18 janvier 2009

Mouiller la chemise

Voilà, je viens de terminer une nouvelle journée de formation, une sensibilisation au développement durable et à ses enjeux, et comme à l’habitude, je suis vanné. L’age peut-être ? Ca fait rigoler ma femme quand j’ose parler de cet épuisement post-formation. «T’as travaillé, quoi !». Elle a raison, c’est manquer de respect aux personnes qui triment 8 heures par jour à l’usine, que de se plaindre ainsi.

Mais il faut quand même sacrément mouiller la chemise pour bien jouer cette pièce. J’ai peut-être l’immodestie de penser que cela s’apparente à un numéro d’acteur. Le public change tous les jours … il réplique le bougre ! … et je ne connais pas son texte ! En permanence, il faut ménager la chèvre et le choux, donner envie tout en étant exigeant, n’oublier personne sur le bord du chemin, savoir répondre aux colles et au paradoxes comme savoir reconnaître parfois ne pas savoir. «Vous faites un numéro d’équilibriste» me disait l’autre jour une cliente qui regardait d’un œil amusé les échanges avec ses salariés.

De temps en temps le découragement pointe, quand on a été moins «bon». Mais le réconfort et la félicité aussi comme quand ce soir un élève vient me voir après le cours et me demande de «continuer comme ça» et s’excuse presque du comportement de ses condisciples. Je le remercie et le rassure, le scepticisme n’est pas propre aux étudiants, dans tout corpus qu’on forme, y compris en entreprise, je retrouve toujours le passionné, l’hyper sceptique, le cynique, …. car ce panel est tout simplement le reflet de la société, ni plus, ni moins.

Et puis, il faut qu’il ait du débat, c’est de ces échanges que chacun se nourrira et se forgera son intime conviction. C’est bien parce qu’il faut répondre à tous ces doutes, parfois ces angoisses que c’est épuisant, mais c’est aussi pour cela que ce challenge sans cesse renouvelé est aussi passionnant. Comme aujourd’hui d’arriver à convaincre Quentin que se lever de son lit pour aller éteindre la veille de sa télé ce n’est ni remettre en question son confort ni le plaisir de la vie, alors imaginez la gageure de vendre le facteur 4 et d’expliquer tout le potentiel de créativité et de plaisir du « ré-imaginer le monde » que peut être le développement durable ...

2 commentaires:

Ludovic a dit…

Un grand bravo à nouveau pour votre travail.

Mathilde a dit…

Bonjour

J'ai participé à ce cours... et je tiens à vous dire que tout était très interessant.
Les gens commencent à changer... C'est peut être l'âge comme vous dites. Cette semaine je suis allée sur un salon et ma mission a été de faire un rapport sur les nouveaux produits éco-conçus. J'ai fini le rapport ce matin, conclusion: beaucoup d'entreprises commencent à changer. Si les entreprises changent les mentalités aussi vont évoluer... Merci pour votre motivation lors de ce cours et comme vous a dit cet élève que je connais bien... "Continuez avec la même motivation et la même envie".

Bien cordialement,

Mathilde