chemin
Puis l'homme a débarqué avec ses gros souliers
Des coups d'pieds dans la gueule pour se faire respecter
Des routes à sens unique il s'est mis à tracer
Les flèches dans la plaine se sont multipliées
Et tous les éléments se sont vus maîtrisés
En 2 temps 3 mouvements l'histoire était pliée
C'est pas demain la veille qu'on fera marche arrière
On a même commencé à polluer le désert

Il faut que tu respires, et ça c'est rien de le dire
Tu vas pas mourir de rire, et c'est pas rien de le dire

D'ici quelques années on aura bouffé la feuille
Et tes petits-enfants ils n'auront plus qu'un oeil
En plein milieu du front ils te demanderont
Pourquoi toi t'en as 2 tu passeras pour un con
Ils te diront comment t'as pu laisser faire ça
T'auras beau te défendre leur expliquer tout bas
C'est pas ma faute à moi, c'est la faute aux anciens
Mais y aura plus personne pour te laver les mains
Tu leur raconteras l'époque où tu pouvais
Manger des fruits dans l'herbe allongé dans les prés
Y avait des animaux partout dans la forêt
Au début du printemps, les oiseaux revenaient

Il faut que tu respires, et ça c'est rien de le dire
Tu vas pas mourir de rire, et c'est pas rien de le dire
Il faut que tu respires, c'est demain que tout empire
Tu vas pas mourir de rire, et c'est pas rien de le dire

Le pire dans cette histoire c'est qu'on est des esclaves
Quelque part assassin, ici bien incapable
De regarder les arbres sans se sentir coupable
A moitié défroqués, 100 pour cent misérables
Alors voilà petit, l'histoire de l'être humain
C'est pas joli joli, et j'connais pas la fin
T'es pas né dans un chou mais plutôt dans un trou

Qu'on remplit tous les jours comme une fosse à purin

06 mars 2006

Economie SS !

On peut considérer qu’une entreprise peut avoir d’autres objectifs que de créer du dividende. Elle peut tout simplement avoir pour fondement de rendre un service ; le client devient ainsi un adhérent, un coopérateur, un sociétaire, …. Ceci n’interdit pas à cette entreprise de dégager des bénéfices qui sont souvent nécessaires et à la pérennisation et au développement de l’activité pour en améliorer le service rendu. Paradigme inversé : après « l’homme au service de l’économie », voici le temps de « l’économie au service de l’homme ».

C’est en quelque sorte la définition de la fameuse ESS (Economie Solidaire et Sociale). Les structures de cette économie parallèle, marchande ou non, (mais néanmoins souvent complètement dans le marché) sont parfois des associations, des coopératives, des mutuelles, des fondations mais aussi des structures d’entreprises plus habituelles avec un but…moins conventionnel.

C’est dans ce 3ème secteur (après le privé et le public) que l’on trouvera par exemple le
commerce équitable , l’épargne solidaire , le micro-crédit (qui peut se pratiquer en France ou dans une dimension Nord-Sud) ou encore les SEL (Systèmes d’Echange Local : groupes de personnes qui pratiquent l’échange multilatéral de biens, de services, et de savoirs), mais aussi les mutuelles d’assurances et de santé comme celle de l’Assureur Militant - la Maïf , les coopératives de production comme celle du groupe de presse Alternatives Economiques , ou les banques mutualistes comme le Crédit Coopératif.

Bonne nouvelle : cette économie représente tout de même déjà aujourd’hui 10 % des salariés français !

28 février 2006

Ma maison est en carton

La notion de bâtiment écologique est importante quand on se rappelle que le secteur de la construction est responsable de 25 % des émissions de CO2 et plus de 40 % de l'énergie consommée.

Alors quels sont ces principes de base (qui sont d’ailleurs pour la plupart issus du bon sens et que nos anciens appliquaient déjà il y fort longtemps …) ?

