04 novembre 2015

On commence quand ?


Un soir de décembre je reçois un appel d’Alice une amie « écolo » qui me raconte qu’elle a écrit un documentaire intitulé provisoirement « le coach climat » dans lequel le dit coach accompagnerait deux ou trois familles dans la réduction de leur impact sur le climat et qu’avec Amélie, la productrice, … elles ont pensé à moi ;)

Etant donné que j’aime faire de la pédagogie sur ces sujets et que je suis curieux de tout nouveau projet je donne un oui de principe et c’est comme cela que je me retrouve embarqué dans cette aventure de plusieurs mois.

Mi-avril c’est le premier jour de tournage à Bois Colombes et je n’en mène pas large. En effet même si j’ai déjà fait l’objet de nombreux reportages télévisés sur mes activités de compostage je me demande si je vais être capable d’endosser le costume qu’on a imaginé pour moi. Mais il faut bien se jeter à l’eau … Arnaud (le technicien son) m’installe un micro HF, Emmanuel (le réalisateur) me donne les grandes lignes de ce qu’il attend de moi pour cette première séquence et …. ça tourne.

Je rencontre donc en « direct live » pour la première fois Patrice et Marie qui ont tous les deux un nouveau projet professionnel en gestation. Marie rêve de faire de sa marotte son métier, la rénovation/réparation de meubles récupérés dans la rue et Patrice va quitter prochainement Orange pour lancer avec des amis une application mobile de co-voiturage instantané sur courtes distances. Nous tournons différentes scènes de coaching d’éco-gestes dans la maison y compris avec leurs deux filles et très vite une complicité se noue avec la famille dans cette relation relativement intime de tournage et de partage. Je rentre le soir lessivé : la concentration demandée à chaque prise prend beaucoup d’énergie au novice que je suis. Mais l’équipe semble satisfaite de mes débuts, ce qui me rassure un peu.

C’est ainsi que pendant 6 mois je vais régulièrement me rendre au domicile des trois familles : à Bois Colombes en banlieue parisienne chez Patrice et Marie, à Grand Quevilly dans la banlieue de Rouen chez Stéphanie et à Pont-Péan dans la banlieue de Rennes chez Teddy et Maximilien. Teddy et Maximilien sont tombés en adoration de la papesse du Zéro Déchet, Béa Jonhson, et veulent suivre ses traces quand Stéphanie sensibilise déjà les enfants de sa commune au bio et au bien manger et travaille sur différents projet du « champs à l’assiette ».

Avoir coaché ces familles est un bien grand mot, je pense leur avoir parfois donné confiance et souvent fait partager mon enthousiasme et mon expérience, moi qui me suis lancé depuis maintenant presque 10 an dans cette transition aussi bien au nouveau personnel que professionnel. Bien évidemment sur les éco-gestes et sur mon sujet de prédilection du compostage et du jardinage je leur ai donné des conseils pratiques et nous avons réalisé ensemble différentes mises en place comme l’étonnante culture en lasagnes sur le toit de la cuisine de Patrice et Marie.

Mais j’ai également vécu une belle histoire avec la « team » du tournage (Emmanuel, Katia, Mathieu, Arnaud et Ludovic). J’ai adoré me retrouver sur la route, comme au bon vieux temps où j’étais organisateur de concerts, avec l’équipe technique avec qui nous alternions sérieux du tournage et ambiance potache d’après boulot.

Fin août la production nous emmène tous passer quelques jours dans une ferme bio à Mortagne, une sorte d’épilogue au documentaire. Au volant d’un minibus je récupère à la gare de Saintes les trois familles qui, alors qu’elles ne se sont jamais vues, ont immédiatement une connivence et une relation fusionnelle, une vraie colonie de vacances, à croire que partager une telle aventure de la transition donne des atomes crochus !

Vous avez raté la diffusion sur France 2 le 24 novembre dernier du documentaire désormais intitulé "on commence quand ?"... Séance de rattrapage icihttps://t.co/Etjva8WjeL
Plus d'infos sur Compostory www.compostory.fr

08 septembre 2015

JJ l'happy-culteur dans un bouquin

L'association Gare aux Abeilles vient d'éditer "Un apiculteur, une apiculture", trentaine de portraits d'apiculteurs ... dont le mien,  à lire ici.

Ces témoignages illustrent la diversité des activités économiques, environnementales ou scientifiques qui existent grâce à l’abeille et aux produits de la ruche.

Apiculteurs amateurs ou professionnels, à la campagne ou en ville, scientifiques, politiques, entrepreneurs, artistes, associations s’expriment librement sur leurs actions et leurs visions de l’apiculture.

http://apiculteuraparis.blogspot.com/

23 avril 2015

Ca tourne !

