24 avril 2008

Formation : l'ABC du DD

J’ai fait le constat qu’il n’existe pas (ou très peu) de formations proposant, en une simple demi-journée, de démythifier le Développement Durable et d’en expliquer simplement les enjeux.

C’est pourquoi j’ai décidé de programmer dorénavant régulièrement ce rendez-vous qui s’adresse à tout salarié d’entreprise, toutes fonctions et métiers confondus (dans le cadre de la formation professionnelle, du DIF, …). La diversité du vécu des participants fera aussi le sel et la singularité de ces rencontres.

Nous aborderons bien évidemment au cours de cette matinée les fondamentaux tels que l’historique et la définition du DD, les grands enjeux économiques sociaux et environnementaux qui font qu’aujourd’hui «There Is No Alternative» de ne pas se lancer dans une démarche de responsabilité mais aussi les réponses que nous pouvons individuellement et collectivement apporter aussi bien comme salarié, consommateur ou citoyen.






Et pour donner du sens et du pragmatisme à cette formation, elle se déroulera au cœur du quotidien d’un acteur du DD. Cette première édition se tiendra ainsi ni plus ni moins que dans le show room d’Idéo. le mardi 30 septembre prochain les murs de notre salle de formation auront donc les couleurs et les matières des créations de cette sympathique marque de prêt-à-porter bio et équitable.

A l’issue de la demi-journée de formation théorique les responsables d’Idéo nous présenteront leur activité. Nous aurons en outre l’occasion de prolonger débat et discussion puisqu’un repas pris en commun clôturera la session, l’expérience montre que ce temps partagé post-formation est toujours très enrichissant.

;-) Les participants ne repartiront pas avec la sempiternelle sacoche en plastique mais avec un t-shirt de notre hôte pour devenir autant de "porteur de sens".

Inscriptions et informations en cliquant ici.

18 avril 2008

Chtimi & DD

Y aurait-il quelque opportunisme à écrire un billet sur le film qui va sauver cette année le cinéma français de son marasme ?

Ben non, Biloute, car "Mi ch’uis d’boulone", en français dans le texte "je naquis et vécus une décade à Boulogne sur mer, sous-préfecture du Pas-de Calais qui est un des territoires du parlé picard encore appelé le Ch’timi ".

J’ai donc été le 18 234 347ème spectateur du long-métrage "Bienvenue chez les Ch’tis" et n’en déplaise aux intellectuels de tous poils j’ai ri aux larmes.

Vous savez, les larmes ont un goût quand elles viennent mourir sur vos lèvres. Tout d’abord le goût de l’essentiel car j’ai surtout vu dans ce film une ode à la simplicité. Le bonheur, c’est parfois simple comme une barquette de frites de chez Momo. En fait ce film a fait écho chez moi au fameux "moins de biens, plus de liens" d’une autre croissance. Eh oui, on peut être heureux sans la dernière Rolex à la mode ou sans manger ce yaourt qui vous va si bien au tain. Tin quoi ? Et pour ce qui est du beau temps, de toutes façons "les gens du Nord ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors" comme dit la chanson ….

Malheureusement dans ch’nord cette simplicité (matérielle) n’est pas toujours volontaire... Mes larmes avaient aussi le goût de la compassion et de la sympathie que je peux avoir avec les hommes et les femmes de ce territoire que j'ai quitté à l’aube de l’adolescence.

Allez "dors min petit quinquin" !

09 avril 2008

Une autre pub est possible ?

Les Semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Après la semaine du Développement Durable voici semble-t-il la semaine de l’humour … vert ou plutôt de l’humour noir.