Une construction bien orientée et protégée du vent, peu ou pas d’ouvertures au nord et à l’est, une isolation forte et renforcée au nord, la façade orientée sud largement ouverte et vitrée pour faire rentrer la lumière et capter le rayonnement solaire en hiver, une avancée pour se protéger du rayonnement d’été et… le tour est joué ! Le matériau pourra lui aussi être plus ou moins écologique : le bois certifié est une valeur sûre, la botte de paille est bien plus efficace que dans la fable des 3 petits cochons et le pisé revient à la mode. La récupération d’eau pluviale, le chauffeau solaire et pourquoi pas l’éolienne compléteront la panoplie énergétique de la maison écolo.

En général plus élevé de 5 à 15 %, ce surcoût global sera amorti assez rapidement grâce aux économies générées notamment sur les énergies. On peut bien sûr regretter que ces éco-constructions soient encore trop peu nombreuses pour bénéficier de la courbe d’expérience et des économies d’échelles qui pourraient très vite faire tomber les coûts .. et accessoirement créer de l’emploi.

23 février 2006

Maurice, Dodo et Dédé

Le Dodo, symbole de l’Ile Maurice, était un canard pataud (Raphus cucullatus). Etait, car les colons portugais puis hollandais l’ont chassé pour sa chair et les animaux qu’ils ont introduits (chiens et cochons sauvages) en mangeaient les œufs jusquà … l’extinction de cet oiseau endémique à la fin du 17ème siècle.

D’autres invasions biologiques (plantes et animaux importés volontairement ou non) ont aussi eu raison d'autres espèces indigènes ou endémiques. Devant le risque de menaces de disparition de nombreux végétaux et animaux, l’Ile Maurice s’est lancé dans différents programmes pour faire reprendre ses droits à la bio-diversité originelle : Réserves Naturelles, Parc National, Mauritian Wildlife Foundation, pépinières ou élevages en captivité d’espèces menacées en vue de réintroduction, arrachage de plantes exotiques envahissantes, …

Les colons ont aussi largement contribué à la déforestation et il ne reste aujourd’hui qu’1 % de la forêt primaire …

Gageons maintenant que le tourisme, l’une des premières ressources du pays, ne soit pas une arme à double tranchant…

Au fait saviez-vous que l’Ile Maurice fut l’un des premiers signataires des accords de Rio ?

19 février 2006

La position du missionnaire

58,5% des Français ont déjà entendu parler de Développement Durable …mais seuls 16% d'entre eux savent réellement ce qu'il signifie (Sondage Louis Harris, juin 2005).

C’est pour répondre aux 84 % que j’ai créé ce blog. Je me positionne donc en quelque sorte comme un missionnaire ;-) agnostique. Ma «mission» (à prononcer à la Stallone) : expliquer simplement les enjeux du développement durable et démontrer de façon concrète qu'il est possible d'agir au quotidien. Le parti pris est d'être grand public, pédagogique sans être trop pointu, tout en restant critique ...

"Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l'a engendré." Albert Einstein.

« La position du Missionnaire » me fait aussi penser à un article de la revue La Décroissance qui m’a fait beaucoup rire (l’article pas la revue) : on y expliquait une méthode contraceptive masculine consistant à faire baisser la température des spermatozoïdes en maintenant ses bourses bien au chaud grâce à une petite ficelle !! Ca, c’est de la décroissance à coup sûr !

10 février 2006

Un Indien dans la ville

Il était venu sans sa coiffure de plumes mais le chef de la tribu amazonienne Satere Mawe ne m’en avait pas moins imposé le respect ! Il y a quelques mois, il était en France et racontait ce qu’était pour lui le «commerco justo» (ndlr commerce équitable en portugais). Cette tribu brésilienne produit le Guarana, une poudre dynamisante que l’on trouve notamment dans certaines boissons gazeuses et autres boissons énergétiques.

Face à la demande croissante de ce produit les grandes compagnies en avaient favorisé la culture extensive, faisant baisser les cours à des niveaux non viables pour les petits producteurs … à l’instar du café. Aujourd’hui les Satere Mawe font partie d’un programme qui a fait le choix de cultiver cette plante qualitativement : cueillette du fruit, extraction du noyau et torréfaction lente. Il ne reste plus qu’à le râper pour qu’il devienne la divine poudre re-compactée enfin en petit barreau. Cette plante mythologique, les indiens la boivent eux aussi notamment avant de prendre toute décision importante pour la tribu.

