04 novembre 2015

On commence quand ?


Un soir de décembre je reçois un appel d’Alice une amie « écolo » qui me raconte qu’elle a écrit un documentaire intitulé provisoirement « le coach climat » dans lequel le dit coach accompagnerait deux ou trois familles dans la réduction de leur impact sur le climat et qu’avec Amélie, la productrice, … elles ont pensé à moi ;)

Etant donné que j’aime faire de la pédagogie sur ces sujets et que je suis curieux de tout nouveau projet je donne un oui de principe et c’est comme cela que je me retrouve embarqué dans cette aventure de plusieurs mois.

Mi-avril c’est le premier jour de tournage à Bois Colombes et je n’en mène pas large. En effet même si j’ai déjà fait l’objet de nombreux reportages télévisés sur mes activités de compostage je me demande si je vais être capable d’endosser le costume qu’on a imaginé pour moi. Mais il faut bien se jeter à l’eau … Arnaud (le technicien son) m’installe un micro HF, Emmanuel (le réalisateur) me donne les grandes lignes de ce qu’il attend de moi pour cette première séquence et …. ça tourne.

Je rencontre donc en « direct live » pour la première fois Patrice et Marie qui ont tous les deux un nouveau projet professionnel en gestation. Marie rêve de faire de sa marotte son métier, la rénovation/réparation de meubles récupérés dans la rue et Patrice va quitter prochainement Orange pour lancer avec des amis une application mobile de co-voiturage instantané sur courtes distances. Nous tournons différentes scènes de coaching d’éco-gestes dans la maison y compris avec leurs deux filles et très vite une complicité se noue avec la famille dans cette relation relativement intime de tournage et de partage. Je rentre le soir lessivé : la concentration demandée à chaque prise prend beaucoup d’énergie au novice que je suis. Mais l’équipe semble satisfaite de mes débuts, ce qui me rassure un peu.

C’est ainsi que pendant 6 mois je vais régulièrement me rendre au domicile des trois familles : à Bois Colombes en banlieue parisienne chez Patrice et Marie, à Grand Quevilly dans la banlieue de Rouen chez Stéphanie et à Pont-Péan dans la banlieue de Rennes chez Teddy et Maximilien. Teddy et Maximilien sont tombés en adoration de la papesse du Zéro Déchet, Béa Jonhson, et veulent suivre ses traces quand Stéphanie sensibilise déjà les enfants de sa commune au bio et au bien manger et travaille sur différents projet du « champs à l’assiette ».

Avoir coaché ces familles est un bien grand mot, je pense leur avoir parfois donné confiance et souvent fait partager mon enthousiasme et mon expérience, moi qui me suis lancé depuis maintenant presque 10 an dans cette transition aussi bien au nouveau personnel que professionnel. Bien évidemment sur les éco-gestes et sur mon sujet de prédilection du compostage et du jardinage je leur ai donné des conseils pratiques et nous avons réalisé ensemble différentes mises en place comme l’étonnante culture en lasagnes sur le toit de la cuisine de Patrice et Marie.

Mais j’ai également vécu une belle histoire avec la « team » du tournage (Emmanuel, Katia, Mathieu, Arnaud et Ludovic). J’ai adoré me retrouver sur la route, comme au bon vieux temps où j’étais organisateur de concerts, avec l’équipe technique avec qui nous alternions sérieux du tournage et ambiance potache d’après boulot.

Fin août la production nous emmène tous passer quelques jours dans une ferme bio à Mortagne, une sorte d’épilogue au documentaire. Au volant d’un minibus je récupère à la gare de Saintes les trois familles qui, alors qu’elles ne se sont jamais vues, ont immédiatement une connivence et une relation fusionnelle, une vraie colonie de vacances, à croire que partager une telle aventure de la transition donne des atomes crochus !

Vous avez raté la diffusion sur France 2 le 24 novembre dernier du documentaire désormais intitulé "on commence quand ?"... Séance de rattrapage icihttps://t.co/Etjva8WjeL
Plus d'infos sur Compostory www.compostory.fr

08 septembre 2015

JJ l'happy-culteur dans un bouquin

L'association Gare aux Abeilles vient d'éditer "Un apiculteur, une apiculture", trentaine de portraits d'apiculteurs ... dont le mien,  à lire ici.

Ces témoignages illustrent la diversité des activités économiques, environnementales ou scientifiques qui existent grâce à l’abeille et aux produits de la ruche.

Apiculteurs amateurs ou professionnels, à la campagne ou en ville, scientifiques, politiques, entrepreneurs, artistes, associations s’expriment librement sur leurs actions et leurs visions de l’apiculture.