Alors puisque c’est fête, j’ai moi aussi fait parler mon talent créatif,mon humour et ma bonne foi légendaire en recomposant cette réclame. Le bonheur c’est parfois simple comme une gomme de Photoshop.
Cette communication (DDB pour Audi) est malheureusement peut-être également une réponse du berger à la bergère ou plutôt du constructeur automobile aux associations environnementales qui, ces temps derniers, ont pointé du doigt le fait que les mentions de consommation de carburant et d’émissions de CO2 ne respecteraient pas, notamment dans leur taille, les obligations d’une directive européenne (Affichez le CO2 !).
* En fait, la semaine du DD nous avait déjà donné un florilège de publicités de cet acabi ....

08 avril 2008

Un voyage plutôt qu'une destination

Il y a deux ans c’est aux rênes de Crinoline et en roulotte que nous avions passé une partie de nos vacances d’été en roulotte. Cette année Dédé partira avec femme et enfants découvrir la Montagne Noire escortés de deux ânes bâtés de la Ferme d’en Goût qui propose un éco-tourisme en dehors des sentiers battus.

C’est ce type de tourisme et d’acteurs engagés que récompensent depuis l’année dernière les Trophées du Tourisme Responsable* dont la 2ème édition est en cours. L’année dernière 12 lauréats ont été couronnés parmi plus de 150 participants.

J’ai rencontré dernièrement l’élue 2007 de la catégorie Tourisme d’Affaires Responsable qui dirige l'hôtel Les Orangeries, un exemple d'éco-responsabilité. Au-delà de son écolabel européen, de sa rénovation HQE et des nombreux prix qu’il a déjà reçu, cet établissement est un modèle de cohérence : tout y a été pensé par le filtre du développement durable et de nombreux projets et améliorations sont à nouveau en gestation.
Mais ne dit-on pas que le développement durable est un voyage plutôt qu'une destination ?...
* Je fais partie cette année du Comité de Sélection

01 avril 2008

Le Poisson d'Avril du MEDAD

Le filet d'humour du jour : est-il bien raisonnable de faire débuter la Semaine du Développement Durable un 1er avril quand on connaît les problèmes d'extinction de certaines espèces de poissons ?

31 mars 2008

Chez JJ, la semaine du DD c'est toute l'année !

C’est la troisième année qu'à l'occasion de la Semaine du Développement Durable je me plie à l’exercice d’introspection de faire mon bilan DD annuel (voir Le Bilan DD de JJ 2005/2006 et Mon Almanach Vert-Mots 2006/2007 ). Quelles ont donc été mes nouveautés et avancées ?

JJ le dandy : ma garde robe éco-responsable s’est étoffée bien évidemment de quelques produits de la marque Idéo (Tu veux ma photo) et j’ai aussi craqué dans la gamme Biologik de la marque KanaBeach pour une parka et une chemise très sympas. Mais les producteurs de la mode éthique sont aussi parfois victimes de leur jeunesse : impossible d’enfiler une chemise d’Art.23 sur laquelle j'avais flashé car taillée trop juste (du XL pourtant … vu mon corps de rêve ça doit passer tranquille !) et j’ai ramené chez Katia Hild une jolie chemise de chez Machja dont le renfort « cartonné » des poignets a bougé au lavage. Force est de reconnaître par ailleurs que l’offre "Homme" est encore assez réduite.

JJ sent bon et bio : j’ai découvert que le savon d’Alep avait d’autres vertus que celle de se laver le corps, en effet c’est un superbe savon à barbe, ça mousse et c’est onctueux. Curieux de nature j’ai même testé et vérifié qu’on peut aussi s’en servir pour se laver les cheveux (il parait qu’on peut aussi s’en servir pour se laver les dents … à tester l'année prochaine ? ...). Néanmoins pour les cheveux j’ai aussi essayé différents shampoings Bio et notamment celui de Patyka , marque de parfums et soins cosmétiques bio créée par un ancien copain de promo.