Cette expérience du commerce équitable est exemplaire a plus d’un titre. Tout d’abord cette «nouvelle économie» leur a redonné une autonomie financière (leur guarana est vendu 20 fois plus cher) car ils ne vivaient plus que des subsides de l’Etat qui les préférait asservis ... ; la coopérative permet aussi de doter la tribu de quelques infrastructures (école) et services (ramassage des déchets) mais aussi d’envoyer certains de ses enfants faire des études supérieures. Les Satere Mawe complètent leurs revenus avec de l’artisanat comme la fabrication de bijoux.

Elle a en outre des implications en terme de bio-diversité : cette culture est un frein à la déforestation, les indiens entretiennent leur forêt, replantent le guarana et vont même jusqu’à installer des ruches pour favoriser la pollinisation des fleurs.

Les Satere Mawe semblent avoir ainsi trouvé un compromis : vivre sur et de leur terre en respectant leur culture tout en s’ouvrant au monde.

31 janvier 2006

Ah si j’étais riche !

Tagadagadagadagadagada (prendre "grosse voix russe" pour la chanson) … Mais riche de quoi ?
Jusqu’ici la richesse des hommes est mesurée par le fameux PIB (Produit Intérieur Brut : ensemble des valeurs ajoutées dégagées par les entreprises d'un pays), bref par la fameuse «croissance». Mais peut-on estimer vivre dans un pays riche quand des SDF meurent de froid dans la rue ?

Aujourd’hui certains s’aventurent à penser que ce seul indicateur est bien trop réducteur car il analyse le quantitatif et non le qualitatif, l’avoir plutôt que l’être ; il est strictement économique et fait abstraction des dimensions sociales et environnementales. Par exemple, le travail bénévole ou domestique en est exclu. Avez-vous remarqué que le quotidien Libération publie en bas de sa rubrique "Economie" d’autres chiffres clés en regard du PIB ? Le taux de chômage, bien sûr, mais aussi le nombre de français au RMI ou encore le moral des français et même le nombre d’habitants vivant avec moins de 2$ par jour (2,5 milliards de personnes quand même), de quoi relativiser le raccourci croissance = bien vivre !!

C’est dans cet esprit que le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a mis en place différents indices composites dont l’IDH (Indicateur de Développement Humain) qui est une moyenne de trois critères : le niveau de revenu (PIB/habitant), le niveau d’instruction et l’espérance de vie. Plus militant et mesurant avant tout la «santé sociale», le BIP 40 est le Baromètre des Inégalités et de la Pauvreté.

Enfin, une synthèse semble intéressante : issu de l'institut américain Redifining Progress le GPI (Genuine Progress Indicator) est en quelque sorte le résultat de l’équation suivante : PIB + économie bénévole – coûts sociaux – coûts environnementaux.

Comme on pouvait l’imaginer ces indicateurs alternatifs ont souvent tendance à avoir une progression inverse, ou pour le moins différente, de celui du PIB.

A quand un indicateur comptabilisant le nombre de sourires ? L’Afrique serait n° 1 de ce classement à l'heure où les pays émergents ne comptent que pour 3% du PIB mondial.

29 janvier 2006

« Jette Society »

Tout devient jetable ! Rasoir, lingette, appareil photo, vaisselle, briquet, sac de caisse, DVD , téléphone portable et même dorénavant camescope !!! On peut légitimement s’interroger sur la pertinence de cette dynamique à l’heure où chaque français produit de plus en plus de déchets chaque année (360 Kgs en 2005) et que … "Ca déborde !" . Les "Jetteurs" ont même maintenant leurs "socio-styles" (Etude du CCA - Centre de Communication Avancé).