Ambiance estivale hier sur le tournage d'un documentaire de France 2 (diffusion en décembre 2015 à l'occasion du Cop21 à Paris) dans lequel j'accompagne pendant plusieurs mois trois familles dans leur transition écologique (de l'éco-geste du quotidien au nouveau projet professionnel). Nous étions en ce début de semaine à Colombes (92) chez une première famille où bien entendu il a également été question de compostage et de culture en lasagnes !

22 septembre 2014

Lauréat de la Promotion 2014 Paris Durable

Le jardin Santerre, que j'ai initié et que j'anime depuis 2008, fait partie des lauréats de la "Promotion 2014 du Paris durable" qui récompense les initiatives innovantes et inspirantes en matière d’environnement et de développement durable.

Pour mémoire le jardin Santerre est un jardin partagé au sein d'une résidence de Paris Habitat de 560 logements dans le 12ème arrondissement de Paris. Il est devenu une vitrine et un laboratoire d'écologie et d'agriculture urbaine dont les briques se mettent en place progressivement et naturellement depuis 6 ans : le site pionnier du compostage en pied d'immeuble à Paris a démarré en juin 2008 puis se sont rajoutés le jardin partagé (45 parcelles individuelles et des parcelles collectives), le rucher, la récupération d'eau e pluie, la cabane végétalisée, les nichoirs, le mini verger (pommiers, figuiers, cerisier et 10 plants de vigne) et enfin à l'automne 2013 le poulailler collectif. Un éco-paturage est en cours de mise en place.

23 novembre 2013

JJ anime une conférence sur l'ESS

Dans le cadre du mois de l’Economie Sociale et Solidaire, j'ai animé le 21 novembre dernier à Lannion une table-ronde intitulée "L’ESS pour les Nuls". Une présentation très pragmatique de cette autre façon d'entreprendre illustrée par les témoignages de 5 acteurs de la région : Ker-Uhel Contacts, Handi-Capables, Bretagne Durable, la CAE Avant-Premières et Emeraude i.d. chez qui se tenait la conférence.

09 novembre 2013

Scions du jambon

Jadis - en fait  il y a encore 50 ans dans certaines régions de France - on ne pouvait vivre sans entraide à la campagne car de nombreux travaux des champs tels que la moisson ou la fenaison auraient été irréalisables. On allait ainsi tout l'été en fonction de la maturité des blés et de la pousse de l'herbe des prés donner le coup de main à celui qui moissonnait ou fanait, à charge de revanche, bien évidemment. Pétrole et mécanisation ont transformé les paysans en conducteurs de machines et les ont de facto exempté de cette solidarité imposée.
J'ai repensé à cela ce matin quand, dans les premiers frimas de l'automne nous n'étions pas moins de 5 personnes, 2 familles et 3 générations confondues de 7 à 77 ans, pour faire leur affaire aux quelques stères de bois que j'avais achetés pour l'hiver. Chacun à son poste : l'un pour décharger le bois en vrac de la remorque, le deuxième pour le scier, un suivant pour remplir la brouette emmenée par un équipier qui déposait telle une offrande aux pieds du dernier larron  les bûches pour les empiler.
Ce qui aurait pu être considéré par d'aucuns comme une corvée est devenu une tâche vite expédiée et un moment de convivialité célébré plus tard par un verre de l'amitié. A charge de revanche, bien évidemment.

06 novembre 2013

Deux JJ pour le prix d'un dans le mag Botanic

Retrouvez l'article que j'ai écrit sur mon expérience de wwoofing en Bretagne mais également mon portrait de Maître-Composteur dans la rubrique "les audacieux" du n°3 du magazine Botanic (page 106/107).

19 septembre 2013

JJ & les 1000 Pionniers


J'ai été sélectionné pour faire partie du Prix 1000 Pionniers qui changent le monde en ayant lancé le premier site de compostage collectif en pied d'immeuble à Paris.

VOTEZ pour cette initiative.

31 août 2013

De retour de l'Atelier ... du Nous

Enclavé : se dit d’un village, tel que celui d’Eygalayes dans la Drôme, qui demande pour s’y rendre une détermination certaine… De puis Paris prendre un TGV jusqu’à Avignon, puis un bus jusqu’à Carpentras et enfin un taxi collectif, le taxi Drôme (belle initiative subventionnée par le Conseil Général). Bref, 8 heures plus tard me voici arrivé pour la soirée d’introduction d’un ADN1+ (Atelier Du Nous), stage-séminaire de 5 jours organisé par l’UDN (Université Du Nous). Nous sommes 24 à avoir convergé des « 4 coins de l’hexagone » vers ce gite perdu dans les champs de lavande pour ce séjour expérientiel autour du « vivre et faire ensemble ». Raconter ce moment est une gageure car il s’agit d’une expérience de vie …
Samedi