http://apiculteuraparis.blogspot.com/

27 juillet 2015

Un Beau Wwoof à Belle-Ile

Il y a 5 ans je faisais mon premier wwoofing sur l’ïle de Bréhat. C’est à Belle-Ile en mer que je débarque cette année pour une semaine au Rucher de l’Abeille Noire chez Quentin, Maggy et leurs trois enfants Armand, Jasmine et Titouan. Quentin était animateur jeunesse sur l’île depuis une dizaine d’années quand un vieil apiculteur amateur l’a initié et lui a transmis le virus de ce métier. Après un temps de pratique amateur, lui qui avait déjà un BPREA agricole a suivi un cursus complémentaire « apiculture » par correspondance et s’est installé comme apiculteur professionnel il y a 2 ans maintenant. Quentin a aujourd’hui sur l’île 150 ruches qu’il conduit en bio. 
C’est dans sa miellerie que nous faisons connaissance mais rapidement car Quentin propose aux touristes un atelier apiculture l’été et l’animation du jour va commencer. Je dis animation car on sent que son ancien métier le sert. Il accueille ses hôtes dans une clairière pour un exposé théorique sur les abeilles devant un rideau rouge comme au théâtre. Après une dégustation de miel, de pollen et de propolis, il propose aux invités d’enfiler une tenue d’apiculteur pour pénétrer dans le rucher. Une ruche est alors ouverte. Les visiteurs en ont plein les mirettes, ils ont pu voir quelques unes des 50 000 locataires de la colonie, Mme la reine et même une abeille naître en direct devant leurs yeux.
Fin de la visite dans la miellerie où les enfants fabriquent une bougie et les parents font leur emplettes des différents productions de Quentin (hydromel, bougies, pollen, propolis, ….) mais les clients du jour ne pourront malheureusement pas repartir avec du miel car Quentin n’en a plus en stock depuis déjà quelques mois et il faudra attendre la récolte du mois d’aout pour pouvoir à nouveau acheter le miel de ses ruchers. Ils pourront se consoler avec une autre production de la maison : des infusions qui sont préparées à partir de cueillettes sauvages ou de cultures locales. 
La fin de la journée se passe dans la convivialité car famille et amis passent à la miellerie. Et il est temps pour moi de m’installer dans ma petite caravane.
Jour 2 : Une journée placée sous le signe de la menthe que le matin nous irons cueillir dans un champs cultivé à dessein et l’après-midi trier (enlever les tiges et les feuilles abimées) pour les mettre au séchoir dans l’obscurité. Sans oublier la vidange des poubelles des toilettes sèches dans le composteur adhoc …. Le soir je sors de la quiétude de cette première journée pour plonger dans la marée humaine des touristes de l’ïle pour assister au feu d’artifice du Palais tiré de la fameuse citadelle. 
Jour 3 : Aujourd’hui nous allons parcourir la plupart des ruchers de Quentin. Une visite de chaque ruche et en fonction de la situation nous poserons une hausse supplémentaire, nourrirons les jeunes colonies, répartirons les abeilles de colonies orphelines. L’abeille noire de Belle Ile est bien plus paisible que la parisienne ! Un arrêté interdit d’importer des colonies du continent ce qui permet à l’abeille noire de Belle Ile de conserver sa rusticité et la pureté de la race. En fin de journée je vais farnienter sur la jolie petite plage de Port Guen située à deux pas.
Jour 4 : Nous terminons la visite des ruchers puis direction le laboratoire pour une mise en flacons de teinture de propolis qui est une autre production du rucher. La propolis a notamment des qualités antimicrobiennes et antifongiques. Quentin ayant programmé trois visites du rucher aujourd’hui je profite de cette après-midi ensoleillée pour découvrir quelques autres plages de l’île … et ses nombreuses montées et descentes que je parcours en vélo. 
Jour 5 : C’est dans les vapeurs d’hydromel en cours de fermentation que je passe la matinée à soutirer le divin breuvage et à rajouter la « bentonite » pour le stabiliser. Et comme Jiji aime les sucettes il en mettra également en sachet ce matin là pour terminer par la préparation de cadres spécifiques pour récolter du miel en rayons. L’après-midi sera consacrée à l’aménagement de la miellerie car demain soir Maggy y fêtera son anniversaire : rangement, installation d’une sono et d’éclairages.
Jour 6 : Après un petit tour au Coin des Producteurs où Quentin officie ce matin je fais un peu de tourisme local le matin (comice agricole, ressourcerie, marché) et l’après-midi nous finalisons la préparation de la fiesta du soir. Une cinquantaine d’invités, une multitude de plats amenés par les et les autres et de la danse jusqu’au bout de la nuit…
Jour 7 : Dimanche c’est le repos du … wwoofer 
Jour 8 : Après avoir accueillie Laure la wwoofeuse qui va prendre ma suite, nous retournons dans le champs d’aromatiques pour désherber, cueillir le reste de menthe puis rabattre les plants. Et la trier comme en début de semaine. A nouveau des amis passent et c’est l’occasion de déboucher une bouteille d’hydromel en une sorte de pot d’adieu, sûrement plutôt d’au revoir car j’ai déjà envie de revenir sur l’île avec mes enfants peut-être même cet été. Pendant que je fais mon sac je ne peux que me féliciter de cette semaine de wwoofing riche en apprentissages mais également en rencontres. Quentin et sa famille ont été adorables et on a vraiment passé de très bons moments ensemble.
Plus d’infos sur le rucher de l’abeille noire : lerucherdelabeillenoire.com
Le WWOOFing consiste à travailler bénévolement (une trentaine d'heures par semaine) dans une exploitation agricole en échange du gîte et du couvert. 

23 avril 2015

Ca tourne !

Ambiance estivale hier sur le tournage d'un documentaire de France 2 (diffusion en décembre 2015 à l'occasion du Cop21 à Paris) dans lequel j'accompagne pendant plusieurs mois trois familles dans leur transition écologique (de l'éco-geste du quotidien au nouveau projet professionnel). Nous étions en ce début de semaine à Colombes (92) chez une première famille où bien entendu il a également été question de compostage et de culture en lasagnes !