On ne le répétera jamais assez : le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Ainsi dès la genèse, l’eco-design et l’éco-conception des produits ont pour but de minimiser l’impact et le gaspillage des matériaux, énergies et emballages dans la production, d’optimiser le produit dans son utilisation y compris jusqu’à sa mort et son recyclage (biodégradabilité par exemple). Le bio-mimétisme et la bio-conception, qui s’inspirent de la nature, souvent parfaite, peuvent aussi être source de progrès, "la nature est un professeur pas un fournisseur".

On peut même aller plus loin dans la réflexion en transformant l’achat en usage, le produit en service. Le bien peut alors être partagé ou loué (par exemple la location de voitures).

Plutôt que d’atterrir dans une de nos poubelles, fut-elle jaune, un produit qui ne sert plus ou qui ne plaît plus peut aspirer … à une deuxième vie ! Au grand damne de ma femme, je garde beaucoup de ces choses ("cochonneries" dit-elle) dans l’espoir d’une ré-utilisation future. Mais on peut aussi les vendre d’occasion ou les échanger sur internet même si je préfère la convivialité de mon désormais bi-annuel vide grenier de quartier. On peut aussi les réparer … (là, j’entends ma femme ricaner …. ) ou tout simplement les donner : le concept anglo-saxon "Freecycle" prend pied en France à côté d’initiatives franco-françaises comme "RECUPE" ou du trivial don à une association caritative notamment quand ce sont des vêtements.

26 janvier 2006

... eh bien, densité maintenant !

Urbanistes et acteurs de la cité s’accordent aujourd’hui à penser que les villes se sont trop étalées et qu’il faut re-densifier le tissu urbain. Même si le rêve de tout un chacun reste la maison individuelle il faudra bien se faire une raison afin de limiter les déplacements individuels en voiture pour ipso facto réduire pollution et consommation d’énergies.

Mais cette analyse me parait erronée pour Paris. Comment peut-on vouloir densifier Paris alors que c’est la ville européenne qui a déjà la densité la plus élevée (244 habitants / hectare), soit 3 fois celle de Londres, ou encore l’équivalent de celle du seul quartier de Manhattan à New York ? Paris est très petit (100 km2) comparé à Londres (321 km2) ou à Madrid (607 km2). Les parisiens ont d’ailleurs rejeté lors de la consultation sur le PLU (Plan Local d'Urbanisme) les propositions des tours gigantesques dont rêvait Bertrand Delanoë. Même si la hauteur des immeubles n'est pas l'unique caractéristique de la densité, le R+7 des immeubles Haussmanien semble être la hauteur maximale d’une densité "psychologiquement" ressentie comme agréable à vivre selon l'APUR (Atelier Parisien d'URbanisme ).

La solution pour Paris pourrait passer par un réaménagement de certains espaces mais surtout par l’agrandissement de la capitale en cooptant certaines des communes limitrophes qui, elles, peuvent encore être densifiées ; c’est d’ailleurs une piste proposée par les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans leur excellent petit traité "SOCIOLOGIE DE PARIS". Ce ne serait pas une première puisque l’histoire de Paris est ponctuée de ces « annexions » (il faudra trouver un mot plus « politiquement correct »). Mais aujourd’hui est-il logique que Paris enterre ses morts à Thiais, brûle ses déchets à Evry et fasse son marché à Rungis ? … Cette première couronne ne doit pas être une seconde zone (cf RATP) ; l’intégrer serait aussi la considérer en lui donnant des moyens et des ambitions (couverture du périphérique, densification des transports en commun, décentralisation d’équipements ou de services « nobles », …). Mais cette idée semble déranger élus de toutes tendances...

24 janvier 2006

Tu me fais tourner la tête

La première éolienne horizontale (entendez à axe horizontal) de toit en France vient d’être installée au faîte d’un immeuble HLM du Pas de Calais. Petite goutte dans l’océan puisqu’elle ne produira que 7 000 KiloWatts/heure par an, soit juste assez pour alimenter en électricité les parties communes de deux immeubles d’une quarantaine de logements, mais expérience symbolique car l’éolien urbain est encore bien rare.