Mais il faut d’abord s’installer, parmi les différents hébergements il m’est proposé une petite chambre individuelle en mezzanine ; chouette, mon « JE » pourra parfois rentrer dans sa caverne pour se ressourcer quand il sera fatigué du « NOUS ».
C’est déjà l’heure du premier repas, l’occasion de rencontrer Josette, la propriétaire du gite, également agricultrice bio et maire de sa commune. Elle nous fera donc à manger midi et soir, bio et végétarien. Et quoi de mieux qu’une soupe au pistou pour planter le décor ?
Dimanche

Le réveil « sensoriel » se fait au champ. Quelle plaisir de se doucher aux rayons de soleil, de caresser « les poils de la Terre », d’ouvrir grands ses oreilles et son esprit pour redécouvrir les bruits de la nature, de la vie alentour, de son corps.
Ce sera ensuite une journée TAO : un jeu de plateau qui génère empathie et écoute et permet de se rencontrer de façon authentique. Plus de 3 heures de mise à nu progressive où chacun va avancer dans sa quête grâce à l’aide bienveillante des autres joueurs sous la houlette d’un TAO animateur qui évitera qu’on ne joue à « touche psy psy ». Attention ça remue la pulpe, les émotions sont fortes pour peu qu’on arrive à lâcher prise. 
Après dîner c’est en file indienne, les yeux fermés et au son du tambour que nous retournons au champ. La nuit tombe, des lampions solaires balisent l’espace dans lequel nous allons évoluer. D’autres spots et guirlandes lumineuses illuminent notre dancing pastoral à ciel ouvert. Au loin la montagne s’endort … nous allons nous réveiller ! Guidés par Samuel et au son de sa playlist nous allons reprendre progressivement possession de notre corps, lui faire exprimer sentiments et animalité, seul ou en groupe jusqu’à une quasi transe avec les étoiles pour enfin redescendre vers une félicité apaisée. Oui, les mots sont dérisoires pour retranscrire ce moment.
Lundi

C’est à reculons (au sens propre) que nous partons ce matin pour notre séance « corpo-senso ». L’accessoire du jour : un morceau de bambou. Symbole du lien qui peut nous unir, nous opposer, nous séparer, nous magnifier, … Incroyable comme un exercice avec un simple morceau de bois peut illustrer la façon de faire les choses POUR, CONTRE, SANS … et surtout AVEC les autres. Nous repartirons « comme une volée d’étourneaux ».
Nous nous réunissons alors en cercle qui est une « technique » de concertation. Chacun ira accrocher à l’anneau central un lien, symbole de ce NOUS qui se crée, et exprimera sa « météo » intérieure (joie, envie, peur, …). A nouveau une belle démonstration … si le groupe n’est pas prêt à vous entendre vous aurez beau tirer sur votre corde … tout vient à point qui sait attendre. 
C’est maintenant l’heure des élections … sans candidat. En voilà une idée originale et démocratique. Chacun va tout d’abord proposer son candidat idéal … en justifiant son choix. Les vieux réflexes de contrôle et du jeu de pouvoir se font encore sentir (et je ne fus pas le dernier à en jouer) mais petit à petit tout le monde se rend à l’évidence que ce « système » va nous amener à choisir non pas la meilleure personne … qui n’existe pas mais la bonne personne. 
Mardi-Jeudi

Et s'enchaîneront ainsi pendant 5 journées une alternance justement dosée de théorie expérientielle, temps sensoriels et moments de convivialité.
Je me souviens de la Gestion Par Consentement, outil de prise de décision basé non pas sur la majorité mais sur l’absence d’objection. L’objection est alors considérée comme un cadeau faite au groupe pour magnifier son projet.
Je me souviens de cette soirée cabaret où, sans répétition et avec souvent moins d’une heure de création, nous avons produit un spectacle de qualité grâce à l’énergie du « Nous symbiotique » et de notre confiance mutuelle.
Je me souviens des Sou-rire(s) et Mwazatwa(s), petits papiers offerts ou reçus, pour signifier le bon moment partagé ou une qualité reconnue chez l’autre.
Je me souviens de l’extravagance courageuse et révolutionnaire des organisateurs de proposer la « participation consciente » où chacun va en conscience, rémunérer sa participation à la formation.
Je me souviens du Yoga du rire qui clôture le séminaire où nous étions des ours se grattant le dos et enfin des stagiaires allongés en étoile qui se souviennent de cette semaine inoubliable et du chemin parcouru…
Déconnecté de son expérience ce récit et ses anecdotes pourront faire sourire … ce n’est pourtant pas le doigt qu’il faut regarder mais la direction de cette utopie. Au-delà de cet Atelier, l’Université du Nous porte une vision politique et philosophique qui m’emballe : retournons la pyramide Top Down, développons une gouvernance bienveillante, croyons en l’intelligence collective de nos riches individualités et ceci aussi bien dans notre sphère personnelle, citoyenne que professionnelle.