JJ tout là-haut dans sa «chanvrette» : les travaux de réfection de la toiture et d’aménagement des combles de ma maisonnette à la campagne vont enfin débuter ces jours-ci. Dire que le cahier des charges écologique (modeste pourtant) que j’avais fixé a retardé cette rénovation est un vain mot : combien d’entrepreneurs ont regardé au plafond (au propre et au figuré) quand je leur ai dit que je voulais une isolation en chanvre … deux ans après certains devis manquent encore à l’appel, pourtant ce matériau naturel se pose en rouleaux comme la laine de verre qui gratte... Bref, mon toit sera finalement quand même bie isolé en chanvre, mon lambris brut de sciage en bois PEFC et le plancher flottant en bois FSC sur une sous-couche en peuplier.

JJ fait des cachotteries : l’année dernière je vous comptais mes lessives réalisées en cachette avec des noix de lavage (je continue régulièrement cette transgression tel un zorro masqué). J’ai aussi expérimenté, incognito pensais-je, un compost sur mon balcon dans un gros pot en grés. Mais le pot au roses fut découvert cet été ! J’avais été trahi par quelques moucherons et une odeur un peu forte ! Cette expérience m’a néanmoins donné envie de la partager (pas l’odeur !) et je suis en train de mettre en place un compost d’immeuble dans ma résidence.

JJ est au courant : de petits changements anodins demande parfois beaucoup de volonté, ce fut mon cas pour installer deux malheureuses rallonges avec interrupteurs au niveau de mon poste de travail informatique et de ma télévision pour pouvoir en éteindre les veilles. Je suis enfin passé à l’acte cette année. Pour donner du baume au coeur à certains j’ajoute que grace à cette mise en place et au remplacement des ampoules à filament par par des ampoules basse consos c’est la troisième année consécutive que ma facture d’électricité baisse de 15 % (environ 50 €). J’ai racheté un nouveau chargeur de piles et cette fois-ci je crois que le pli est pris.

JJ est DD mais il se soigne : la pharmacopée naturelle est un sujet que j’aborde doucement mais sûrement, je soigne ma digestion difficile à l’huile essentielle de fenouil et cet hiver je me suis protégé de mes angines à répétition avec de la propolis, une cure de gelée royale et des extraits de pépins de pamplemousses.

A l'année prochaine, même heure, même lieu ?

26 mars 2008

Fais moi mal, Johnny, Johnny !

En voyant comment la donzelle semble grimper au rideau, j’ai cru un instant que Findus venait de lancer une nouvelle marque de sex-toy …. il n’est pourtant question que d’un plat surgelé qui nous ressert l’archétype réchauffé de la femme objet, tu vas jouir ma cocotte !

Je ne suis, loin s’en faut, ni une grenouille de bénitier ni une chienne … de garde mais une telle utilisation de la femme dans la publicité me donne envie de mordre les mollets des communicants qui n’ont pas encore compris que véhiculer ce type de représentation est tout sauf responsable. La communication responsable a pour creuset le respect.

En diffusant ces stéréotypes éculés et dégradants la pub perpétue ou construit par petites touches une certaine image de la femme dont les conséquences au long cours sont parfois dramatiques, il suffit pour s’en convaincre de lire la page des faits divers des journaux.

J’adore l’humour et le second degré, mais en publicité ces deux procédés doivent à mon sens épargner deux prés carrés : les représentations qui renforcent préjugés et stéréotypes sociaux ainsi que les messages contre-productifs en terme d’enjeux du développement durable (comme la pub de Mc Do de cet été).

Le Prince Charmant de la publicité a longtemps menti pour séduire (sur-promesse, mensonge par omission, …) … mais la Belle au Bois Dormant s’est réveillée et n’a plus cure de ces enchantements. Il serait enfin temps que les publicitaires réalisent que les consommateurs aspirent à ce qu’on leur parle vrai et qu’on leur montre la réalité, leur réalité.

La femme qu’on aime, celle avec qui l’on vit et avec qui on a des enfants est celle des publicités Dove, elle a les formes de la poupée Ruby pas de la poupée Barbie. Les consommateurs ont soupé de l’idéalisation des représentations qu’on leur donne à rêver.