Enérgie renouvelable pratiquement inexistante en France il n'y a pas cinq ans, l’éolien semble vouloir se donner des ailes dans l’hexagone avec des prévisions de 2000 MégaWatts pour le début de 2007 (contre 700 MégaWatts seulement fin 2005 pour 119 parcs).

En 2007, la plus grande ferme éolienne terrestre française ouvrira à Salles-Curan (Aveyron) et sera composé de 29 éoliennes d'une puissance totale de 87 MégaWatts , l’équivalent de la consommation électrique d'une ville de 134.000 habitants.

Le retard est néanmoins grand par rapport aux autres pays européens : 150 MégaWatts installés en France fin 2002 contre 12000 en Allemagne, 4150 en Espagne, 2900 au Danemark.

De façon surprenante, même si l’éolien maritime coûte plus cher, les parcs éoliens en mer ne semblent pas avoir retenu les faveurs du Ministère de l’Industrie qui, après un large appel d’offres, n’a retenu qu’un seul projet de 105 MégaWatts.

On est encore loin de l’objectif (directive européenne du 27 septembre 2001) qui nous a été assigné pour 2010 de produire 21 % de notre électricité par des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydraulique,...) contre 12 % aujourd’hui…

Repos, vous pouvez souffler.

20 janvier 2006

Ma grand-mère en avait

Fille de la Laïque, ma grand-mère avait certaines valeurs qui me semblent en accord avec celles du développement durable : égalité, fraternité, solidarité, humanisme. C’est aujourd’hui mon anniversaire ! Et bien qu’elle s’appelait Yvonne et pas Madeleine ;-) , je me souviens que pour mes 18 ans elle m’avait recopié, de sa belle écriture d’ancienne institutrice, le fameux poème de Kipling « Tu seras un homme, mon fils ». Etre un homme, être un citoyen.

A mon sens, cette Ecole de la République, qu’elle aimait tant servir, doit aussi former nos enfants à la citoyenneté au sens large : instruction civique bien sûr mais aussi secourisme, sécurité incendie et bien évidemment éco-gestes, tri sélectif, respect de l’environnement (la nature, l’autre), solidarité, …

Le paradoxe aujourd’hui c’est que nos enfants ne demandent qu’à « apprendre » le développement durable - il leur semble d’ailleurs tellement « naturel » - alors que nos décideurs (politiques et économiques) sont souvent persuadés que ce n’est encore qu’une fantaisie de pays riche. Réveillez-vous, Messieurs ! Nous ne vivons plus dans l’euphorie et l’insouciance des trente glorieuses. L’équation de notre tableau noir est celle-ci : raréfaction des ressources et des énergies (pétrole et eau) + pollution + dérèglement climatique = ?. Il va définitivement falloir être un homme ... ou une femme ;-) pour la résoudre !

18 janvier 2006

Bois en mieux !

On avait presque réussi à convaincre l’opinion publique du désastre écologique et économique de la déforestation massive et anarchique des forêts tropicales notamment amazoniennes et africaines …. quand à l’automne dernier une campagne TV de promotion du bois est venue semer la confusion. En effet, le slogan « consommer du bois fait du bien à la forêt » pouvait sembler un peu contradictoire avec les appels à protéger les forêts tropicales. En fait, la campagne initiée par les industriels de la filière du bois concernait les forêts européennes qui ont une toute autre problématique.

Une autre campagne « Le papier c’est la vie » , diffusée hier dans de nombreux quotidiens, émane cette fois-ci de l’industrie papetière (grosse consommatrice de bois pour sa pâte à papier). Elle explique que couper du bois, ce n’est pas tuer la forêt, ce peut même être un bien pour elle (coupes d’entretien) d’autant qu’en France nos forêts s’accroissent de 25 000 hectares chaque année.