23 juillet 2013

On the road ... again

Cela faisait bien 20 ans que je n'avais plus fait d'auto-stop. Un peu contraint par la situation je me suis remis en selle cet été à Pescadero (Californie). Il semblerait que ce soit comme le vélo car il est 7 heures du mat et je monte déjà dans la voiture d’une jeune hippie. Sa voiture est sa maison semble-t-il . Un joyeux bordel y régne mais on ceci n’empêche pas la belle de s’être joliment apprêtée ni qu’elle ait du savoir vivre. Elle me sert un verre de la théière qu’elle tient entre les jambes ;) et me propose un cookie qu’elle a préparé la veille. Malheureusement elle ne peut m’amener que jusqu’à la Highway 1 qu’elle va prendre en sens opposé du mien. Me voici seul à un carrefour dans la brume du petit matin de l’océan pacifique. 
Je sors mon couvercle de boite de pizza et y note en gros au marqueur «Golden Gate Bridge», ma destination intermédiaire et c’est parti. Quelques minutes plus tard un restaurateur me prend à son bord. D’habitude il ne prend pas d’auto-stoppeurs mais mon chapeau lui a donné confiance … même s’il a remarqué avec un peu d'inquiétude le couteau à mon ceinturon ;( - l’erreur du faux-débutant. Il est dans la restauration et nous parlons ferme, terre, nourriture. Il me laissera à l’entrée de Pacifica à un spot qu’il pense efficace.
Tout juste le temps de ressortir mon panneau que me voici avec un russe immigré qui part au boulot à Oakland. Je fais le malin en bredouillant une phrase en russe, il me propose un soda et déjà il me laisse dans les faubourgs de The City en faisant un détour pour me déposer à un lieu tip-top pour l’auto-stop. M’étant habitué à des attentes de seulement quelques minutes je trouve cette fois que mon attente est longue (5 minutes) alors je sors l’arme secrète du froggie, je rajoute sur mon panneau la mention « French Hitch-Hiker ». Va savoir Charles si c’est ça qui a fait s’arrêter Michael presque instantanément ? … Mickael, un black imposant et jovial est plombier pour le service des eaux de San Francisco, il part en vacances dans le Nord de la Californie. Sa femme infirmière l’y rejoindra un peu plus tard ce soir. Nous faisons un crochet et un arrêt de quelques minutes chez sa mère. On discute à bâtons rompus, on ne s’ennuie pas avec Michael Broussard (comme le commissaire … il est cajun d’origine). 
Arrivé à San Rafaêl je recommence à faire du stop, un asiatique veut me donner 2 dollars pour que je prenne le bus, je lui explique que je ne fais pas du stop par manque d’argent - c’est vrai qu’un bus fait cette dernière liaison - mais je suis grisé par ces trois premières rencontres. Et j’ai bien fait ! Je monte alors avec Brian et Stacy, respectivement chef d’un restaurant de SF et photographe culinaire. Arrivés à Fairfax, Stacy me fait visiter son potager urbain luxuriant tandis que Brian me prépare une petite boite avec un échantillon de leur production (œufs, courgettes, basilic, concombre, poivrons, piments, pommes, ...) que je transformerai en succulente omelette  dés mon arrivée à la maison. 
J’ai retrouvé exactement les mêmes impressions (de liberté mais aussi de doute) et la richesse des rencontres des expériences d’auto-stop de ma jeunesse notamment lors de ce fameux trajet du Cantal aux Landes. Souvenirs, souvenirs …  Alors que je n'avais pas vu (ou regardé ?) d'auto-stoppeurs depuis 2 semaines que je conduis aux Etats-Unis, aujourd'hui j'ai rendu la pareille à une vieille baba cool et un musicien.