Les plus optimistes argueront que cette publicité a le mérite ou la nouveauté d’oser enfin montrer une femme jouir au grand jour … tellement au grand jour qu’on nous a caché son visage ! It's a long way ...

28 février 2008

Militant et Politique ?

Une relation professionnelle reprochait l’autre jour à demi-mot à mon blog (et donc j’imagine à moi-même) d’être militant et politique. Qu’en est-il ?

Le développement durable dont il est question dans ces colonnes est bien évidemment politique dans son sens premier, il s'agit d’un projet de société dont on revoit les fondements et donc les alternatives ; faire croire que ce changement de paradigme pourrait se limiter à de petits changements cosmétiques serait malhonnête. Par contre politicien ce blog n’est pas et ne sera pas.

Militant, ce blog l’est assurément. Mais qu’est-ce qu’être militant sinon défendre des idées et des valeurs auxquelles on croit ? Oui, j’ai le "zèle ardent dont font preuve certains en vue de rallier des personnes à une cause" (définition du militant chez wikipédia). A défaut de rallier, je veux en tous cas partager ma réflexion. Oui, je veux bien être considéré comme un blogueur militant comme la Maïf est un assureur militant (foi de sociétaire). Mais militant ne veut pas dire intégriste, exigeant ne veut pas dire sectaire.

Mes prises de position de blogueur sont celles d’un homme de la société, d’un citoyen et d’un consom’acteur. Par contre je n’ai pas vocation à en faire le prosélytisme dès lors que j’enfile mon costume de formateur ou de consultant. Mais qu’on ne se méprenne pas, j’ai bien changé de paradigme et lorsque je forme à la communication responsable je n’en parle pas comme d’une mode ou d’une théorie universitaire mais bien comme d’une nécessité et d’une évidence fort de mon expérience professionnelle et de ma réflexion.

J’ai en outre la conviction que la pédagogie du développement durable c’est de donner le plus objectivement possible les clés des enjeux afin que chacun arrive seul et à son rythme à l’évidence de la nécessité du changement.

Et je veux ici vous dire le bonheur du formateur qui, parfois - restons modeste - sent poindre l’étincelle dans l’œil de l’étudiant ou du stagiaire. Signe des temps et de l’avancement de la prise de conscience, cette étincelle est de plus en plus fréquente quand elle ne se transforme pas en feu d’artifice !

01 janvier 2008

Parce que je le voeux bien

J'ai longtemps souhaité à ma fille au moment de se coucher un rêve de toutes les couleurs ... Le citoyen du monde JJ et son copain DD vous souhaitent une très bonne année 2008, de toutes les couleurs ...

Photo de laure maud pour green is beautiful® pour Idéo.

24 décembre 2007

Quiz de Noël

En cette période d'achats compulsifs j'ai été sensible à ces mots que je veux vous faire partager "Choisir, c'est préférer, c'est aussi renoncer. C'est préférer la qualité au nombre, la durée à l'instant, la sauvegarde de la nature à son exploitation, le bien commun à la convenance de certains. Ce n'est pas tenir pour légitime tout ce qui est techniquement faisable et économiquement rentable".

Quel peut bien être l'auteur de cette définition de la consom'action ? ...
L’auteur de ces lignes, qui datent de plus d'un demi-siècle (1951), n’est autre qu’André Romieu, fondateur de l’UFC-Que Choisir. Ne l'oublions pas, le mouvement consumériste est l’une des parties prenantes de la société civile sur laquelle il faudra aussi de plus en plus compter.

11 novembre 2007

Un café et décroissant

La diabolisation du mot décroissance ne cacherait-elle pas tout simplement le manque de courage que nous avons de nous dire les choses une fois pour toutes, sérieusement, solennellement, sans catastrophisme mais sans équivoque ? …

Kenneth Boulding avait eu la clairvoyance* de dire que "celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec un monde fini, est un fou ou un économiste" (ou s’appelle Jean-Marc Sylvestre ndlr ). Le Club de Rome nous avait déjà dit en 1972 "Halte à la croissance" et Paul Valéry nous avait aussi prévenu que "le temps du monde fini commence", maxime qui fait parfaitement écho à l’impossible équation de la trop grande empreinte écologique de notre mode de vie actuel par rapport à nos ressources.