Alors qu’en penser ? Le bois est bien une énergie renouvelable et un matériau (construction et mobilier) écologique pour peu qu’il soit issu de forêts certifiées et gérées de façon durable (notamment en maintenant leur bio-diversité et en reconstituant le patrimoine au fur et à mesure de l'exploitation). A côté de nombreux labels de complaisance, l’éco- label FSC (Forest Stewardship Council = Conseil de Bonne Gestion Forestière) garantit cette bonne gestion et peut-être dans une moindre mesure le label PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes = Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières). De fait cela revient en général à privilègier l'achat de bois local . Mais que ceci ne nous empêche pas de travailler aussi à limiter notre consommation exponentielle du papier ….

15 janvier 2006

Mon voisin est daltonien

Comme tous les week-ends je peste contre les affreux daltoniens de ma résidence qui confondent encore le jaune du vert ou du blanc et qui viennent remplir les poubelles jaunes, réservées aux déchets recyclables, de bouteilles en verre, de pots de yaourts ou de sapin de noël !

Pour bien recycler, il faut bien trier. La logistique doit tout d’abord être adéquate : combien d’immeubles (c’est le cas chez moi) n’ont pas adapté les locaux à ce tri sélectif, souvent par manque de place mais aussi par absence de réflexion ou tout simplement d’intérêt.

Le cœur du problème réside ensuite dans le changement de comportement. Il faut donc informer, former puis convaincre du bien fondé de cette nouvelle attitude. On peut être optimiste quand on voit, dans un tout autre domaine, les bons résultats de la campagne « Les antibiotiques c’est pas automatique ».

Pour ne pas être taxé de « yaka fokon », j’ai proposé bénévolement mes services à mon bailleur, l’Opac de Paris (qui se dit concerné par le développement durable et s’est doté d’une charte ad hoc) afin de réfléchir ensemble à l’optimisation de la gestion des déchets dans notre ensemble (600 logements tout de même !). Wait & See ...

11 janvier 2006

J’y pense le matin en me rasant

Il y a quelques années, en voyage aux confins de la Turquie je suis allé chez le barbier. Cet homme m’a rasé en n’utilisant que l’équivalent d’un verre d’eau qu’il avait chauffé quelques instants sur un camping gaz de fortune. Je pense à cet homme tous les matins en me rasant … mais pourtant je l’avoue bien humblement, il n’y a en fait pas si longtemps que je coupe mon robinet en me lavant les dents.

Ces éco-gestes, il me faut, il nous faut les apprendre, les ré-apprendre car souvent nos anciens les avaient fait leur par innocence, bon sens, économie, solidarité, savoir-vivre, savoir survivre ….

Dans le même temps 1,5 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. La fondation France Libertés, dont l’un des combats est de faire de l’accès à l’eau potable un droit universel, nous le rappelle dans sa campagne choc de ce début d’année.

Le réchauffement climatique aidant, l’eau n’est plus une problématique exclusive des pays du Sud, la France n'est pas épargnée. L’eau sera malheureusement aussi, comme le pétrole, une source (comme la langue française est riche !) de conflits.

09 janvier 2006

Il est pas frais mon poisson ?

L’autre jour chez le poissonnier je souhaitais acheter un filet … de poisson. Le commerçant me propose de la Perche du Nil. Bien évidemment, ayant vu le film « Le Cauchemar de Darwin », je me refuse à acheter de ce poisson prédateur qui, introduit dans le lac Victoria dans les années 60, l’a vidé de toutes les autres espèces indigènes (rien que de repenser au film j’en ai des nausées). Alors, très fier de mon refus citoyen, j’ai pris à la place du grenadier, un poisson blanc, préparés en jolis filets … mais sûrement pour la dernière fois. En effet, le lendemain, j’ai appris que ce poisson des grands fonds, coqueluche de la pêche intensive depuis quinze ans est déjà en voie d’extinction comme ses compères l’empereur et le sabre noir . Poisson à maturité lente, il n’a plus le temps de se reproduire … et va disparaître.

On en reparlera dans ce blog mais l’urgence de la situation ne peut plus se suffire de déclarations de bonnes intentions, il faut réguler la production par des quotas et des moratoires et arrêter de subventionner tout et n'importe quoi. En attendant que le législateur prenne le taureau par les cornes ou le grenadier par ses arêtes, le consom’acteur que je suis, que vous êtes, a aussi le pouvoir d’orienter ses achats. Consommer est, et sera de plus en plus, politique.