01 juin 2013

Merci monsieur le professeur

Enseigner le développement durable dans une école de commerce n'est pas toujours une sinécure tant ce nouveau paradigme est parfois éloigné des fondamentaux et valeurs des étudiants de ces établissements ... dont je suis par ailleurs issu, ce qui me donne un certain recul et une légitimité pour secouer le cocotier. 
Certains élèves expriment même vertement leur inconfort devant la présentation des limites de l'équation du système actuel et la proposition d'un nouveau système de référence qui leur paraît souvent "révolutionnaire". Cette année l'un d'eux a été jusqu'à me reprocher de faire du "lavage de cerveau" ... Difficile de leur faire lâcher prise. Bref du débat il y en a et il en faut. Néanmoins parfois l'épuisement et le découragement me guettent mais il y a toujours ce moment magique et délicieux où un étudiant vient me voir, parfois discrètement, à la fin du cours pour me redonner l'énergie et l'enthousiasme de repartir ... au combat. A l'instar de ce mail, plein d'humour et d'humilité, reçu il y a quelques jours.
Bonjour monsieur,
J'espère que vous allez bien. Je voulais vous remercier, même si je roule en Porsche, que j'habite dans un Château, que je suis contre le mariage pour tous et que je suis capitaliste de droite, pour votre cours et pour les exposés. Blague à part, nous avons eu des désaccords mais en partie grâce à vous j'ai découvert l'entrepreneuriat social qui m’intéresse vraiment et qui est maintenant le sujet de mon mémoire !
Merci.
Merci, Louis, pour ce retour qui m'a donné du baume au cœur ;-)
A lire un autre billet de la même veine publié en 2009 intitulé Mouiller la chemise

31 mai 2013

Polluting Paradise

Il y a plus de 20 ans, à l’occasion d’un voyage aux confins du Nord-Est de la Turquie j’avais découvert le port de Trabzon, Carthage turque au bord de la mer noire et à la frontière de la Géorgie. J’ai le souvenir, à peine sorti des faubourgs de la ville, d’une nature luxuriante et de paysages d’une beauté rare.
C’est cet environnement et le bonheur de vivre des habitants de Çamburnu que des fonctionnaires sans cœur et des ingénieurs imbus de leur soit disant savoir vont anéantir en construisant une décharge au mépris des règles d’urbanisme et tout simplement du bon sens.
L’administration locale a choisi de sacrifier ce petit village pour traiter les déchets de la région. Quel cynisme que d’entendre le gouverneur estimer que les pollutions du site sont un moindre mal plutôt que de retrouver ces déchets dans la mer … L’humain est ici une variable d’ajustement … les habitants des régions de Tchernobyl ou de Fukushima connaissent la chanson. 
Le mythe prométhéen en prend pour son grade … la goutte qui fera déborder le vase au propre comme au figuré est celle de la pluie. Les experts qui ont pensé le trou de cette décharge ont simplement oublié qu’il pleut et pas qu’un peu dans cette région … Heureusement que le ridicule ne tue pas … seule réponse à la puanteur : la vaporisation de parfum en plein air !
Mais le peuple de Çamburnu ne se résigne pas à vivre dans ce cloaque et ose se rebeller. Le maire conteste la légalité du projet, le photographe du village grave dans le marbre de sa pellicule les étapes de cette catastrophe annoncée, les habitants manifestent et tentent de faire valoir leurs droits. Avec peut-être plus de courage que les autres, une femme, planteuse de thé, osera porter la contradiction au gouverneur, mais en vain.
Fatih Akin, réalisateur de Polluting Paradise, retrace dans son film 6 années de lutte et témoigne de cette catastrophe annoncée … et réalisée (odeurs, débordements et rejets toxiques dans la rivière comme dans les champs, …). Au-delà de son intérêt documentaire, la beauté des paysages et des âmes des opposants au projet donne à ce film une poésie rare.

15 avril 2013

Portraits d'humanités

Depuis presque trois ans je vais régulièrement à Lannion pour rencontrer des salariés handicapés d’Emeraude ID et écrire leur portait. A l’occasion des 30 ans de cette association j’y retournais la semaine dernière pour une salve de 8 portraits complémentaires.
Je reviens plein d’émotion tant ces personnes m’ouvrent leur intimité souvent ponctuée d’un accident de la vie.
Je reviens riche de leur humanité dont manquent tellement souvent cruellement les soit disant personnes « normales ».
Je reviens grandi et enrichi d’un regard magnifié sur la différence.
Gilles, Chantal, Philippe, Céline, Grégory, Yvon,  … vous avez tous désormais une petite place dans mon cœur et peut-être encore plus toi Daniel qui nous a quitté depuis notre rencontre en 2010.