Ce "mot-obus" de la décroissance est souvent agité comme un chiffon rouge alors que plus personne ne conteste la finitude (j’aime ce mot, c’est mon petit côté Ségo) des ressources fossiles et même fissiles. La production de pétrole aux Etats-Unis est déjà en décroissance depuis les années 70 et chacun leur tour les autres producteurs de pétrole glisseront eux aussi allègrement sur le tobogan du Pic de Hubbert (un autre ami de Dédé). Puisque la décroissance de ces ressources est inéluctable, il nous faut anticiper la pénurie en nous adaptant plutôt que de la subir de plein fouet et vivre une vraie récession. L’urgence du réchauffement climatique nous impose par ailleurs d’en accélerer la baisse de la consommation.

Qui plus est, il n’y a pas de corrélation entre ce qui nous sert aujourd’hui à mesurer la croissance, le PIB, et le bien-être. Tout au contraire, rien de meilleur pour le PIB qu’une tornade, une épidémie, une marée noire ou encore une guerre. En effet, la reconstruction, le nettoyage, les réparations, les soins, … vont générer des biens et services vendus, donc du PIB. Serait-ce cette croissance là qu’on veut "aller chercher avec les dents" tout en reconnaissant que "notre modèle de croissance est condamné" ?

Oser utiliser le mot décroissance c’est peut-être aussi faire la moitié du chemin, faire le deuil d’un modèle dont on a compris les limites et se donner le courage, car il en faudra, de résolument changer de paradigme, par de nouveaux comportements individuels (bien au-delà des éco-gestes, nécessaires mais insuffisants) et des politiques collectives audacieuses.

Oui c’est une révolution, oui c’est une rupture, non ce n’est pas revenir à l’age de pierre car le challenge est bien de ré-imaginer le monde et de faire mieux avec moins à l’instar du scénario négaWatt qui démontre, noir sur blanc, chiffres à l’appui, comment il nous est possible d’atteindre le Facteur 4 (diviser par 4 nos GES, gaz à effet de serre) auquel nous nous sommes engagés pour 2050.

Cette sobriété (heureuse) pourrait devenir le moteur du Bonheur Intérieur Brut ...

* citation que j'avais atrribuée par erreur dans une première édition au pape de la décroissance Nicolas Georgescu-Roegen

19 octobre 2007

Oui au Greenwashing !


Pour une fois, je suis pour le verdissement d'image. A l'heure du Web 2.0 les manifestations peuvent être virtuelles. A chacun son pixel, à chacun de le verdir en l'illustrant de son slogan. Tous au Grenelle ! Osons ! Changer de paradigme demande un peu de courage, la lâcheté serait celle du consensus mou.

Les doigts dans la prise

Notre Johnny national pourrait le chanter : "Noir, c'est noir, il y a de l'espoir". Allez, encore une fois, soyons fous et faisons les diablotins mardi 23 octobre et redonnons "5 minutes de répit pour la planète" à la veille des négociations finales et officielles du Grenelle de l'environnement .

Comme moi et comme France Gall, de 19h55 à 20h, "Débranche, tout" et "Quoique tu fasses, fais le dans le noir !" Faut qu'on s'organise ... ;-)

10 octobre 2007

Tu veux ma photo ?

Ou comment peut-on se retrouver à baisser son pantalon devant quatre inconnues dans un café un soir de septembre ?
Même si le propre d'un blog est parfois de se mettre à nu, je ne m'étais débarrassé de mes atours du jour que pour mieux m'habiller d'idéaux dans le cadre d'une séance photos...