08 janvier 2006

Aqua bon ?

L’eau du robinet de Paris est bonne ! D’excellente qualité, elle est minéralement équilibrée. Alors « aqua bon » continuer à acheter de l’eau en bouteilles ? Sans parler de la fin de la corvée de porter ces kilos d’eau et de l’économie financière qui, sur une année, n’est pas négligeable, l’intérêt est aussi et surtout écologique. Boire l’eau du robinet c’est économiser l’énergie nécessaire à la production et au transport des bouteilles, c’est réduire la pollution des camions qui les emmènent sur les lieux de vente et bien évidemment c’est réduire les déchets que constituent les bouteilles vides car même si elles se recyclent un bon déchet est un déchet qui n’a pas été créé.

Paris a fait une très belle campagne de communication en rebaptisant "Eau de Paris" son eau du robinet. Cette campagne est d’autant plus intéressante qu’elle a utilisé les leviers marketing de la grande consommation jusqu’à créer la carafe Eau de Paris, designée par Piere Charnin.

On se rappellera avec un petit sourire le scandale de l’année dernière quand Coca voulait nous vendre sous la marque Dasani de l’eau du robinet …. en bouteilles !

Allez un petit effort, 51% des Parisiens déclarent encore boire uniquement ou principalement de l’eau embouteillée !

07 janvier 2006

Un panda à Longchamp !

Aussi surprenant que cela puisse paraître il n’y a pas aujourd’hui de Maison de l’Environnement à Paris (seuls existent quelques Points Info Energies gérés par l’ADEME).

L’association WWF va répondre à cette carence : la Ville de Paris vient en effet de lui accorder la concession du Domaine de Longchamp , 3 hectares d’un terrain clos d’une rivière, dans le bois de Boulogne. Attrait principal du site, un parc laissé en jachère depuis six années où la nature et la bio-diversité ont repris leurs droits. Ce domaine compte aussi quelques bâtiments (qui accueillent déjà les bureaux du WWF et de Yann Arthus Bertand, partenaire du projet) et un château du début du siècle qui, après réhabilitation, sera l’un des outils pédagogiques du WWF qui souhaite ainsi « démontrer de façon concrète qu'il est possible d'agir au quotidien pour un développement durable". Cette vitrine des pratiques du développement durable proposera notamment des expositions et animations ludo-pédagogiques, permanentes et ponctuelles, à destination de publics variés (scolaires, professionnels, grand public, institutionnels, …). Ouverture prévue en juin de cette année.

05 janvier 2006

Le petit livre vert

Après le Capital et le Petit Livre Rouge, le nouvel opus révolutionnaire s’appellerait-il l’ « Entreprise Verte - Le développement durable change l'entreprise pour changer le monde » ? Ce livre écrit par Elisabeth Laville (fondatrice du cabinet Utopies), explicite de façon très simple et pragmatique les fondamentaux du Développement Durable mais aussi et surtout en l’appliquant aux entreprises. Pour avoir assisté aux Etats Généraux « Entreprises et Développement Durable » je peux vous assurer que peu d’entreprises ont pris réellement conscience des enjeux. Certaines ont compris l’obligation légale (par exemple celle de Loi NRE), d’autres l’intérêt marketing (mais attention à celles dont la gestion réelle ne serait pas en accord avec leur communication) mais peu en ont fait leur gouvernance d’entreprise. Eh oui ce livre est révolutionnaire car il se permet de suggérer qu’une entreprise pourrait ne pas avoir comme unique et seule raison d’être de faire du profit. Dingue, non ? ;-) En tous cas c’est devenu ma bible, moi qui ne croyais pas en Dieu, je crois enfin en quelque chose !

Utopies a par ailleurs lancé un groupe de travail « Publicité & Communication Responsables » dont on peut retrouver certains des travaux sur un site dédié.