22 février 2013

Permaculture au Mas des Agrions

La nuit est déjà tombée lorsque j’arrive au Mas des Agrions entre Montpellier et Clermont-l’Hérault. Une nuit sous la tente plus tard, réveillé au chant du coq à 5h30 et ragaillardi par la douche solaire … qui a encore peu vu le soleil et me voici fin prêt pour démarrer un PDC … entendez Permaculture Design Course (en français un CCP - Cours Certifié de Permaculture) de 13 jours. 
J’ai en fait rejoint un collectif de Montpellierains qui s’est lancé le défi d’organiser son PDC il y a quelques mois. Ils ont pour ce faire trouvé un formateur titulaire du Diplôme de Permaculture Appliquée, Andy Darlington, et notre hôte Phil, qui s’est installé il y a quelques mois dans une propriété qu’il souhaite aménager, ce sera notre cas pratique pour la création du «design» en fin de stage. 
Andy est tombé dans la permaculture en 1985. A la fin des années 80, il quitte la physique planétaire et spatiale dont il est diplômé et la perfide Albion dont il est citoyen pour s’installer en France dans l’Aude et conduit depuis lors un élevage ovin en bio et un verger. Avec sa femme Jessie, ils conçoivent également des «paysages comestibles». 
Mais revenons à nos moutons. Quelques volontaires sont déjà venus sur site les jours précédant pour construire l’infrastructure nécessaire pour accueillir le groupe : quatre toilettes sèches  deux douches solaires, une cuisine d’été, un réfectoire, … 
Nous sommes une vingtaine de participants d’age et d’origine très différents (du prof de chimie à la commerciale en informatique en passant par l’étudiante en ethnologie). Notre groupe va ainsi passer 13 jours en autonomie ... et en dehors du temps. 
Pas question de farniente, les vacances sont studieuses : les cours théoriques d’Andy (72 heures sur le climat, la topographie, l’eau, la forêt, les sols, les systèmes animaliers, l’énergie,..) alterneront avec des ateliers pratiques (greffe d’arbres, jardin au naturel, phyto-épuration,…) parfois animés par des professionnels du cru. Quelle noblesse que celle du cheval lors de la démonstration de traction animale ! Quelle joie et quelle communion de mettre pieds et mains dans l’argile pour construire collectivement un four à bois ! Quelle curiosité enfantine pendant nos deux sorties botanique et entomologique ! Sans parler des projections de films ou des conférences du soir (maison bioclimatique, revenu minimum d’existence, agriculture paysanne au Nicaragua, …). 
Les repas sont des moments de respiration et de convivialité pendant lesquels Thierry et Mathilde, nos cuistots, auront su non seulement nous sustenter mais tout simplement nous régaler d’un festival de saveurs végétariennes et biologiques qui auront eu raison des viandards invétérés. 
Mais il ne reste déjà que quelques jours et le Mas des Agrions est en pleine effervescence : après la théorie, place à la pratique, divisés en 5 sous-groupes nous sommes tous affairés à concevoir le design permaculturel de notre lieu de résidence. Discussions, notes d’intention, crayons de couleurs, calculs, dessins et croquis en tous genres, repérages techniques sur le terrain, bref, il y a de la création dans l’air … parfois même de l’électricité tant tout le monde est impliqué et passionné pour défendre ses propositions. Et c’est dans la nuit précédant la présentation que les derniers finiront leur création à 3h30 du matin ! En se couchant à 23h30 mon groupe aura mis en application à la lettre l’un des principes de la permaculture : le maximum d’effets pour le minimum d’efforts. 
Le lendemain matin nous présenterons collectivement aux autres groupes et au propriétaire des lieux nos créations. Comme à l’école des fans, il n’y a que des gagnants car au-delà de la mise en application des principes de permaculture nous y avons mis tant de cœur… C’est le moment de nous voir remettre de façon solennelle notre Certificat de Design en Permaculture et de sortir de notre bulle pour repartir dans notre réalité quotidienne et tenter de mettre en application la méthode acquise en ré-imaginant nos lieux de vie ruraux comme urbains. Aout 2012.

22 janvier 2013

2013 : un millésime ... humain !


Certains lisent dans le marc de café, d'autres plus pragmatiques et terriens comme moi dans le compost. Mon verdict est sans appel : le millésime 2013 sera ... humain ! Très bonne année à tous.

06 novembre 2012

Mon témoignage d'entrepreneur-salarié d'une Coopérative d'Activités et d'Emploi

En ce Mois de l'Economie Sociale et Solidaire, la Coopérative d'Activités et d'Emploi Port Parallèle dont je suis l'un des entrepreneurs salariés m'a demandé de témoigner dans sa dernière lettre d'information

GH : Pourquoi avez-vous choisi une structure comme la CAE pour développer votre activité économique Et plus particulièrement Port Parallèle ?
JJF : En tant que consultant en développement durable, j'ai fait avant tout un choix de cohérence : je souhaitais être entre accord entre les valeurs que je transmets et mon statut entrepreneurial. Etre ainsi un acteur de l'économie sociale et solidaire est également une fierté et même un acte militant. Par ailleurs la CAE me permet de vivre une aventure collective partagée même si je travaille seul. J'ai choisi Port Parallèle car elle a une taille humaine, son siège est proche de mon domicile et elle avait le développement durable dans ses secteurs privilégiés.