En effet, Antoinette et Rachel, les fondatrices d'Idéo, la marque de prêt à porter "bio et équitable", souhaitaient éditer à l'occasion de l'Ethical Fashion Show 2007, un document présentant des modèles de leur collection été 2008 portés par des acteurs du développement durable "qui s'engagent à leur façon au quotidien. Pour être chaque jour, porteur de sens."
Laure Maud, photographe de mode, membre du collectif de créatifs environnementalistes "Green is Beautiful" et rédactrice en chef de l'e-magazine éponyme, avait relayé cet appel auquel j'avais répondu.

Au delà du plaisir égo-logique de figurer sur ce poster et de se faire tirer le portrait par une professionnelle (faut être une pro pour m'arracher un sourire ... chapeau, Maud !) j'avais aussi eu envie tout simplement de rencontrer les actrices de la marque dont j'étais le consom'acteur et de partager un tout petit moment de leur aventure. La richesse et le sel du DD viennent aussi de ces rencontres avec les hommes et les femmes qui le font vivre.
Photo : Laure Maud Chemise : "Dino" de chez Idéo

06 septembre 2007

26 août 2007

Mildiou* de M !

Cet été Ronald s'est tiré une balle (publicitaire) dans le pied. L'occasion de rajouter un nouvel épisode à ma saga Mc Donald’s (épisodes 1 et 2).

Mais revenons d’abord à un événement positif intervenu depuis le fameux voyage de presse que je vous avais narré. Lorsque j’avais indiqué à la manager Développement Durable de M. que le fait que ce voyage à Toulouse s’effectuait en avion avait failli me faire refuser son invitation (à mettre dans mes résolutions 2008 : être plus intransigeant sur ce sujet) et que j’espérais que M. allait au moins compenser les émissions CO2 du voyage, elle m’avait répondu franchement que ce n’était pas prévu. Persévérant de nature, je lui avais quand même envoyé une simulation de calcul de la compensation des émissions du voyage et j’avais eu la bonne surprise de recevoir un mail une semaine plus tard m’informant que M. avait réfléchi à ma proposition et allait compenser le CO2 de ce voyage, ce qui fut effectivement fait chez Climat Mundi. Mon blog n’ayant pas la fréquentation et donc la puissance médiatique de celui de Nicolas Hulot, je veux croire au pragmatisme et à l’ouverture d’esprit qui ont conduit à cette décision.

Malheureusement, parfois la communication «marque» n’est pas au diapason de la politique développement durable et de sa communication «corporate» … Ainsi, j’ai été sorti de ma torpeur estivale (de mon humidité automnale serait plus juste) par un très bel (mais mauvais) exemple de publicité. «Non au réchauffement de la clientèle. Nos restaurants sont climatisés» clamaient les affiches de tous formats … autrement dit, «pour vous faire venir chez nous, nous sommes prêts à augmenter encore plus le réchauffement climatique en utilisant la climatisation» !

M. aura réussi en un été, par cette seule publicité, à réduire pratiquement à néant la confiance qui commençait à émaner de ses réels efforts en matière de développement durable (à découvrir dans son Ecojournal : catalogue grand public des bonnes pratiques, efforts et expérimentations de la marque dans certains restaurants comme la réduction du poids et le changement de matériau de certains emballages, le compost des déchets, la pose de panneaux solaires ou encore les urinoirs sans eau !).

Cerise sur le gâteau (ou plutôt pépite de chocolat sur le cookie) cette publicité a aussi r-échauffé les esprits de la blogosphère à en compter les 1 230 résultats donnés par Google à la requête "non au réchauffement de la clientèle".

Comment peut-on effectivement juger sincère l’engagement d’une société qui ne trouve pas incongru de délivrer ce message ? Une chose est sûre, cet engagement n’est pas encore partagé par toutes les forces vives (et créatrices) de la marque. Je comprends mieux pourquoi certaines entités mettent en place des «Comité de contrôle de l’autodiscipline publicitaire» pour éviter ce type de mésaventure mais le déploiement d’une politique de développement durable ne doit-il pas avant tout passer par la formation et la sensibilisation des hommes et femmes de l'entreprise qui doivent être convaincus et devenir des ambassadeurs de ce nouveau paradigme ?