GH : Quels avantages trouvez-vous dans le statut d'entrepreneur salarié ?
JJF  : Tout d'abord clairement cela m'éxonère de nombreuses tâches de gestion qui ne me passionnent pas outre mesure pour un coût qui me paraît juste et solidaire. Ensuite ce statut m'apporte une crédibilité et une caution notamment quand on travaille comme moi avec la commande publique et notamment dans les réponses à des consultations de marchés publics. Enfin ce statut permet une certaine souplesse, j'ai ainsi pu tester la viabilité puis exercer mon nouveau métier de "maître-composteur" qui représente aujourd'hui la moitié de mon activité. Qui sait si ma nouvelle passion de l'apiculture pas ne va également se transformer en une troisième activité professionnelle à Port Parallèle ? ...  Enfin, la formation est une part importante de mes missions, comme je bénéficie du n° de formateur de PP mes formations sont éligibles pour leur financement dans le cadre de la formation continue (DIF par exemple)

GH : Cela fait maintenant plus de 2 ans que vous avez intégré la coopérative, comment envisagez-vous la continuité de votre activité entrepreneuriale ?
JJF  : Je n'ai jamais imaginé ma présence à Port Parallèle comme une étape ou un choix par défaut mais bien comme un statut pérenne et réfléchi. Adepte du "Small is beautiful" je peux travailler seul en indépendant dans des conditions administratives confortables. La seule évolution que j'imagine est celle du sociétariat. 

GH : Que diriez-vous à des porteurs de projets en recherche de statut ? Les inciteriez-vous à intégrer une CAE ? 
JJF  : Je conseille ce statut aux étudiants que je forme ! Pourquoi faire compliqué ou risqué quand on peut faire simple ? Ce statut permet de tester une activité sans coûts fixes sans parler de l'accompagnement et des formations qui peuvent être utiles à des entrepreneurs qui ont des idées et de l'enthousiasme mais pas toujours le "background" nécessaires au succés de l'aventure dans laquelle ils se lancent. Mais ce statut ne fait pas tout ... c'est un écrin, à chacun d'y amener sa perle ;-)
Propos recueillis par Ghislaine Hillion

23 septembre 2012

Somewhere m'a trompé

Pas facile de s'habiller en coton bio, qui plus est quand on est un homme, car l'offre est faible ...alors quand j'ai vu ce petit pull à la coupe sympa en coton bio et en promo sur le site de Somewhere je l'ai commandé derechef.
Lorsque je l'ai reçu j'ai été surpris de ne pas voir mentionné "coton bio" sur l'étiquette du produit ou sur une sur-étiquette pour valoriser cette matière comme c'est souvent le cas.

J'ai donc appelé Somewhere qui m'a rassuré en me disant "ce n'est pas marqué coton bio" mais c'en est - rassurez-vous" ... Mais je n'y peux rien, je n'ai pu me satisfaire de cette déclaration rassurante, j'ai donc demandé à l'opératrice de faire remonter ma quête de la composition originale en "coton bio". Bien m'en a pris puisque quelques jours après on me rappelle en me confirmant que mon doute était bien fondé, qu'on s'excuse et qu'on me propose soit de renvoyer le produit (avec une lettre d'explications car je l'ai déjà porté) soit de le garder en  m'offrant 10 points de fidélités.

Etant donné qu'on obtient 10 euros de réduction avec 300 points, on m'a donc proposé 33 centimes d'euros en réparation de cette publicité mensongère ou tromperie sur la marchandise. Et quid des autres clients à qui on a vendu une vessie pour une lanterne ? ...

16 septembre 2012

Projac condamné pour avoir pété un cable !



Fin juin je découvre cette publicité dans la revue Recyclage Récupération - chacun ses lectures ;-) Comment au 21ème siécle peut-on encore utiliser le corps de la femme ainsi dans une publicité ? Ringard sûrement, non responsable assurément !

L'occasion de tester le module de dépôt de plainte en ligne du Jury de Déontologie de la Publicité. En deux clics et trois mouvements je demande donc le 9 juillet à l'instance arbitrale de l'ARP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) de statuer sur le non respect de règles de déontologie que s'est donnée la profession (en l’occurrence celle de l'Image de la personne humaine*). En effet j'estime que cette publicité est dégradante pour la femme qui est utilisée comme un objet et porte donc atteinte à leur dignité.
J'ai reçu début septembre la décision du JDP qui a statué le 3 août que ma plainte était bien fondée en vertu du non respect des points 1-3 et 2-1 de la doctrine spécifique. Il n'y aucun lien entre l'objet de la publicité et la représentation de la femme, cette instrumentalisation du corps de la femme la réduit donc à la fonction d'objet. CQFD.
Mais force est de constater que ce type de condamnation de pure forme (une condamnation au "name and shame" comme disent les anglais) n'a pas dissuadé, depuis 3 ans que le JDP existe, les annonceurs et leur agences de telles pratiques.
Pour former de nombreux communicants, en poste ou en devenir, à la communication responsable je constate que la notion de greenwashing est désormais connue mais rarement réellement assimilée dans son exigence. Nous sommes par contre encore aux balbutiements de la compréhension de la responsabilité sociétale des messages.