* mon titre, au-delà de l’agacement de cette campagne de publicité, fait référence à l’autre événement important de cet été : le mildiou, qui a ravagé toutes mes tomates dont je me délectais d’avance et qui sont tombées au champ d’honneur de l’agriculture biologique.

14 août 2007

Sous le charme de la Grosse Mignonne

J'avais du mettre pied à terre de ma bicyclette avant de toucher au but de ma quête dominicale. Je n'avais pas réalisé que la topographie montreuilloise était loin d'être une morne plaine ! J'arrivais effectivement sur les hauteurs de Montreuil et au fond de l'impasse Gobétue je découvrais enfin ce lieu insolite dont j'avais d'abord entendu parler dans les médias suite à des nuisances générées par l'exploitation illégale d'une entreprise de déchets ... mais en m'intéressant à ce cette actualité j'avais découvert une histoire et un quartier que je voulais maintenant voir de mes yeux vus ...

C'est immédiatement la chanson de Dutronc qui raisonnât à mes oreilles "De grâce, de grâce, Monsieur le promoteur, ne coupez mes fleurs". J'étais en fait arrivé sur le théâtre historique de l'horticulture montreuilloise dont ne subsiste aujourd'hui (miraculeusement) qu'une trentaine d'hectares sur les 500 qu'a pu occuper cette activité au 19ème siècle.

Mais il est ici aussi question de pêches, le mot est laché !. J'étais bien dans le célèbre quartier des Murs à Pêches (MAP) qui justifie son nom par les murs construits par centaines dès le 17ème siécle , non pas pour séparer parcelles et jardins, mais pour permettre la culture de la pêche dont l'arbre était palissé à la toile. Ces murs constitués notamment de plâtre avaient ainsi la capacité d'accumuler la châleur pour la restituer notamment la nuit. Et la noblesse pouvait ainsi se délecter de la Téton de Vénus, de la Grosse Mignonne, autant de variétés qui ont fait la réputation de ces clos à pêches.

Aujourd'hui, l'association éponyme tente depuis 1994 de sauvegarder et promouvoir ce patrimoine historique et écologique. Des parcelles sont entretenues par ses adhérents, des ateliers pédagogiques sont organisés pour les écoles et enfin des ballades commentées sont proposées au public dont j'étais en ce dimanche. Au delà de son leitmotiv et de parfois son combat (elle a réussi à faire classer 8.5 des 37 hectares qui aiguisent l'appétit des bétonneurs) l'Association des Murs à Pêches est aussi un acteur de l'économie sociale et solidaire. Elle conduit pour la seconde année un chantier d'insertion en formant des jardiniers paysagistes et organise chaque été un chantier de reconstruction des MAP avec des bénévoles de tous pays.

Une belle illustration de ce que peut être concrètement le développement durable, une initiative qui donne la pêche tout simplement !

31 juillet 2007

La Com Responsable a son Grand Prix

Il est agréable de voir que la notion de communication responsable s’installe de façon structurelle dans le PCF (Paysage du Communicant Français) jusqu’à avoir désormais son Festival et son Grand Prix.

Le Festival Européen de la Communication Responsable, organisé sur l’Ile des Embiez du 24 au 27 septembre prochain, propose ainsi une compétition qui récompensera notamment les meilleures actions de communication en terme d’éco-responsabilité mais aussi un Forum de la Communication Corporate et du Développement Durable proposant moult conférences, ateliers et rencontres.

J‘aurai la joie d’être le modérateur (ou le poil à gratter ? …) de la table ronde traitant de la question «existentielle» de la communication responsable : action concrète ou alibi, les écarts entre le «dire» et le «faire» …