L'Association pour une Communication Responsable, dont je suis adhérent, a plus que jamais du pain sur la planche pour acculturer et réformer notre secteur.


* Les règles déontologiques sont des limites qui encadrent la publicité, au delà des obligations légales. Ces règles fixent des limites précises pour les annonceurs désirant communiquer de manière responsable sur leurs produits.

15 août 2012

Une semaine chez des apiculteurs sans frontières

Je connaissais l’apiculture familiale au travers de la conduite des 4 ruches installées dans le jardin de ma résidence. J’ai suivi en juin dernier une formation d’une semaine à l’apiculture mais j’avais envie de découvrir le quotidien d’une exploitation apicole de plus grande envergure… C’est ainsi que je me retrouve en ce début du mois d’août en gare de Chalon-sur-Saone où Yves Rondelet et son épouse, apiculteurs m’attendent. 
Mes hôtes apiculteurs 
Dans les années 70 un beau-frère offre à Yves une ruche, … la passion lui vient rapidement car 4 ans plus tard il en a déjà 80 et se souvient de cette récolte légendaire de plus de 10 tonnes ! Il en fera une activité complémentaire à son métier de professeur d’histoire géographie (à la retraite aujourd’hui). 
Yves va tomber également sous le charme de l’Afrique …et de son apiculture. Après plus d’une quinzaine de voyages dans différents pays de l’ouest de ce continent il a soutenu en 1996 une thése de doctorat de géographie sur « Le miel de l’Afrique de l’Ouest ». 
C’est aussi en Afrique qu’il a rencontré Pascaline, princesse d’un ancien royaume, qui est devenue son épouse il y a quelques années. Braver les abeilles africaines (plus agressives que les européennes) est d’habitude l’apanage des hommes valeureux, parfois un rite initiatique mais cela n’arrête pas Pascaline. Ils partagent leur vie entre la France et le Burkina Fasso où ils conduisent des ruchers en Bourgogne autour de leur miellerie de Fragnes(71) et Bobo-Dioulasso. Yves est également engagé dans différentes associations faisant la promotion de l’apiculture dans les pays en développement, il est par exemple vice président d’Apiculteurs sans frontières et d’Apiflordev. 
Récolte « commando » 
Mais revenons à nos ruches bourguignonnes. La première après-midi fut une mise en condition champêtre : enruchement d’une colonie d’une ruchette et visite de différents rûchers pour confirmer que la récolte pouvait commencer. 
Le lendemain, finies les visites bucoliques, place au commando de récolte. Après avoir enfilé nos combinaisons et gants, direction le premier rucher. Après une courte période d’observation je trouve ma place dans le trio et chacun alterne enfumage, ouverture de la ruche, soufflage des abeilles et portage des hausses au camion. Nous enchaînons les ruchers et ramenons le premier jour près de 60 hausses. 
Au cours de ma semaine d’immersion j’aurai ainsi l’opportunité de visiter et récolter, dans un rayon d’une trentaine de kilomètres, les différents ruchers de mes hôtes dans lequels sont installées plus de 200 ruches. Yves développe une vision sur un aménagement apicole idéal pour ses protégées. En effet, la plupart de ses ruches sont situées sur des terrains dont il est propriétaire sur lesquels il plante depuis des années moult arbres et plantes mellifères afin d’améliorer la bio-diversité, d’augmenter et d’améliorer la nourriture potentielle de ses avettes. 
Après trois journées de récolte à ce rythme il nous faut penser à extraire le miel. Rendez-vous donc dans la miellerie où nous désoperculons les hausses d’un coup de lame expert et les plaçons dans l’extracteur. Les mains sont plus que collantes mais quel plaisir de se lécher les doigts de ce miel « toutes fleurs » avant de se laver les mains pour passer à la mise en pot. Même si le rythme est rapide, c’est un moment propice à la discussion, une sorte d’arbre à palabres : nous parlons d’apiculture bien sûr mais aussi de nos vies personnelles et de l’Afrique dans laquelle je voyage chaque soir en lisant une partie de la thèse d’Yves et en dégustant la cuisine de Pascaline (bissap, tô, …). 
La semaine est finie, j'emmène dans mes bagages différents pots de miel qui seront mes m adeleines de Proust jusqu'à peut-être une prochaine visite au printemps ?